Parcs et forêts

L’avenir du bois

L’avenir du bois

L’avenir du bois au Québec

Matériau qui a été utilisé durant des millénaires, toujours de plus en plus avantageusement, le BOIS ne saurait naturellement cesser d’être employé du jour au lendemain! — surtout lorsqu’on sait qu’il provient de ressources naturelles renouvelables que sont les forêts du monde. Par ailleurs, le génie inventif de nos savants et de nostechniciens sauront toujours lui retenir la place qui lui revient à cause de ses qualités exceptionnelles.

Néanmoins, des économistes réputés sont actuellement perplexes devant le fait que, d’année en année, la production annuelle du bois augmente alors que son emploi per capita diminue. Voilà une situation qui surprend peut-être à prime abord, mais qui s’explique du fait que le bois sert de plus en plus de matière première à une multitude de produits qui le remplace dans la construction ou ailleurs!

Jusqu’où nous conduira cette énigme ? Nul ne saurait le dire, mais personne ne devrait s’en désintéresser, surtout au Canada où les forêts constituent directement ou indirectement, le gagne pain d’un canadien sur quatorze!

On devrait encourager davanta ge, à l’échelle provinciale aussi bien qu’à l’échelle fédérale, les recherches sur le bois. Il ne s’agit pas de jeter un cri d’alarme, mais on ne peut s’empêcher de songer qu’au début du XX » »e siècle, par exemple, le charbon, tout en étant une ressource non renouvelable, occupait une position prépondérante dans le monde.

Depuis, il a perdu son importance au point de vue de l’emploi direct dans de nombreux domaines et particulièrement dans ceux du transport et du chauffage. L’huile l’a supplanté.

Néanmoins, si l’emploi direct dans l’industrie charbonnière a considérablement diminué, il a gagné de l’importance dans le domaine de la matière première pour la fabrication de divers produits modernes comme la gazoline, le caoutchouc, les médicaments. etc.

Et l’huile, qui avait réussi à supplanter le charbon, voit déjà de nos jours, grandir rapidement la menace que représente pour elle 1ère de l’énergie nucléaire! Que lui réserve l’avenir?… et, dans le même ordre d’idées, en présence de la rapidité du progrès, de quelle façon et jusqu’à quel point utiliserat-on le bois au cours des siècles à venir?… La parole appartient à ceux qui ont présentement la responsabilité de notre vaste patrimoine forestier !

L’empire forestier du Canada

Nos forêts canadiennes constituent un vaste empire susceptible de pourvoir à l’industrie canadienne une riche matière première. Elles couvrent près de la moitié, soit 46 p. 100 de toute la superficie territoriale du Canada, s’étendant d’un océan à l’autre’sur une largeur variant entre 600 et 1,300 milles et elle pénètre vers le nord jusqu’en territoire arctique dans la vallée du fleuve Mackenzie.

Le Canada compte plus de 120 espèces différentes d’arbres dont 55 sont d’importance commerciale; 23 donnant des bois mous et 32, des bois durs. L’exploitation rationnelle de ce vaste empire forestier constitue la base de notre progrès national.

“Nos industries forestières du pays produisent chaque année, une richesse évaluée à deux milliards de dollars et la production de cette richesse fait vivre un million de nos concitoyens.

Le patrimoine forestier du Quebec

Sur un total de 596,708 milles carrés constituant à lui seul notre patrimoine forestier du Québec, 246,175 milles carrés sont couverts de forêts, dont 238,366 milles carrés sont des forêts de la Couronne, c’est-à-dire des forêts qui appartiennent au public.

Depuis 1909, le service forestier du ministère provincial des Terres et Forêts administre cet immense patrimoine pour le compte du public qui, bon an mal an, assure un revenu se rapprochant de $20,000,000. Par ailleurs, les produits émanant de la forêt québécoise et dont la valeur annuelle se maintient aux environs de $740,500,000.00, viennent s’ajouter au montant précédent.

Le ministre des Terres et Forêts de la province, M. Bona Arsenault, est à la tête d’un nombreux personnel qui s’impose pour la gestion d’un aussi vaste domaine forestier. À lui seul, le service forestier emploie quelque 1,200 fonctionnaires et employés, ainsi qu’un millier de salariés travaillant à temps partiel dans toutes les régions de la province.

La protection des forêts

Si nos vastes forêts du Québec constituent une richesse naturelle renouvelable, elles peuvent être exposées aux ravages des incendies.

