Bestiaire du Québec

Au pays des merveilles

Au pays des merveilles

Au pays des merveilles ou la vie des écureuils 

Dans les arbres aux environs de votre maison vous avez remarqué des masses de feuilles et de branches sur les branches les plus élevées. Vous les avez peut-être prises par de vieux nids d’oiseaux. Mais quand vous les examinerez attentivement, vous découvrirez que ce ne sont pas des nids, ais de petites maisons couvertes de feuilles enlacées.

Ce sont les abris des écureuils gris, un habitant de nos villes maintenant. Le fondement est fait de bâtons et de fines branches, et il est recouvert de feuilles attachées à plat formant un toit à l’épreuve de la pluie. Une petite ouverture dans le côté conduit à une petite chambre à coucher confortable dans laquelle se trouve un peu d’écorce moelleuse, de mousse et de fines herbes. Le nid est souvent construit très haut sur une forte branche, mais rarement au faite.

Les écureuils gris préfèrent avoir un abri plus sûr comme un grenier par exemple, un hiver, mais ils passeront occasionnellement les jours froids et les tempêtes dans ces abri de feuilles. En été, cependant, ils fréquentent souvent cette demeure pour y dormir un somme ou se préserver du mauvais temps. Comme ils ne nous quittent pas l’hiver, on les voit tout le long de l’année.

Marchant d’arbre en arbre dans notre voisinage vous avez peut-remarqué des pistes. Puisqu’elles s’arrêtent aux arbres nous savons qu’elles appartiennent à l’un de leurs habitants. Mais il y a un autre signe qui permet d’identifier l’animal qui les a faites, comme étant un grimpeur. C’est ce que les pattes d’en avant laissent leurs pistes derrière les pattes d’en arrière.

Mais l’écureuil gris alterne parfois ses pattes d’en avant et ses pattes d’en arrière, comme le font les animaux qui vivent sur la terre. Ce qui prouve qu’il y est aussi chez lui qu’au sommet des arbres. Pour cela il faut qu’il marche comme les autres animaux.

Ordinairement, l’écureuil gris fait une demi douzaine de bonds puis s’arrête pour jeter un coup d’oeil inquisiteur. Il peut faire des bonds de trois à cinq pieds, s’il est poursuivi, mais c’est le plus loin qu’il peut sauter.

Si nous examinons bien ces pistes, nous voyons qu’il y a cinq orteils aux pattes d’en arrière tandis que les pattes d’en avant n’enregistrent que quatre orteils. C’est parce que le cinquième le pouce, a été perdu au cours des siècles. Il marche sur la plante des pieds et la paume de la main.

Écureaux de trois sortes (extrait du récit du père Gabriel Sagard au XVIIe siècle, on conserve l’orthographe de l’auteur):

Ils ont aussi trois sortes & espèces d’Escureux différends, & tous trois plus beaux & plus petits que les nostres. Les plus estimez sont les Escureux volans, nommez Sahoûesquanta, qui ont la couleur cendrée, la teste un peu grosse, & sont munis d’une panne qui leur prend des deux costez d’une patte de derrière à celle de devant, lesquelles ils estendent quand ils veulent voler; car ils volent aysement sur les arbres, & de lieu en lieu assez loin, c’est pourquoy ils sont appeliez Escureux volans.

Les Hurons nous en firent présent d’une nichée de trois qui estoient très beaux & dignes d’estre présentez à quelque personne de mérite, si nous eussions esté en lieu: mais nous en estions trop esloignez. La seconde espèce qu’ils appellent Ohihoin, 8c nous Suisses, à cause de la beauté & diversité de leur poil, sont ceux qui sont rayez & barrez depuis le devant jusques au derrière, d’une barre ou raye blanche, puis d’une rousse, grise & noirastre tout à l’entour du corps, ce qui les rend très-beaux: mais ils mordent comme perdus, s’ils ne sont apprivoysez, ou que l’on ne s’en donne de garde. La troisiesme espèce, sont ceux qui sont presque du poil & de la couleur des nostres, qu’ils appellent Aroussen, & n’y a presque autre différence, sinon qu’ils sont plus petits.

(Note: Des deux sortes d’écureuil volant, ou polatouche, le plus fréquent en Ontario est le petit (Glaucomys volans) ; ce nocturne plane avec la possibilité, selon certains observateurs, de descendre et remonter. Le suisse (Tamias striatus) facilement reconnaissable dans la description de Sagard, ressemble superficiellement à un écureuil. L’écureuil roux (Tamia sciurus hudsonicus) ressemble à l’écureuil européen (Sciurus vulgaris) et peut se trouver dans le sud de l’Ontario.

Sagard ne semble pas avoir remarqué les écureuils gris ou noirs (Sciurus carolinensis) qui sont aujourd’hui les plus nombreux dans la région).

écureuils
L’écureuil a beau être petit, il n’est pas l’esclave de l’éléphant.” (Proverbe). Photo de Grandquebec.com.
“Ce n’est pas parce qu’il y a un trou qu’il y a un écureuil dedans.” Proverbe de Grandquebec.com.

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