Qui a peur du loup ?
Loup en Mauricie : La situation précaire du loup dans le parc national du Canada de la Mauricie fut soulignée de façon éloquente par la disparition passagère, entre 1988 et 1993, de l’une des deux meutes qui le fréquentent depuis plusieurs années. L’incertitude demeure telle que l’on s’inquiète du rôle écologique de ce prédateur. Pourra-t-il le remplir adéquatement dans les milites exiguës du parc ? Pour répondre à la question, on a lancé une étude visant à documenter l’impact écologique du loup en région en avril 2000.
On a muni 16 loups et 6 coyotes de colliers émetteurs. On a suivi donc leurs déplacements grâce à la télémétrie. Les données récoltées, combinées avec des observations, les suivis de pistes, des séances de hurlements, des récoltes de fèces et des prélèvements sanguins, confirment que la fragilité du loup n’est que trop réelle à l’intérieur de l’écosystème mauricien. On a constaté la diminution du nombre de loups dans chaque meute au cours du premier hiver.
Loup en Mauricie
Les déplacements des loups hors des frontières du parc les rendent apparemment vulnérables au piégeage et à la chasse. En fait, les aires fréquentées par les meutes excèdent largement les limites du parc de la Mauricie. Une seule population l’occupe en priorité, y ayant établi 74 pourcent de son territoire. Seulement 19 pour cent du territoire d’une autre meute s’y trouve confiné. Peut-on conclure que le parc maximise la protection des loups, au moment dans lequel l’augmentation du nombre de visiteurs durant la saison estivale risque d’affecter leur comportement ?
Les analyses génétiques des loups du parc national du Canada de la Mauricie et des environs ont déterminé qu’ils appartiennent à la sous-espèce du loup de l’Est (Canis lupus lycaon). Le statut préoccupant de l’espèce signalé par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), en mai 2001, appuie les efforts de la recherche. On souhaite poursuivre les études et en déduire des stratégies de conservation. Encore déterminer les mesures à prendre pour garantir la survie du loup dans le parc national de la Mauricie et aux alentours.
La hiérarchie dans la horde de loups
Dans les meutes de loups, les vieux et les malades ouvrent la marche. En fait, ce sont eux qui vont définir la vitesse d’avancée du groupe. Juste derrière eux, se trouvent quelques loups costauds. Le boss les chargera d’attaquer si un ennemi surgit ou si une proie apparaît.
Ensuite, au centre, il y a cinq autres loups un peu moins forts. Ceux-ci viendront appuyer l’action de ceux qui sont devant. Le loup qui ferme la marche est le chef. Il surveille depuis l’arrière si la meute avance bien. Ainsi, chez les loups, les faibles dont devant, les forts derrière eux. Finalement, le chef est en bout de file pour avoir une vision panoramique des événements.
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