Quelqu’un a écrit quelque part que « si le feu est un excellent serviteur, il est un mauvais maître ». À la suite des holocaustes dont notre siècle a été témoin, le service de la protection des forêts de la province a élaboré un système scientifique pour la lutte contre les feux de forêt, système qui comporte aussi une forte dose d’éducation du public. Ce service, qui est l’un des mieux organisés au Canada, emploie des centaines, voire des milliers d’inspecteurs, gardes-feu, sous-gardes, inspecteurs auxiliaires et gardes auxiliaires.

En outre, il a la coopération de six associations indépendantes de protection des forêts qui sont dispersées par toute la province. Ces organisations emploient eux-aussi des centaines d’inspecteurs et gardes réguliers et gardes auxiliaires. Ajoutez à cela des milliers de gardes réguliers ou à l’emploi des détenteurs de limites forestières, sans compter les nombreux émetteurs de permis de circulation en forêt et vous vous rendez compte des milliers de personnes expérimentées qui sont ainsi vouées à la garde de notre patrimoine forestier.

Et quel équipement! pour donner une idée de ce qu’il représente, disons que, dans l’ensemble, ces organismes de protection des forêts du Québec possèdent: plus de 500 tours d’observation, des milles de lignes téléphoniques, postes météorologiques, moto pompes, millions de pieds de boyaux à incendie, un grand nombre de sacs à eau munis de gicleurs, réservoirs à eau avec gicleurs, des automobiles, camions, camions-citernes, radio récepteurs y compris des postes radiophoniques, et, chaque année, l’équipement se modernise et augmente afin de toujours mieux protéger nos forêts!

La dernière innovation fut, l’an dernier, l’inauguration d’une patrouille aérienne pour le « bombardement à l’eau » des feux de forêts.

Comme on peut le constater, le ministère des Terres et Forêts n’épargne rien pour sauvegarder cette richesse inestimable que représentent nos forêts. En retour, tous ceux qui fréquentent le bois, soit pour y travailler, y pratiquer leurs sports favoris ou simplement pour se récréer, se doivent d’être prudents.

Somme toute, nos forêts sont à la base de notre économie nationale et les forêts de la Couronne constituent la majorité de notre patrimoine et sont la propriété de tous et de chacun.

Autres attributs de nos forêts du Québec

Après nous avoir pourvus d’une multitude de produits utilitaires, nos forêts continuent à nous offrir de nombreux avantages et privilèges. Dans la nature, elles jouent un grand rôle en influençant grandement les conditions climatériques de température, d’humidité, de vent et d’insolation.

Elles retiennent les sables, ralentissent la fonte des neiges, régularisant ainsi le régime des cours d’eau et, de ce fait, enraient les crues et les inondations, de même que l’érosion des terres meubles. Le rôle sanitaire des forêts n’est pas moins important; elles épurent les eaux d’alimentation et purifient l’air en absorbant l’excès de gaz carbonique accumulé au-dessus des centres habités.

Nos forêts sont de grandes inspiratrices pour nos écrivains et nos artistes et des chefs-d’oeuvre de beauté; nous leur devons de même nos parcs provinciaux et nationaux et nombre de centres récréatifs; le poisson et le gibier y trouvent un habitat et un refuge; le touriste et le sportsman ne peuvent résister à son attrait.

Nous, de la province de Québec, sommes en effet particulièrement privilégiés, puisque nous disposons d’immenses territoires où il nous est encore possible, souvent à peu de frais, de nous rendre pour nous adonner à nos sports favoris de la vie au grand air, de la chasse et de la pêche. Dans la province, un citoyen sur six va à la pêche ou à la chasse chaque année! Et, chaque année, directement ou indirectement, les pêcheurs et chasseurs qui fréquentent nos territoires dépensent, aux seules fins de leurs sports favoris la fabuleuse somme de cent millions de dollars! Voilà donc une autre richesse dont bénéficient des milliers de personnes, richesse qu’elles doivent en grande partie à nos forêts.

Notre population se doit donc de s’intéresser à la protection et à la conservation d’un patrimoine aussi important. C’est le devoir de tout citoyen d’être prudent en forêt. Il y a quelques années, on a répandu le vieux slogan, selon lequel il est possible de fabriquer un million d’allumettes d’un arbre, tandis qu’une seule allumette peut détruire un million d’arbres! La prudence s’impose de plus en plus, parce que notre population augmente en même temps que la valeur de nos riches forêts !

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Une forêt québécoise. Photo de Megan Jorgensen.

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