Femmes du Quebec

Les premières femmes à Québec

Les premières femmes à Québec

Les femmes de France furent heureuses de se dévouer pour la colonie

Par Michèle Stanton

Toute la France le savait et toute la France en parlait. Par delà les océans, il y avait un pays, peuplé d’indiens féroces, il y avait un pays dont les forêts étaient immenses, les cours d’eau terribles et es hivers glacials. Toute la France connaissait le nom de Samuel de Champlain, un géographe qui voulait là-bas établir une colonie. Était-ce seulement possible ? Champlain, un illusionné peut-être, qui avait entraîné les Récollets en 1615 et es Jésuites en 1625.

Les dames, dans les salons, se pâmaient à la lecture des relations ne ces derniers, grandes lettres rapportées par les bateaux de ce pays qui avait nom Canada. Les religieuses, dans leurs couvents rêvaient d’apostolat. Mais, était-ce bien une place pour les femmes ? Ces créatures délicates et fragiles survivraient-elles au froid, aux attaques des sauvages et par-dessus tout à l’isolement, car elles aussi aimaient les réunions, es spectacles et le théâtre…

Mais elles vinrent, en dépit de tout, parce qu’elles avaient du courage et peut-être aussi un peu de… curiosité. Elles vinrent, à Québec, mères de famille et religieuses, celles que nous connaissons et celles que nous ne connaissons pas. Marguerite Vienne. Hélène Boulle, Marie Rollet, Marie Langlois, Perrine Malet, Marguerite Guyon, des mamans, des épouses qui amenaient avec elles leurs enfants.

Puis, ce furent Marie de l’Incarnation, Catherine de Saint-Augustin qui n’avait pas 16 ans à son départ. À 16 ans, maintenant, on a souvent autre chose à faire qu’à aller convertir des sauvages de autre côté de la terre.

Par delà les mers, elles naviguaient vers Québec, fondée en 1608 par Champlain, elles naviguaient sur leurs voiliers qui n’étaient pas, te vous l’assure, des transatlantiques de tout repos : il n’y avait pas de cabines, ni de salons, ni de salles à diner. Il y avait, par exemple, une puanteur de poisson qui ne vous laissait pas, des matelots sales, des vers dans la nourriture, une salle commune dans laquelle tout le monde s’étendait pour dormir, l’angoisse de ne même pas savoir si on arriverait et la saleté de vos vêtements (pas question de se laver!) Avant même d’avoir mis le pied à Québec, il fallait accepter cette première épreuve, une traversée qui pouvait durer deux mois, ou plus. Et dire qu’en 4 jours maintenant…

À ces femmes, on a érigé des monuments dans nos villes et aussi dans nos coeurs, car bien souvent, nous les croyons de pierre, parfaites et admirables, oh !, mais si loin de nous.

Pourtant ce sont elles qui ont fait l’âme de notre ville et qui, il y a 350 ans, ont commencé à faire vivre Québec et la colonie, parce que si à l’homme reviennent les grandes décisions et les vastes défrichements, aux femmes appartiennent les petites habitudes, nos chants, nos coutumes, notre religion, le coeur, en somme, et sans coeur on ne peut aller nulle-part.

La première venue à Québec, c’est Marguerite Vienne. Elle mourut l’année qui suivit son arrivée. Par la suite, le 14 juin 1617, arrivaient après 2 mois passés en mer au cours desquels on crut sombrer bien souvent, Louis Hébert, ses deux filles et sa femme, Marie Rollet, mère des deux premières mariées de Québec. Plus tard, en 1634, Perrine Malet, Mathurine Robin, Nicole Le Mère, Xainte Du Pont et Marie Renouard, laquelle accoucha quelques jours après son arrivée, mettaient pied sur le sol québécois.

En 1618, premier repas de noces québécois, première fête champêtre ! On célèbre le mariage de Anne Hébert avec Étienne Jonquest. L’année suivante, Anne mourait en mettant au monde un bébé et son mari ne lui survécut que très peu de temps.

Marie Rollet, perdait sa fille: dure épreuve décourageante même Marie, femme du premier seigneur canadien n’en continua pas moins de catéchiser les sauvages, de les soigner, d’élever les autres enfants, de cuire le pain et d’aider son mari. Et on dira d’elle: « elle rendit de grands services à la colonie ». Elle fut une femme accomplissant tout simplement sa mission, mais dans quelles conditions, grands dieux !

L’héritage de ces femmes ? On peut l’évaluer en chiffres. Ainsi Mathurine Robin, femme de Jean Guyon, venue à Québec en 1634, nous a laissé dans sa descendance : 1 cardinal, 17 archevêques, 400 prêtres, plusieurs religieux et religieuses. Quelle maman canadienne !

Vierge Marie. Photo de Megan Jorgensen.
Vierge Marie. Photo de Megan Jorgensen.

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