Biographie de Solange Chaput-Rolland

Biographie de Solange Chaput-Rolland, journaliste, écrivaine, femme politique

Solange Chaput-Rolland (1919–2001) est l’une des figures marquantes du paysage intellectuel, médiatique et politique québécois du XXe siècle. À la fois journaliste, essayiste, conférencière, députée provinciale et sénatrice, elle a été une voix forte du fédéralisme renouvelé. Elle a été une pionnière de la présence des femmes dans l’espace public au Québec.

Formation et début de carrière médiatique de Solange Chaput-Rolland

Née à Montréal le 14 mai 1919, ell fait ses études au couvent d’Outremont. Puis, elle se perfectionne en France à la Sorbonne et à l’Institut catholique de Paris. Elle épouse en 1941 l’industriel André Rolland.

Dès les années 1950 et 1960, elle s’impose dans l’univers des médias comme chroniqueuse, animatrice de radio et de télévision (notamment à CKAC et à Radio-Canada), ainsi que comme conférencière. Élue « Femme de l’année » par La Presse canadienne en 1968, Solange Chaput-Rolland devient une personnalité publique incontournable. En effet, elle prend la parole sur les grands débats de la Révolution tranquille. Elle n’a jamais craint les débats difficiles. On sait que sa parole était franche, parfois tranchante. Pourtant toujours guidée par la conviction.

L’œuvre littéraire et le débat constitutionnel

En 1955, elle fonde le mensuel « Points de vue. Elle le dirige pendant six ans. Puis, en 1974, elle préside le Cercle des femmes journalistes.

Écrivaine prolifique, Solange Chaput-Rolland publie plus d’une vingtaine d’ouvrages (essais, romans, mémoires). Voici quelques uns des titres de ces œuvres :

Chers ennemis (1963) : Rédigé en collaboration avec la romancière anglophone Gwethalyn Graham, cet ouvrage sous forme d’échange épistolaire explore l’incompréhension mutuelle entre le Québec francophone et le Canada anglais. Ce livre connaît un grand succès retentissant.

Ses essais politiques : Tout au long des années 1960 et 1970, l’écrivaine et femme politique publie une série d’ouvrages analysant les mutations du Québec et les tensions constitutionnelles (Mon pays, Québec ou le Canada?, Regards 1967: Québec Année Zéro, Les heures sauvages, etc.)

Son œuvre défend constamment l’idée d’un Québec affirmé au sein d’un ensemble canadien réformé.

Parcours politique

L’engagement politique de Mme Chaput-Rolland se concrétise à la fois au niveau provincial et au niveau fédéral.

En 1977, le gouvernement fédéral la nomme membre de la Commission Pépin-Robarts (Commission de l’unité canadienne). Cette commission a pour but de consulter la population sur l’avenir du Canada.

Elle est élus députée du Parti libéral du Québec dans la circonscription de Prévost lors d’une élection partielle en 1979. Ensuite, elle siège à l’Assemblée nationale lors de la période tendue du référendum de 1980. Son passage à l’Assemblée nationale est bref. Pourtant, il survient à un moment décisif. Elle participe aux débats entourant le référendum. Après la défaite en 1981, elle retourne aux médias et à l’écriture. Elle signe le téléroman « Monsieur le ministre », diffusé à Radio-Canada de 1982 à 1986.

En 1988 le premier ministre du Canada Brian Mulroney Nommée la nomme sénatrice canadienne. Mme Chaput-Rolland y représente la division des Mille-Isles. Elle occupe ce poste jusqu’à sa retraite à 75 ans, en 1994.

Honneurs et héritage

Au cours de sa vie, Solange Chaput-Rolland a reçu de nombreuses distinctions. On cite à continuation les plus importantes :

  • Choisie Femme de l’année par La Presse (1968).
  • Prix du Media Club pour ses éditoriaux à CKAC (1972).
  • Officière de l’Ordre du Canada (1975).
  • Officière de l’Ordre national du Québec (1985).
  • Premier doctorat honoris causa en droit accordé à une femme québécoise par l’Université Queen’s (1983).

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Solange Chaput-Rolland s’éteint le 31 octobre 2001 à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson. En fait, elle passe ses étés au lac Marois, à Sainte-Anne-des-Lacs. C’est là qu’elle rédige une grande partie de son oeuvred. Elle habite ensuite Saint-Sauveur, puis Piedmont. Solange Chaput-Rolland repose au cimetière de Saint-Sauveur, dans la région où elle avait choisie de vivre, d’écrire et de revenir.

Elle a laissé le souvenir d’une femme de conviction et passionnée par les mots. Engagée dans l’évolution politique et sociale, elle est l’un des symboles de la société québécoise de son époque. La Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’En-Haut la décrit comme une femme de tête, femme de cœur, femme engagée. Cette formule résume bien une carrière menée entre les médias, la littérature et la politique.

Illustration : Solange Chaput-Rolland. Photo de Dick Darrell, Toronto Star, image libre de droit.

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