Biographie de Jacques Grand’Maison

Jacques Grand’Maison est ses racines jérômiennes

Jacques Grand’Maison naît à Saint-Jérôme, en 1931. Influencé par ses parents, notamment par son père qui a été confronté au chômage, aux salaires insuffisants et à diverses formes d’exploitation, il s’engage très tôt dans la Jeunesse ouvrière catholique (JOC).

En 1956, il est ordonné prêtre à la cathédrale de Saint-Jérôme. Pourtant, il exerce également son ministère à Saint-Hippolyte. Sensible aux questions sociales, particulièrement à celles de la classe ouvrière, Jacques Grand’Maison obtient une licence en sociologie en 1962, à l’Université pontificale grégorienne à Rome. En 1964, il est nommé chanoine par Mgr Émilien Frenette. Il termine un doctorat en théologie à l’Université de Montréal, en 1969.

Durant les années 1960 et 1970, Jacques Grand’Maison appuie très activement les travailleurs de la Dominion Rubber et de la Régent Knitting Mills, une entreprise qui devient Tricofil en 1975.

Au cours de sa vie et jusqu’à son décès en 2016, Jacques Grand’Maison âgit comme conseiller personnel et spirituel de nombreuses personnes à Saint-Jérôme, entre autres. Son influence reste marquante dans les Laurentides.

L’engagement de Jacques Grand’Maison dans le mouvement ouvrier

Durant les années 1960, la situation économique est difficile à Saint-Jérôme. Le taux de chômage y est très élevé.

Des conflits de travail éclatent dans plusieurs industries locales, dont la Regent Knitting Mills en 1972, Peu avant la fermeture de l’usine, Jacques Grand’Maison intervient à titre de médiateur et parvient à faire accepter une entente qui mettra fin à l’occupation de l’usine par les travailleurs. Cette expérience l’inspire. Il partage ses réflexions sur le sujet dans des milieux de travail à réinventer, un livre publié en 1975.

En juin 1974, la Regent Knitting Mills cesse ses activités. Ses 400 ouvriers perdent leur emploi du jour au lendemain. Plusieurs d’entre eux souhaitent relancer l’usine et en devenir propriétaires collectivement. Jacques Grand’Maison âgé alors comme analyste et conseiller. Leur projet de cogestion étant refusé, les ouvriers, qui ont l’appui de leur syndicat et de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), se tournent vers l’autogestion de l’usine Tricofil.

Licencié en sociologie de l’Université grégorienne au Vatican et docteur en théologie de l’Université de Montréal Jacques Grand’Maison enseigne à la Faculté de théologie de l’Université de Montréal de 1967 à 1997.

Fort de son expérience, Jacques Grand’Maison rédige le livre « Pour une tentative d’autogestion », lui aussi publié en 1975.

Professeur est chercheur universitaire

Sociologue, théologien et professeur de l’Université de Montréal, Jacques Grand’Maison à toujours cherché à concilier réflexion intellectuelle et action concrète auprès des milliers populaires. C’est dans cet esprit qu’il adopte une approche inspirée de la recherche-action : observer, comprendre et agir avec les communautés.

Au cours de sa carrière, il a consacré ses travaux à quatre grands domaines :

  • La jeunesse en crise d’identité dans un Québec en transformation.
  • La classe ouvrière et ses luttes pour l’autogestion, notamment avec l’usine Tricofil.
  • Le rôle de l’Église dans sa perspective d’engagement auprès des plus vulnérables.
  • La démocratie culturelle, l’éducation populaire est la population citoyenne.

Auteur prolifique, il a publié plus de 50 ouvrages nourris par les réalités sociales du Québec. Cet intellectuel engagé et proche du monde s’est toujours montré solidaire des milieux populaires et sociaux de comprendre ce qui rend les luttes collectives possibles. Il voulait que ces écrits servent à ce qui agissent.

Plusieurs prix et distinctions lui ont été décernés dans 2 doctorats honoris causa. En 1996, le Gouvernement du Québec le fait Officier de l’Ordre national du Québec.

Jacques Grand’Maison et son héritage

Extrait porteur d’espérance de son Testament spirituel :

« J’ai aimé mon peuple, ma culture de base ma langue. Je n’ai jamais cessé de croire en l’humanité. J’ai toujours cherché la solution la plus humaine, même au-delà de la loi, la morale et les prescriptions religieuses… Il y a toutes les raisons d’être pessimiste sur l’homme, sur la vie, sur la mort, sur la barbarie à 1000 visages, sur nos églises qui ferment. Mais rien ne peut nous arracher à cet horizon d’espérance que Dieu a ouvert pour réenchanter notre vie ici-bas et au-delà.

Le dernier livre de Jacques Grand’Maison intitulé « Ces valeurs dont on parle si peu, constitue son diagnostic sur l’état des mœurs au Québec. Cet ouvrage dénonce la superficialité et le manque de repères de la société québécoise.

Illustration : Jacques Grand’Maison, officier de l’Ordre national du Québec. Source de l’Image : ordre-national.gouv.qc.ca/membres

Pour en apprendre plus :

Laisser un commentaire