Gaspésie

Industrie forestère en Gaspésie

Industrie forestère en Gaspésie

Histoire de l’industrie forestière en Gaspésie

En Gaspésie, la cohabitation des colons et des compagnies forestières qui possèdent de vastes concessions de bois commercial dans la Vallée de la Matapédia ne se fait pas toujours dans l’harmonie. À peine établis sur leur lot, beaucoup de nouveaux colons devront lutter pour leur droit à disposer comme ils l’entendent du bois coupé sur leur terre. Entre 1895 et 1906, plusieurs lots concédés à des colons sont révoqués à la suite des protestations des compagnies forestières telles que la John Fenderon Lumber Co., établie dans la région depuis 1896, ou la King Brothers, propriétaire de la seigneurie du Lac-Matapédia de 1881 à 1902, qui les accusent d’acquérir des lots seulement pour faire le commerce du bois.

Sur le territoire de la seigneurie incluant les paroisses de Sayabec, Val-Brillant et Amqui, la colonisation sera même arrêtée durant quelques années au début des années 1900. Au cours de l’hiver 1902-1903, devant l’inertie du gouvernement libéral de Simon-Napoléon Parent à défendre leurs intérêts, les colons du canton Nemtayé, situé au sud-ouest de la seigneurie, affronteront violemment les employés de la St. Lawrence Terminal Co. qui vient d’acheter les concessions de la King Bros. Cette lutte fera sensation jusque dans les journaux de la région de Québec et à l’Assemblée nationale. Les colons les plus persistants auront finalement gain de cause. Mais cette même compagnie exploitera aussi les premiers colons de Saint-Vianney en 1919-1920 avant que le gouvernement annule leurs contrats selon lesquels elle se réservait tout le bois des lots concédés.

Les relations ne sont, heureusement, pas toujours aussi tendues entre les compagnies forestières et les habitants de la Vallée de la Matapédia. Les chantiers de coupe du bois et les scieries apportent d’ailleurs un revenu essentiel aux premiers défricheurs qui ne pratiquent, pour la plupart, qu’une agriculture de subsistance. Les immenses chantiers, comme ceux de la Fenderson Lumber Co. Dans le secteur de Sayabec et de Val-Brillant ou ceux de la Madawaska Corporation Limited dans le secteur de Causapscal profitent aussi aux agriculteurs de la région qui doivent produire en abondance du foin, des céréales ou d’autres produits de la ferme pour nourrir les bestiaux et les centaines d’employés logeant dans les camps.

L’activité de ces chantiers favorise également d’autres sphères économiques. Dans les localités situées à proximité, on voit apparaître des hôtels, des restaurants, des commerces et des banques. Les grandes multinationales ne sont pas les seules à profiter des ressources forestières dont regorge la Vallée de la Matapédia. Au fil du XXe siècle, une foule de petits entrepreneurs ouvrent des moulins à scie. Certains seront plus prospères que d’autres et, en créant de véritables petits hameaux autour de leurs scieries ou en contribuant à l’essor des paroisses, marqueront la toponymie de la région : Couturval, Bellavance, Heppel, Pointe-Paradis, ruisseau Lauzier, etc. Omnisprésente, la forêt a donc été et est encore le principal moteur économique de la Vallée-de-la-Matapiédia.

Tiré d’un ouvrage des auteurs Jules Bélanger, Marc Desjardins, Yves, Frenette avec la collaboration de Pierre Dansereau. Boréal express. Institut québécois de recherche sur la culture.

Matapédia
« Les âmes sont comme des troupes armées : celles qui se connaissent, font alliance ; celles qui ne se connaissent pas, se combattent. » ((Sentences et maximes de Mahomet, recueillies par Maçoudi). Région de La Matapédia, photo libre de droits.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *