Histoire du Québec

La bicyclette au Québec au XIXe siècle

La bicyclette au Québec au XIXe siècle

Le monde à bicyclette au Canada (et au Québec) au XIXe siècle

En 1869, alors qu’enfin les roues des bicyclettes s’entourent d’un bandage caoutchouté et des rayons métalliques plus fins en font briller le cercle, une rage du vélo déferle sur le monde. Au Québec, on l’appelle alors la vélocipédomanie et nombreux sont les piétons qui s’interrogent sur la sécurité qui est désormais la leur, puisque les cyclistes considèrent normal d’utiliser les trottoirs.

À Ottawa, la situation est telle que le chroniqueur du « Journal de Québec » n’hésite pas à affirmer que ce nouveau moyen de locomotion est en voie de détrôner l’usage des pieds ans la vie quotidienne et qu’au chapitre des loisirs, il est plus populaire que le patinage : « Le vélocipède est officiellement installé au skating rink dont on a fait disparaître la place pour y substituer des planches. Deux ou trois Américains vont se faire des rentes à enseigner le nouveau système de locomotion aux dandys de la capitale. Quelques dames et demoiselles donnent dans ce travers; les enfants qui vont à cheval sur un manche à balai ont meilleure grâce que ces gens-là. »

À Toronto, la situation prend des proportions tout aussi inquiétantes, un juge ayant refusé de donner suite aux plaintes de quelques piétons alléguant que, « tant que les vélocipèdes ne deviendront une nuisance publique on doit leur laisser l’usage du trottoir. » À Montréal cependant, le président de la Cour du recorder a fait valoir une opinion différente dans une affaire où l’accusé était un homme « s’étant aventuré sur un trottoir à cheval sur un vélocipède. » L’homme fut simplement réprimandé, mais on l’invita, ainsi que tous ses semblables, à ne plus rouler dans les espaces réservés aux piétons. »

Au plaisir de rouler s’ajoute bientôt celui de la compétition, et, bravant l’air frais des premiers jours d’avril 1869, plusieurs sportifs vont courir rue Saint-Paul, à Québec, au quai de M. Laroche. En ces temps où l’on ne jette pas son argent par les fenêtres, on offre aux coureurs des bourses alléchantes. À C. Duquet, qui venait de parcourir un demi-mille en une minute et dix-neuf secondes, on donna 15$. L’ Gingras, qui avait couru la même distance en une minute et vingt-sept secondes, reçut 10 $, et M. Rucotte qui avait eu besoin de huit secondes supplémentaires fut récompensé par une bourse de 5$. (Sommes énormes pour l’époque. Il suffit se savoir que les salaires moyens étaient d’environ 1 dollar par semaine).

À Montréal, au mois de juin 1869, s’ouvrait, dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, « un rond de vélocipède. » Prix d’entrée était fixé à 5 cents. La location d’un vélo pour une période d’un quart d’heure était de 10 cents. Ici, au Canada, comme ailleurs dans le monde, on commença à craindre pour la sureté même des cyclistes expérimentés qui tentaient déjà de traverser des rues et avenues à toute vitesse, sans faire attention aux voitures tirées par des chevaux.

(Source : Nos racines, histoire vivante des Québécois).

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« Le destin conduit celui qui consent et tire celui qui résiste. » (Cléanthe, philosophe grec stoïcien, né en 330 av. J.-C. et mort en 232 avant J.-C). Image : © Megan Jorgensen.
« Le destin conduit celui qui consent et tire celui qui résiste. » (Cléanthe, philosophe grec stoïcien, né en 330 av. J.-C. et mort en 232 avant J.-C). Image : © Megan Jorgensen.

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