Histoire du Québec

Appel au Bureau de Santé aux temps de l’épidémie

Appel au Bureau de Santé aux temps de l’épidémie

Appel au Bureau de Santé et d’autres réflexions de « La Presse » (l’éditorial publié le 17 octobre 1918)

Que le Bureau de Santé tienne ses portes ouvertes

Est-il raisonnable qu’en temps d’épidémie, ce bureau ne soit ouvert que de 9 h. a.m. à 5 h. p.m. ?

À 4 heures l’après-midi, au cadran solaire, c’est l’heure de la journée où l’état des malades est, généralement, le pire.

N’oublions pas que durant l’épidémie de grippe, les magasins ordinaires de la Ville doivent fermer leurs portes à 4 heures l’après-midi. Donc, magasinons de bonne heure.

Or, à cette heure, si l’on a besoin de communiquer par téléphone avec les officiers du Bureau de Santé, on nous dit : «Ces messieurs ont fermé leurs portes. Ils ne répondent pas».

L’intérêt public demande que le Bureau de Santé reste ouvert plus longtemps, chaque jour, afin qu’un officier quelconque puisse entendre les appels d’urgence et en prendre note.

Les dépêches annoncent qu’un nouvel attentat meurtrier a été commis contre le premier ministre bolchevik Lénine. qui a été blessé d’une balle à l’épaule. Voilà plus d’une fois que ce traître l’échappe belle.

Nos sympathies à la famille du regretté Michael Mackay, télégraphiste à la «Presse», décédé ce matin. Cet estimé collaborateur était très dévoué. Lundi dernier, il était encore à son poste de travail : on peut donc dire que ce courageux travailleur est mort sur la brèche. Paix à sa mémoire!

On proteste avec raison contre les prix exorbitants que demandent certains pharmaciens pour les médicaments requis dans la lutte contre la grippe. On rencontre un peu partout des hommes de proie qui cherchent à profiter du malheur d’autrui. Il est regrettable que les autorités ne puissent pas les rappeler au respect de la décence.

Les ouvriers qui commencent à travailler de bonne heure apprécient moins aujourd’hui l’avance de l’heure décrétée par le gouvernement canadien pour encourager l’économie de la lumière. Ces braves gens sont actuellement obligés de se lever au milieu des ténèbres et ils regrettent le temps où, pouvant rester au lit une heure de plus, ils se levaient avec l’aurore. Le progrès a des reculs.

Est-il vrai que le refuge Meurling n’hospitalise actuellement qu’une quarantaine de malades «grippés», tandis que les autres hôpitaux de la ville débordent de patients ? On dit que 300 lits sont encore à la disposition du public, à ce refuge municipal, mais que, pour y être admise, une personne doit d’abord établir qu’elle est dénuée de toutes ressources financières, ce qui donne lieu à une enquête de 48 heures, pendant laquelle le malade abandonné court la triste chance de crever. Un peu moins de formalités, s. v. p., et ayons égard aux cas d’urgence.

Le président des États-Unis persiste à proclamer le principal but que poursuivent les Alliés de l’Entente dans la guerre actuelle. – Notre but, a dit Wilson, faire du monde une place où l’on puisse vivre. Quant au devoir et au droit des nations alliées, le président de la grande République américaine les a aussi définis:

«Notre devoir ? Employer la force, la force jusqu’au bout, pour la victoire et la liberté. Notre droit? Exiger, pour toute conversation de paix, un interlocuteur dont la parole puisse être crue». Les gens qui considèrent les traités internationaux comme de vils chiffons de papier ne sont pas des «interlocuteurs dont la parole puisse être crue».

Soeurs de la Sainte-Croix en octobre 1918. Photo libre de droits.
Sœurs de la Sainte-Croix en octobre 1918. Photo libre de droits. Image de l’époque.

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