Femmes du Quebec

La première femme française à Québec

La première femme française à Québec

LA PREMIÈRE FEMME FRANÇAISE À QUÉBEC (d’après l’historien Massicotte)

Samuel de Champlain avait fait les voyages trois fois déjà aux rives du Saint-Laurent ; il avait audacieusement reconnu le pays et projeté d’y fonder un établissement permanent, qui fut Québec.

En 1610, il rentrait en France et y épousait, en décembre de cette même année, Hélène Boullé, dont le père était de la maison du roi. La fiancée était extrêmement jeune, presque une enfant. La famille consentit à ce que la plus grande partie de sa dot fût mise à la disposition du mari pour l’armement de ses vaisseaux.

Il poursuivit donc, marié, son oeuvre colonisatrice qui l’éloignait du foyer souvent, ce dont la jeune femme était chagrine. Elle demanda à partager les périls et les fatigues de cette vie aventureuse. Elle avait vingt-deux ans. Son mari accepta de l’emmener en ces terres dont la renommée était alors fabuleuse, et qu’on savait habitées par des sauvages, des Indiens vêtus de peaux de bêtes. Trois dames de compagnie escortaient Mme de Champlain.

La première femme française, qui, en 1620, foulait à Québec le sol du Canada, y fut accueillie par les colons, nos compatriotes, comme une divinité. Elle ne tarda pas a comprendre pourquoi son mari avait tant hésité à souscrire à son voeu. Le scorbut, la famine, les scènes de débauches grotesques et sales des sauvages campés autour du fort ; leurs assauts continuels qui obligeaient à les tenir en respect avec le mousquet, sous peine de les voir entrer dans la ville, rendaient ce pittoresque séjour peu enviable.

Un jour que Champlain et la plupart de ses hommes étaient absents, le cri de guerre fut lancé par les Iroquois. Les femmes et les enfants s’enfermèrent dans le fort ; le couvent des Récollets, sur les bords de la rivière Saint-Charles, fut attaqué. Mme de Champlain s’arma pour la défense et commanda à la place du maître. L’alerte passée, elle laissa les hommes à leur rôle de soldat… Elle estimait le sien différent. C’étaient les coeurs qu’elle tentait de conquérir à son pieux idéal. Elle se rendait dans les wigwams, s’y entretenait avec les sauvages, s’appliquait à les amener à la civilisation par la foi. Elle ne connaissait pas de chemin plus pratique et plus sûr.

(L’Éclair (France), 1908. Georges Montorgueil.)

BELLES ACTIONS D’UNE DAME ET D’UNE DEMOISELLE CANADIENNES

Deux attaques du Fort de Verсhères sont fameuses dans les Fastes Canadiens, et il semble que les Iroquois ne s’y soient attachés par deux fois, contre leur coutume, que pour faire éclater la valeur et l’intrépidité de deux Amazones.

En 1690, ces barbares ayant su que madame de Verсhères était presque seule dans son fort, s’en approchèrent sans être aperçus, et se mirent en devoir d’escalader la palissade. Quelques coups de fusil qu’on tira fort à propos, au premier bruit, qu’ils firent, les écartèrent ; mais ils revinrent bientôt : ils furent enfin repoussés, et ce qui leur causait plus d’étonnement, c’est qu’ils ne voyaient qu’une femme, et qu’ils la voyaient partout. C’était madame de Verchères, qui faisait paraître une contenance aussi assurée, que si elle avait eu une nombreuse garnison.

L’espérance, que les assiégeants avaient conçue d’abord, d’avoir bon marché d’une place, qu’ils savaient être dégarnie d’hommes, les fit retourner plusieurs fois à la charge, mais la Dame les écarta toujours. Elle se battit de la sorte pendant deux jours, avec une bravoure et une présence d’esprit, qui auraient fait honneur à un vieux guerrier et elle contraignit enfin l’ennemi de se retirer, de peur d’être coupé, bien honteux d’être obligé de fuir devant une femme.

Deux ans après, un autre parti de la même nation, beaucoup plus nombreux, que le premier, parût à la vue du même fort, tandis que tous les habitants étaient dehors ; et la plupart occupés dans la campagne. Les Iroquois les trouvant ainsi dispersés et sans défiance, les saisirent tous les uns après les autres, et marchèrent ensuite vers le fort.

