Biographie de la Mère Louise Soumande de Saint‑Augustin
Louise Soumande naît à Québec le 16 mai 1664, fille de Pierre Soumande et de Simone Côté, une famille bien établie de la colonie de la Nouvelle-France. Elle est la benjamine (huitième enfant) du couple et passe une partie de son enfance comme pensionnaire chez les Ursulines de Québec.
Jeunesse et vocation religieuse de la Mère Louise Soumande de Saint-Augustin
Vers l’âge d’environ 13 ans, Louise revient quelque temps chez ses parents et se lie d’amitié avec le fils d’un marchand de Blois venu en Nouvelle‑France pour le commerce.
Son confesseur, le père Chastelain, craignant que cette affection ne détourne la jeune fille d’une vocation religieuse, la persuade d’entrer comme pensionnaire à l’Hôtel‑Dieu de Québec en lui affirmant que « Dieu la voulait sans partage ».
Elle se résout à entrer à l’Hôtel‑Dieu le 19 mars 1678, sans intention initiale de devenir religieuse. Cependant, en novembre de la même année, elle entre au noviciat des Augustines hospitalières, puis, deux ans plus tard, elle est admise à la profession de ses vœux par un suffrage unanime de la communauté.
Les Augustines et le nom de Saint‑Augustin : Au sein de la congrégation des Augustines Hospitalières de l’Hôtel‑Dieu de Québec, Louise reçoit le nom de religion de « Louise de Saint‑Augustin ». Elle occupe successivement les fonctions d’hospitalière, de dépositaire des pauvres et d’assistante au sein de la communauté, acquérant une expérience pratique et spirituelle importante.
Fondation de l’Hôpital Général de Québec
En 1693, l’évêque de Québec, Mgr de Saint‑Vallier, fonde l’Hôpital Général de Québec, destiné notamment à lutter contre la mendicité, le paupérisme et le libertinage dans la colonie.
Il demande à l’Hôtel‑Dieu de fournir quatre religieuses pour prendre en charge ce nouvel établissement; la communauté choisit, entre autres, Louise Soumande de Saint‑Augustin et Marguerite Bourdon de Saint‑Jean‑Baptiste.
La mère Louise Soumande de Saint-Augustin, supérieure de la communauté de l’Hôpital Général de Québec. Supériorat et resposabilités
Le 26 juin 1694, alors qu’elle n’a que 29 ans, la jeune communauté de l’Hôpital Général élit Louise de Saint‑Augustin sa supérieure.
Par la suite, elle exerce une influence décisive sur l’organisation de la vie religieuse et hospitalière du nouvel établissement dès ses premières années.
Cinq ans après sa première élection comme supérieure, elle refuse d’être réélue à ce poste mais accepte la charge de maîtresse des novices, signe de la confiance qu’on accorde à ses qualités de formatrice et de guide spirituel.
Vers 1700, un litige éclate au sujet de l’opportunité même de l’établissement de l’Hôpital Général; dans ce contexte, mère Saint‑Augustin reprend de fait la direction de la communauté, la supérieure en titre et deux novices devant retourner à l’Hôtel‑Dieu jusqu’en septembre 1701.
À partir de 1702, la communauté l’élit de nouveau supérieure de l’Hôpital Général. Ensuite, elle occupe cette fonction jusqu’en mai 1708. Elle exerce ainsi un rôle de premier plan dans la structuration durable de l’institution, tant sur le plan administratif que spirituel, au tournant du XVIIIᵉ siècle.
Dernières années et mort
Après 1708, Louise Soumande de Saint‑Augustin demeure dans les charges d’assistante et de maîtresse des novices au sein de la communauté de l’Hôpital Général.
Elle meurt le 28 novembre 1708, victime de violents maux de tête, alors qu’elle se sent encore engagée dans ces fonctions de gouvernement et de formation.
L’Hôtel‑Dieu de Québec conserve un portrait de mère Saint‑Augustin, peint le lendemain de sa mort par le peintre Michel Dessailly (ou Dessaillant), ce qui témoigne de l’estime exceptionnelle dont elle jouissait.
Par cet acte, les Augustines ont voulu fixer les traits d’une des figures importantes de leur histoire au moment même de sa disparition.
Mémoire et toponymie
La mémoire de Louise Soumande de Saint‑Augustin perpétue aujourd’hui la ville de Québec. En effet, la rue Soumande, située notamment dans les quartiers Lairet et Vanier, honore cette femme distinguée. Cette rue, désignée officiellement le 10 janvier 1963, rend hommage à l’influence de cette religieuse sur la vie hospitalière et sociale de la colonie de la Nouvelle-France.
Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.
Illustration : L’Hôpital général de Québec a perdu sa première supérieure. La Mère Louis Soumande de Saint-Augustin, décédée le 28 novembre 1708, était supérieure générale de l’Hôpital général de Québec. Michel Dessaillant de Richeterre nous a laissé un portrait de la religieuse. Lorsque Mgr de Saint-Vallier décida d’établir l’Hôpital général de Québec, il fit appel à Mère de Saint-Augustin qui s’empressa de répondre à la demande de son évêque.