Femmes du Quebec

Marie-Madeleine de Vignerot d’Aiguillon

Marie-Madeleine de Vignerot d’Aiguillon

Biographie de Marie-Madeleine de Vignerot d’Aiguillon

Marie-Madeleine de Vignerot, dame de Combalet, duchesse d’Aiguillon, est née en 1604 au château de Glénay (Deux-Sèvres) et décédée à Paris le 17 avril 1675, est une salonnière française, nièce du cardinal de Richelieu. Bien qu’elle ne vînt jamais elle-même en Nouvelle-France, elle joua un rôle important dans l’organisation des oevures de charité et des soins de santé au début de la Colonie de Québec.

Fille de René de Vignerot et de Françoise du Plessis (sœur du cardinal de Richelieu), elle fut mariée à Antoine de Grimoard de Beauvoir du Roure, marquis de Combalet et neveu du duc de Luynes, pour qui elle conçut une telle aversion que quand il fut tué au siège de Montpellier, au cours de la première des rébellions huguenotes, elle fit vœu de ne jamais se marier et de se faire carmélite, de peur que, par quelque raison d’État, on ne la sacrifiât encore.

Jouissant d’une grande faveur à la Cour de France, elle fut pendant quelques années dame de compagnie de la reine Marie de Médicis et profita, par ailleurs, de la direction spirituelle de Vincent de Paul. En 1632, Marie de Médicis aurait projeté de faire enlever Mme d’Aiguillon au cours d’une promenade à Vincennes et de la mener en Flandres où la reine mère est réfugiée. Il s’agit de faire pression sur le cardinal de Richelieu pour empêcher l’exécution du duc de Montmorency.

Pierre Corneille lui dédie Le Cid en 1637, en hommage à la protection qu’elle lui apporta lors de la querelle du Cid.

Après avoir échoué dans plusieurs projets de mariage avec les premières maisons de France, le cardinal-ministre acheta la terre d’Aiguillon, érigée en duché, pour sa nièce en 1638.

Après la mort du cardinal, elle hérita d’une partie de ses biens; entre autres, du château de Rueil et du petit Luxembourg, et employa presque toute sa fortune à soulager les pauvres et à fonder des établissements de charité. Son petit-neveu Armand-Jean de Vignerot du Plessis fut gouverneur du Havre, mais en raison de son âge il fut placé sous la tutelle de la duchesse d’Aiguillon de 1629 à 1646, puis lui succéda au commandement militaire de la ville. Nommée gouverneur à vie en 1653, elle démissionne en 1661.

Elle soutient activement la fondation des Missions étrangères de Paris, à travers des démarches auprès du roi et de Rome.

Protégée et appuyée financièrement par son puissant oncle, le cardinal de Richelieu, célèbre ministre de Louis XIII, elle consacra une grande partie de son énéergie à la fondation de l’Hôtel-Dieu de Québec.le plus ancien hôpital de la Nouvelle-France, ouvert en 1639 par la congrégation des Augustines de la Miséricorde de Jésus et toujours situé au cœur du Vieux-Québec.

Balzac l’appelait « la princesse au teint de safran » et Tallemant des Réaux lui a consacré l’une de ses Historiettes, où il dépeint, entre autres, son avarice, sa dévotion outrée, sa relation ambiguë avec le cardinal de Richelieu. À sa mort, son oraison funèbre fut prononcée par Jacques-Charles de Brisacier, dans la Chapelle des Missions Etrangères de Paris.

En France, Aiguillon est aujourd’hui une commune du Lot-et-Garonne, située au confluent de la Garonne et du Lot (Aquitaine). Mais c’est aussi, au Québec, depuis 1917, le nom d’un canton du Saguenay-Lac-Saint-Jean (MRC Maria-Chapdelaine) , dont les cantons voisins portent aussi des noms de communes de France, Buillion et Mance, et honorent la mémoire de deux autres grandes dames françaises, Jeanne Mance et la marquise de Bullon, associées elles aussi, et à la même époque, à la fondation de l’Hôtel-Dieu de Montréal.

Notons finalement que les armoiries de la duchesse d’Aiguillon sont exposées à l’Hôtel-Dieu de Québec, mais elles n’ont jamais traversé l’Atlantique, pas plus que le personnage lui-même, demeuré en France, mais la toponymie du Québec a reconnu le rôle aue la duchesse a joué dans le développement de la colonie.

Marie-Madeleine de Vignerot d'Aiguillon

Marie-Madeleine de Vignerot d’Aiguillon, portrait du 17e siècle, auteur inconnu, image libre de droits.

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