La fille du seigneur, âgée de quatorze ans au plus, en était à deux cents pas. Au premier cri, qu’elle entendit, elle courut pour y rentrer : les Sauvages la poursuivirent, et l’un d’eux la joignit dans le temps qu’elle mettait le pied sur la porte ; mais l’ayant saisie par un mouchoir qu’elle avait au col, elle le détacha, et ferma la porte sur elle.

Il ne se trouva dans le fort, qu’un jeune soldat et une troupe de femmes, qui à la vue de leurs maris, qu’on garrottait et qu’on emmenait prisonniers, jetaient des cris lamentables : la jeune Demoiselle ne perdit ni le jugement, ni le coeur. Elle commença par ôter sa coiffure, elle noua ses cheveux, prit un chapeau et un juste-au-corps, enferma sous la clef toutes ces femmes dont les gémissements et les pleurs ne pouvaient qu’inspirer du courage à l’ennemi ; puis elle tira un coup de canon et quelques coups de fusil, et se montrant avec un soldat tantôt dans une redoute, et tantôt dans une autre, changeant de temps en temps d’habit, et tirant toujours fort à propos, dès qu’elle voyait les Iroquois s’approcher de la palissade, ces Sauvages se persuadèrent qu’il y avait beaucoup de monde dans le fort, et lorsque le chevalier de Crisasy, averti par le coup de canon, parut pour secourir la place, l’ennemi avait déjà levé le camp.

(Journal d’un voyage en Amérique, 1744. Vol. III. R.P. De Charlevoix).

MADELEINE DE VERCHÈRES

Le marquis de Denonville, gouverneur de la Nouvelle-France, a raconté dans un mémoire resté célèbre (1686) la rude vie que menaient alors ces gentilshommes de France qui avaient pris des terres au Canada. Tous supportaient noblement leur pauvreté. Les enfants ne s’épargnaient pas, et les filles elles-mêmes, si délicatement élevées qu’elles fussent, coupaient les blés et tenaient la charrue. Dès ses plus jeunes années, Madeleine s’occupa donc aux travaux rustiques, et elle a raconté comment, toute petite bergère, elle menait au pâturage les bestiaux de son père. Cette vie au grand air, sur les grèves, ou dans les champs à peine ébauchés, à côté de la forêt sombre, lui plaisait. Elle aimait aussi la pêche et la chasse.

L’historien la Potherie, qui l’a connue alors qu’elle était toute jeune, rapporte qu’il n’y avait pas de « Canadien ni d’officier qui tirât un coup de fusil plus juste que cette demoiselle ».

(Le Soleil, 1909. J. Edmond Roy).

Marie-Madeleine de Verchères naquit en 1678 et mourut en 1737. Elle avait épousé Pierre Thomas de Lanaudière, sieur de la Pérade eu 1706. Outre le fait d’armes qui l’a fait surnommer l’Héroïne de Verchères, Mme de Lanaudière par sa bravoure, sauva la vie à son mari, en deux circonstances.

UNE CANADIENNE-FRANÇAISE, MÉDECIN

La première canadienne-française qui ait obtenu ses diplômes de médecin aux États-Unis, est madame Mathilde Massé, domiciliée à Boston, et née à Saint-Pacôme, comté de Kamouraska.

(La Presse, 1908).

UNE GRANDE CANTATRICE

Mme Célia Litvine, née Shoultz, cantatrice de grande réputation et interprète, sans rivale, des grands maîtres, particulièrement de Wagner et de Saint-Saens est d’origine canadienne par sa mère. Celle-ci se nommait Célina Mount, et elle avait épousé à Montréal, M. Shoultz, russe de distinction.

Mme Shoultz était cousine germaine du docteur Edmond Mount et parente à un degré plus éloigné de notre peintre distingué M. Georges Delfosse.

(La Presse, 1908).

Une femme du XIXe siècle. Photo de Megan Jorgensen.
Une femme du XIXe siècle. Photo de Megan Jorgensen.

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