Histoire du Québec

Centrales ouvrières : pacte de non-maraudage

Centrales ouvrières : pacte de non-maraudage

Les quatre centrales ouvrières font un pacte de non-maraudage

Les dirigeants de quatre centrales syndicales en sont venus à un accord hier pour mettre fin ou régulariser les actes de piraterie dans les rangs d’une de l’autre.

La nouvelle a été annoncée hier après-midi après une séance qui a réuni les dirigeants du Congrès du travail du Canada, de la Confédération des syndicats nationaux, de la Corporation des enseignants du Québec et de la Fédération des travailleurs du Québec.

Il ne reste aujourd’hui qu’à rédiger le texte de l’entente intervenue hier et de le soumettre ensuite aux diverses instances de ces organismes, après quoi on passera à l’étape finale par l’adoption du « protocole » de la part des divers syndicats affiliés.

Le président de la CSN, M. Marcel Pépin, a déclaré que la signature du pacte aurait lieu probablement en novembre. Dans ce cas, ce pacte ou protocole entrera en vigueur au début de l’année prochaine.

À la première question, M. Louis Labergo, président de la FTQ, a répondu aux journalistes, selon son habitude de dire des choses sérieuses parfois en blaguant: « On s’en entendu partout ou il n’y avait pas de problèmes » …

Il avait dit qu’on avait exclu de la discussion les secteurs suivants : construction, Radio-Canada et les CEGEP. De fait, les syndicats de la construction sont exclus de l’entente intersyndicale, parce que, a dit M Pépin – les autres dirigeants ont corroboré sa déclaration – un comité tripartite composé de représentants du gouvernement provincial et de chacune des centrales CSN et FTQ étudie présentement les problèmes intersyndicaux de ce secteur.

Tous ont insisté pour déclarer que ce ne sont pas les troubles récents de Baie-Couteau qui les ont amenés à prendre cette décision, que dès le début des pourparlers, il en avait été convenu ainsi.

Une modification considérée comme importante a etc apportée hier au projet dont l’étude était déjà passablement avancée. Le CTC et la CEQ insistaient pour qu’au lieu de confier tout litige intersyndical à un arbitre unique, on le soumette plutôt a un tribunal de cinq membres composé de deux représentants de chacune des centrales intéressées et d’un président indépendant. À défaut d’une décision unanime, c’est le président seul qui rendra le verdict et dira ci à son avis une centrale est justifiée de faire du maraudage, si elle peut poursuivre sa campagne de recrutement dans les rangs du syndicat de l’autre centrale, ou si elle a eu tort d’entreprendre une telle campagne.

M. Raymond Laliberté, président de la CEQ, a fait part que le congrès de sa centrale avait clairement indiqué que les CEGEP devraient être considérés comme champ ouvert au recrutement, ce que la CSN, qui est le principal opposant de la CEQ dans ces coules, a accepté. Ceci a élimine les difficultés qui existaient d’amener la CEQ à signer le protocole.

MM. Gérard Rancourt, viceprésident et William Dodge, secrétaire-trésorier du CTC, se sont dits satisfaits de l’entente. M. Rancourt n’écarte pas la possibilité que cet accord puisse conduire éventuellement à un autre degré de discussions où il serait question de l’unité syndicale au pays. M. Laliberté a cependant fait des réserves quant a une unité organique. La politique de ta CSN sur cette question a déjà été établie: elle ne saurait accepter une unité organique qui prévoirait sa dissolution, quant à la FTQ, il demeure impensable qu’elle cesse de représenter les travailleurs du Québec. Ceci suppose qu’il faudra de bonites doses de compromis pour en venir à un simple projet de discussion.

La CEQ a déjà approuvé en principe le projet de protocole a son récent, congrès. Le comité exécutif et le conseil exécutif du CTC se réuniront à Ottawa, à compter du 6 août pour étudier le protocole. La CSN le soumettra à  son congrès d’octobre. Quant à la FTQ, « il n’y a pas de problèmes », a dit M. Laberge.

Les mêmes dirigeants syndicaux (soit la plupart des membres. des bureaux de direction dos centrales) se réuniront du nouveau, à Québec, le 16 août, pour étudier d’autres projets d’intérêt commun, comme l’assurance-santé, les négociations dans la fonction publique, etc., afin de faire un front commun.

M. Pépin a dit que de telles rencontres seront régulières selon toute apparence.

Nouvelles offres aux 70,000 enseignants de la province du Québec

Le gouvernement du Québec et la Fédération des commissions scolaires catholiques du Québec, ont soumis, hier après-midi, un nouveau projet d’entente collective aux représentants syndicaux des 70.000 enseignants du Québec.

Le nouveau projet d’entente, qui ne sera pas commenté avant la fin de la semaine, apporte « qualitativement et quantitativement » des améliorations aux offres patronales, sans modifier cependant les propositions d’ordre pécuniaire.

C’est là du moins l’avis du représentant de la partie patronale, Me Jean Cournoyer.

Mc Cournoyer a présenté le texte de la nouvelle proposition au négociateur en chef de la partie syndicale Me Jus Leblanc au cours d’une rencontre qui a eu lieu hier après-midi dans un hôtel de la capitale provinciale.

Les négociations entre les enseignants et la Fédération des commissions scolaires et le gouvernement avaient été ajournées il y a un mois pour permettre à la partie patronale de réévaluer et réaménager son projet de convention collective.

Ces négociations ne reprendront maintenant que le 13 août à la demande de la partie syndicale qui a demandé un délai pour étudier le nouveau document.

Ce nouveau document, épais de plus de 400 pages, incorpore, en plus de proposition syndicale, les ententes verbales intervenues entre les deux parties depuis le début des négociations,

Il réaffirme en outre le désir de la partie patronale de consulter les instituteurs et de maintenir des garanties de traitement. Il formule enfin de nouvelles offres ou des propositions décrites comme « inédites » sur de multiples sujets.

Salaires

D’après le négociateur en chef de la partie patronale, l’un des principaux changements contenus dans la nouvelle proposition affecte l’entrée en vigueur des échelles de salaires.

On sait qu’en vertu de la proposition patronale des hausses des salaires de l’ordre de $65 millions devront être accordées aux enseignants sur une période de trois ans.

La modification, d’après Me Cournoyer, permet l’entrée en vigueur de la deuxième échelle de salaires prévue dans l’offre patronale au mois de février 1970 plutôt quo six mois plus tard.

Ait chapitre du perfectionnement, les offres patronales s’appliqueraient maintenant a plus de 425 instituteurs au lieu de 325 et favoriseraient autant les instituteurs des régions éloignées que ceux des grands centres. À ce chapitre, la nouvelle offre patronale donnerait lieu à des dépenses de $13 millions plutôt que de $12 millions.

L'homme va avec qui lui plaît et dispose de ce qu'il a gagné. Photo de Megan Jorgensen.
L’homme va avec qui lui plaît et dispose de ce qu’il a gagné. Photo de Megan Jorgensen.

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