Parcs et forêts

Travail de bûcheron transformé

Travail de bûcheron transformé

Le travail du bûcheron au Québec transformé

Une toute petite machine – à laquelle on a déjà, dans le langage imagé de nos gens des bois, donné à cause de son vrombissement le sobriquet de « perdrix » – s’est extraordinairement multipliée cette année dans les forêts du Québec. C’est la scie à gazoline, laquelle réduit le travail du bûcheron, accroît sa production et par conséquent sa paye, et prolonge sa vie productive.

On utilise dans l’est du pays la scie mécanique depuis déjà quelques années, mais ce n’est que tout récemment qu’on a réussi à en alléger le poids afin de la rendre vraiment pratique pour l’abattage autant que pour le débitage des billes. Les scies nouveau modèle pèsent à peine 25 livres et se perdent très aisément. En raison de ses avantages nouveaux, la scie à moteur a presque détrôné la « sciotte » traditionnelle dans certains chantiers. On cite par exemple un secteur au nord de Montréal, où sur 800 hommes, il y avait de 225 scies mécaniques. On estime à plusieurs milliers le total des scies mécaniques en usage cet hiver dans l’ensemble de la province.
Avantages pour les hommes

Le perfectionnement des nouveaux modèles de scies est en grande partie dû à la coopération de l’industrie forestière canadienne avec les manufacturiers, tant américaines que canadiens. Les expériences se poursuivent et un relevé fait récemment par la Québec Forest Industries Association à laquelle appartiennent la plupart des producteurs de bois a fait ressortir d’intéressantes constations.

D’abord, l’homme se fatigue moins, le moteur léger et rapide faisant à peu près tout le travail, l’ébranchage excepté. L’effort à fournir étant moindre, les hommes plus âgés peuvent gagner autant que les plus vigoureux. L’homme qui a passé la quarantaine peut donc mettre toute son expérience à profit. Le revenu net des hommes augmente – probablement dans une proportion de 30 pour cent, surtout dans les peuplements les moins denses où, avec une « sciotte », un travailleur gagne plus difficilement.
La coupe n’augmente pas
Cette augmentation de la production individuelle ne veut cependant pas dire qu’on coupera plus de bois dans l’ensemble des forêts. En effet, la récolte est limitée à l’accroissement annuel des boisés, pour assurer la perpétuité de la production forestière.

Voilà donc le bûcheron en voie de se changer en mécanicien, en homme de métier – et même en capitaliste, vu la mise de fonds que représente sa scie à moteur. Les jeunes gens apprécient particulièrement cette invasion de la mécanique qui s’ajoute aux autres améliorations réalisées en effet au cours des dernières années : réseau routier moderne, transports par autobus, camps plus confortables, table aussi variée qu’abondante, électricité et même eau courante.
Notons également que les ventes d’outillage agricole et d’instruments agricoles neufs au Canada sont plus considérable en 1951 qu’auparavant, principalement aux prix de gros. Ces ventes atteignent la valeur sans précédent de $218,187,000, soit un peu plus que le sommet précédent de $217,090,000 atteint en 1950, d’après le Bureau fédéral de la statistique. Les ventes de pièces pour réparations s’établissent à $29,862,500, contre $28, 105,000, soit une augmentation de 6 p. 100.

Les ventes de tracteurs et de moteurs, les plus considérables parmi les divers articles sont évaluées à $98,001,000, un peu moins que celles de 1950 ($102,028,000), tandis que les ventes de machineries servant à la récolte, lesquelles viennent au deuxième rang, passent de 39,088,000 à $33,243,000é Augmentent également les ventes de charrues, celles de la machinerie de labour, de cultivateurs et de sarcieuses, de faneuses, de semoirs et distributeurs d’engrais.

(15 février 1952).

Tracteur utilisé dans l'industrie forestière dans les années 1950. Photographie de l'époque, libre des droits.
Tracteur utilisé dans l’industrie forestière dans les années 1950. Photographie de l’époque, libre des droits.

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