Biographie de Louis-Thomas Chabert de Joncaire
Louis-Thomas Chabert de Joncaire, connu chez les Iroquois sous le nom de Sononchiez, fut un officier français, interprète et diplomate de la Nouvelle-France, actif surtout au tournant du XVIIIe siècle.
Né en France vers 1670, il arrive au Canada avant 1690, au service de la garde du gouverneur Frontenac. Peu après son arrivée, les Tsonnontouans/Sénécas le capturent. Puis une femme iroquoise l’adopte. Ce fait lui permit alors de tisser des liens durables avec cette nation.
Rôle diplomatique de Joncaire
Grâce à sa connaissance de la langue et des usages iroquois, Joncaire devint un intermédiaire précieux pour la Nouvelle-France. Il participe aux négociations menant à la Grande Paix de Montréal de 1701, un moment clé dans les relations entre les Français et plusieurs nations autochtones.
Joncaire et Niagara
Joncaire joue aussi un rôle important dans la région du Niagara. Il contribue à l’implantation française sur le site de Fort Niagara. Cet officier commanda le fort pendant plusieurs années. Sa présence y fut déterminante pour la stratégie française dans la vallée de l’Ohio et autour des Grands Lacs.
Famille, fin de vie et son rôle dans l’histoire
Il épouse Marie-Madeleine Le Gay à Montréal en 1706. Le coupe eut plusieurs enfants, dont Philippe-Thomas Chabert de Joncaire. Ce dernier poursuivit l’œuvre diplomatique de son père auprès des Iroquois.
Louis-Thomas Chabert de Joncaire meurt à Fort Niagara le 29 juin 1739.
Son parcours illustre bien le rôle des intermédiaires franco-autochtones dans l’histoire de la Nouvelle-France : soldats, traducteurs, négociateurs et parfois otages adoptés par les nations autochtones. C’est une figure importante pour comprendre la diplomatie et l’expansion françaises en Amérique du Nord au XVIIIe siècle.
Le sieur Joncaire, maître ambassadeur auprès des Iroquois
Extrait d’un article publié dans le journal Le Boréal Express
Un des hommes les plus précieux de la colonie, dans les relations avec les Iroquois, est sans contredit Louis Thomas Chabert, Sieur Joncaire.
Né en Provence en 1670, Joncaire vint au pays dès 1684. Lieutenant dans l’armée, ami des missionnaires et de Monsieur de Maricourt, il fréquenta assidûment la tribu des Tsonnontouans. Il sut si bien apprendre leur langue, leurs mœurs, développer leur amitié, que les Tsonnontouans le regardèrent toujours comme un des leurs. Lors de la Paix de 1701, les Tsonnontouans considéraient même Joncaire comme un de leurs chefs.
C’est grâce à ses amitiés que Joncaire réussit à soustraire les Iroquois de l’influence anglaise et à obtenir l’autorisation de construire le fort Frontenac au nom du gouverneur de Vaudreuil.
Joncaire réside à Ville-Marie. Malgré ses soixante et un ans, il voyage encore régulièrement dans l’Ouest où on le considère comme le gouverneur véritable du fort Niagara.
Les officiers supérieurs de la NouvelleFrance sont d’accord pour dire qu’aussi longtemps que des hommes pareils seront au service de notre pays l’amitié des Iroquois pourra nous être assurée, ainsi que la paix dans les Territoires de l’Ouest.
Illustration : Les chutes de Niagara, photo de GrandQuebec.com.