Au revoir, James Murray. L’ancien gouverneur va s’expliquer
À l’occasion du départ du gouverneur Murray, les principaux corps publics de cette province ont tenu à lui présenter des adresses. Pour le bénéfice des lecteurs du Boréal, nous reproduisons des extraits de ces textes ainsi que ceux des réponses de Son Excellence.
Monsieur le vicaire général Perreault, dans une adresse en date du 18 juin 1766, déclarait : “Le Clergé et le Peuple de ce Diocèse confiés à mes soins, apprenant que sa Majesté vous demande à sa Cour. Extrêmement affligés de votre départ, me chargent de vous présenter cette adresse. Cela pour souhaiter de leur part une heureuse traversée. Aussi pour renouveler les sentiments sincères de leur vive reconnaissance pour la protection qui! vous a plu leur accorder dans l’exercice de leur religion ”.
Dans sa réponse, Murray déclarait : “ Je quitte un pays et un peuple que j’aime sincèrement ”.
Les anciens sujets de Québec, eux aussi, se montrent peinés de ce départ. “ Votre désir ardent d’encourager l’industrie, votre promptitude à expédier les affaires du commerce quand l’occasion se présentait. Votre parfaite connaissance des intérêts de cette province. Enfin votre attachement à toutes ces circonstances, nous fait ardemment souhaiter votre retour. ” Le gouverneur, dans sa réponse, montre qu’il n’a pas oublié l’attitude des anciens sujets à son égard. “ Avec un vrai plaisir, leur a-t-il répondu, j’embrasserai toutes les occasions de réfuter les faux rapports, de poursuivre le vrai intérêt de cette colonie, et de témoigner mes égards pour ceux des anciens sujets de sa Majesté qui ont mérité l’estime de leur concitoyens”… Cette réponse n’a pas eu l’heur de plaire à plusieurs.
*
Quant aux sujets canadiens de la ville de Québec, leur adresse témoignait de leur fidélité à l’Angleterre. “ Nous sommes dans la ferme confiance, qu’ayant été le témoin de notre soumission à l’autorité, en toutes occasions, vous voudrez bien en rendre un juste témoignage à notre gracieux souverain. En fait, lui lui donner les plus fortes assurances de notre parfait amour”.
Les membres du Conseil de Québec félicitent son Excellence pour l’occasion qui lui est donné “de rendre compte de votre administration et de faire connaitre la véritable situation de cette colonie. Cela ne peut pas manquer d’effacer les idées que bien de faux rapports auront pu faire naître”.
Illustration : Le château Saint-Louis vers 1770. Après la Conquête, les gouverneurs britanniques s’installent au château Saint-Louis, à Québec. Gravure de l’époque, image dans le domaine public.