Histoire du Québec

L’affaire du Trent

L’affaire du Trent

 

L’incident du « Trent » (L’affaire du « Trent »)

En 1861, l’incident du « Trent » faillit mettre aux prises l’Angleterre et les États-Unis et il était à craindre que le Canada fût le théâtre des hostilités. Deux commissaires américains, Mason et Slidell, avaient été malencontreusement arrêtés sur le navire anglais, le « Trent », par le capitaine américain Wilkes du gouvernement confédéré. Pendant l’échange de notes diplomatiques, la Grande-Bretagne se prépara à défendre sa colonie menacée et envoya à Montréal 3,000 soldats impériaux pour parer à toute éventualité. Mais l’affaire s’étant réglée par la voie des chancelleries, les régiments que l’on avait d’abord logés au collège Molson, rue Ste-Marie, au collège de Montréal et dans les entrepôts de l’Hôtel-Dieu, furent tôt rappelés en Angleterre

L’affaire du Trent est survenu pendant la première année de la guerre de Sécession, et qui a failli provoquer une guerre entre les États-Unis et différents pays européens dont le Royaume-Uni soutenu par la France.

Au début de la guerre de Sécession, le gouvernement britannique envisage même de reconnaître officiellement la Confédération sudiste comme État indépendant. Pour des raisons économiques toutefois, le Royaume-Uni comme la France proclament leur neutralité dans le conflit qui vient de s’ouvrir en reconnaissant le caractère de belligérant d’une part aux États-Unis (appelés alors l’« Union », et dont le gouvernement se trouve à Washington) et d’autre part à la Confédération (dont le siège est à Richmond en Virginie.

Le 8 novembre 1861, à 240 milles au nord de Cuba, l’USS « San Jacinto », frégate à vapeur et à hélice de la marine des États-Unis commandée par Charles Wilkes, invite par signaux le paquebot britannique Trent à s’arrêter. Ce dernier ignore l’injonction. Le commandant de la frégate américaine fait tirer au canon devant l’étrave du paquebot.

Deux politiciens sudistes étaient passagers à bord du Trent, il s’agissait de James M. Mason et John Slidell, accompagnés de leur famille et de leurs secrétaires particuliers., Leur mission était d’amener les gouvernements français et britannique à reconnaître officiellement l’existence de la nation sudiste. Les deux diplomates et leur famille sont débarqués manu militari du Trent malgré les protestations des membres d’équipage, arguant la neutralité du navire britannique.

Dès que le « San Jacinto » mouille à Fort Monroe, la nouvelle de l’arrestation des commissaires confédérés se répand, les plus hautes instances de l’Union restent silencieuses dans cette affaire.

Le 27 novembre 1861, de retour à Southampton, le commandant du Trent relate à quelle inquisition son bâtiment a été soumis. Aussitôt, une tornade de réactions secoue le pays et la presse (en particulier le London Times). Moins de trois jours plus tard, le gouvernement britannique vote les crédits nécessaires à la mise sur pied de guerre de la flotte tout entière et à l’envoi d’un corps expéditionnaire de 8 000 hommes au Canada.

Mais le 30 novembre 1861, le ministre des affaires étrangères britannique recommande à son ambassadeur de s’abstenir de toute menace envers les États-Unis pendant une semaine, délai accordé pour laisser au gouvernement la possibilité de reconnaître ses torts et de prendre des mesures visant à libérer les prisonniers. Pendant cette période, le gouvernement français assure officiellement le Royaume-Uni de son soutien en cas de guerre.

Consulté par le gouvernement américain, le général MacClellan soutient que l’Union n’aurait aucune chance de vaincre dans une double guerre contre la Confédération et le Royaume-Uni. Aussi, la décision est prise de libérer les prisonniers et, le 27 décembre 1861, une réponse favorable, quoique dénuée de toute excuse, est transmise officiellement aux Britanniques qui l’acceptent le 10 janvier 1862. James Mason et John Slidell débarquent finalement à Liverpool quelque temps plus tard dans l’anonymat et l’indifférence générale.

Pour nombre d’historiens, l’affaire du Trent représente l’un des grands « what ifs » de la guerre de Sécession. Pour certains, s’il avait été engagé sur deux fronts, le Nord aurait été incapable de soutenir l’effort de guerre et la Confédération serait devenue une nation indépendante. Pour d’autres, l’agression britannique aurait eu pour effet d’unifier à nouveau le Nord et le Sud contre l’ancienne puissance coloniale.

Le Trent arraisonné par l’USS San Jacinto. Illustration de 1887. Image libre de droits.

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