Le perdrix et la tourte en Nouvelle-France
Il y a trois sortes de perdrix : les unes sont blanches et elles ne se trouvent que l’hiver. Elles ont de la plume jusque sur les ergots ; elles sont fort belles et plus grosses que celles de France. La chair en est délicate. Il y a d’autres perdrix qui sont toutes noires, qui ont des yeux rouges. Elles sont plus petites que celles de France et la chair n’en est pas si bonne à manger. Mais c’est un bel animal et elles ne sont pas bien communes.
Il y a aussi des perdrix grises qui sont grosses comme des poules. Celles-là sont fort communes et bien aisées à tuer, car elles ne s’enfuient quasi pas du monde. La chair est extrêmement blanche et sèche.
Il y a une autre sorte d’oiseaux qui se nomme tourte ou tourterelle (comme vous voudrez). Elles sont presque grosses comme des pigeons et d’un plumage cendré. Les mâles ont la gorge rouge et sont d’un excellent goût. Il y en a des quantités prodigieuses : l’on en tue des quarante et quarante cinq par coup de fusil. Ce n’est pas que cela se fasse d’ordinaire, mais pour en tuer huit, dix ou douze, cela est commun. Elles viennent d’ordinaire au mois de mai et s’en retournent au mois de septembre.
Il s’en trouve universellement par tout ce pays-ci. Les Iroquois les prennent à la passée avec des rets. Ils en prennent quelquefois des trois et quatre cents d’un coup.
Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.
Source des illustrations : Boréal Express.
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