Histoire du Québec

Arras et Artois au Québec

Arras et Artois au Québec

Les noms d’Arras et d’Artois au Québec

Arras

La première guerre mondiale permit à l’armée canadienne au sein des forces alliées, de se distinguer sur plusieurs champs de bataille ; Arras est l’un de ceux-ci, de même que Béthune, Lens et Vimy, pour ne nommer que les champs de bataille proches, situés à moins de 30 km du premier. Ancienne capitale de l’Artois, dans le nord de la France, aujourd’hui chef-lieu du département du Pas-de-Calais, la ville d’Arras, qui doit son nom aux Atrebates, peuple gaulois mentionné par Cesar, joua un rôle très important au cours du premier conflit mondial.

Occupée par les Allemands dès le début de la Grande Guerre, elle fut reprise par les Français en septembre 1914, et jusqu’à la fin des hostilités, en 1918, elle fut défendue par les Alliés. La ville était alors le pivot nord de la ligne de bataille occidentale, les lignes allemandes n’étant qu’à quelques kilomètres à l’est. Cette situation stratégique condamna toutefois la ville à subir d’intenses bombardements, auxquels, toutefois, elle résista courageusement, si bien que le gouvernement français lui conféra, en 1919, la Légion d’honneur C’est près d’Arras, à une dizine de kilomètres au nord, que l’on érigea, en 1936, à côté du vaste cietière canadien, le célèbre Mémorial de Vimy, monument qui honore la mémore des 75 000 soldats canadiens tués au corus de la Première Guerre mondiale. Ces événements vécus par les troupes canadiennes incitèrent les autorités du ministère canadien de la Défense nationale, en 1974, à donner le nom d’Arras à une étendue d’eau de la base militaire de Valcartier, près de la ville de Québec.

Le lac Arras est en fait un élargissement de la rivière aux Pins, qui se jette dans le lac Saint-Joseph, à quelque 15 km au sud. Avec les lacs Cesena, Reggio et Ortona, trois noms rappelant la campagne d’Italie au cours de la Deuxième Guerre mondiale, le lac Arras fait partie d’un ensemble hydrographique connu sous le nom collectif de Lacs de la rivière aux Pins. Dans un rayon de quelques kilomètres autour du lac Arras, d’autres noms de la région Nord-Pas-de-Calais en rapport avec la Première guerre mondiale apparaissent dans le paysage toponymique du Québec : Mont Cabrai, Mont Sorrel, Mony Vimy. Sur le plan odonymique, trois unités administratives du Québec, Sherbrooke, Saint-Léonard et Sainte-Foy, ont voulu, à juste titre, rendre hommage à la ville d’Arras françasie en attribuant son nom à une de leurs voies de communication.

En France, à Arras, les blessures de la Grande Guerre sont disparues, notamment à la place d’armes, mais leur souvenir demeure dans la toponymie québécoise qui fait voisiner le lac Arras avec les monts Cambrai, Sorrel et Vimy.

Artois

L’Artois est une ancienne province du nord de la France, située entre la Fladre, au nord, et la Picardie, au sud, et correspondant à l’actuelle département du Pas-de-Calais, le Boulonnais en moins. Sa capitale était la ville d’Arras, aujourd’hui la préfecture du département. Ce territoire tien son nom, tout comme Arras, du peuple gaulois qui l’habitait, les Atrebates ; cinquis par les Francs au Ve siècle, échu au XIVe siècle à la maison de Bourgogne, puis à la maison d’Autriche au Xve siècle, il fut réuni à la France par le traité des Pyrénées, en 1659.

L’Artois a fourni une quarantaine d’immigrants à la Nouvelle-France au cours du Régime français. Cette contribution à la colonisation de l’Amérique française incita les autorités toponymiques québécoises, en 1955, à choisir ce nom pour désigner un canton de l’Outaouais, situ à environ 30 km à l’ouest de Maniwaki, un territoire non habité, baigné par le lac Pythonga, vaste plan d’eau bien connu des pêcheurs. Les cantons voisins portent aussi les noms d’anciennes et d’actuelles régions de France : Angoumois, Aunis, Bourgogne, Isle-de-France, Perche. La région Nord-Pas-de-Calais fut fortement éprouvée par les deux guerres mondiales. Ainsi, les batailles d’Artois constituèrent un point tournant de la Première Guerre mondiale.

En effet, entre 1915 et 1917, cette région fut le théâtre de violents combats, particulièrement entre Lens et Arras, où l’armée canadienne s’illustra, surtout lors de la conquête de la crête de Vimy, dans le cadre de l’offensive des forces alliées du printemps 1917. C’est à ce même endroit que fut érigé, en 1936, le Mémorial de Vimy, un imposant monument commémoratif honorant la mémoire des Canadiens tués sur les champs de bataille de la Grande Guerre. Sur le plan odonymique, cinq municipalités québécoises ont voulu rappeler, soit ces événements, soit la région lorsqu’elles ont choisi le nom d’Artois pour désigner ici une rue, là une avenue…

Au marge de l »écoumène habité, le canton d’Arois au Québec rappelle par son nom li lieu d’origine de plusieurs dizaines d’ancêtres venus de l’Artois, région du nord de la France, qui présente une architecture typique.

Souvenir de la guerre

Souvenir de la guerre. Photographie de GrandQuebec.com.

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