Papillon monarque : le plus petit des grands voyageurs
Le papillon monarque est un insecte vraiment unique. C’est le seul à effectuer une migration de plusieurs milliers de kilomètres pour rejoindre les sites d’hivernage qui lui permettent de passer la saison froide sous des conditions propices à la survie.
C’est des forêts alpines du Mexique que le monarque passe les mois d’hiver. Lorsque la lumière et la chaleur du printemps éveillent ses sens, il entreprend sa remontée vers le nord, se reproduisant au passage. Il faut entre deux ou trois générations que les monarques parcourent les 4 000 kilomètres qui les séparent du Québec, où ils donnent naissance aux générations estivales.
Quelques jours après l’accouplement, la femelle monarque dépose ses œufs sous des feuilles d’asclépiade. C’est la seule nourriture que consomme la minuscule chenille qui en sort. En environ deux semaines, elle multiplie par 2700 fois son poids initial. Toute cette énergie accumulée permet à la chenille de monarque de se transformer en chrysalide. Cette étape, en apparence inactive, est cruciale. C’est à l’intérieur de la chrysalide que se forment les tissus et les organes du papillon, c’est que l’enveloppe de la chrysalide se fendra bientôt pour permettre l’émergence d’un nouveau papillon.
Quand est la saison des papillons au Québec ?
La saison des papillons au Québec débute généralement au printemps, autour du mois de mai, et se termine en automne, vers septembre, bien que cela puisse varier selon les espèces et les conditions météorologiques. Les papillons sont surtout actifs pendant les mois les plus chauds, lorsqu’ils peuvent trouver suffisamment de nourriture et de conditions favorables à la reproduction. Certaines espèces, telles que le monarque, migrent vers des régions plus chaudes à l’approche de l’hiver, tandis que d’autres hibernent sous forme de chrysalides et émergent au printemps suivant.
Comment distinguer le papillon monarque mâle de la femelle? Est-il possible?
Distinguer le papillon monarque mâle de la femelle est très facile. Pour identifier le mâle, il suffit de repérer la tache noire présente sur chacune de ses ailes postérieures. La femelle se reconnaît quant à elle par les nervures noires de ses ailes, plus larges que chez son partenaire.
À l’affût de la chenille du papillon monarque
Le monarque est probablement le papillon le plus connu au monde. Pourtant, tous ne savent pas que son avenir est menacé. Migrateur au long cours, ce papillon traverse le continent nord-américain, soit trois pays et des centaines d’habitats chaque année. Cet impressionnant voyage n’est pas dépourvu de risques. Les coupes forestières sur les sites d’hivernage du Mexique et la destruction des habitats qui procurent la nourriture aux chenilles et aux papillons comptent parmi les facteurs qui affectent les populations de monarques.
Voilà pourquoi un projet de conservation des friches a été mis de l’avant au parc Marcel-Laurin de Montréal. Le monarque trouvera dans cet habitat un grand nombre de plantes nectarifères. De même que les asclépiades communes qui nourrissent ses chenilles. Plante typique des milieux ouverts, l’asclépiade commune se retrouve dans les terrains en friche, au pourtour des terres agricoles ou encore le long des routes. Ses belles fleurs pourpres et odorantes se transforment en fruits allongés à l’approche de l’automne. Le fruit mûr contient des graines au duvet soyeux et brillant, lesquelles les oiseaux apprécient, qui s’en servent pour construire leur nid.
Les chenilles de monarque se nourrissent exclusivement d’asclépiades. Ainsi, lors d’aménagements réalisés dans le boisé, on s’assure de les conserver. Puisqu’elles sont nécessaires à la survie du monarque. En fait, ses fleurs nectarifères attirent une grande diversité de pollinisateurs. Toutes les parties de l’asclépiade contiennent un latex généralement toxique pour les animaux qui les consomment. Pourtant pas pour le monarque ! Les chenilles emmagasinent les toxines dans leurs tissus et deviennent, à leur tour, non comestibles.
Le boisé du parc montréalais Marcel-Laurin se certifie « Moharch Waystation » par l’organisme Monarch Watch, c’est-à-dire qu’il constitue une halte officielle d’alimentation.
Pour en apprendre plus :
- Histoire du monarque de la chenille au papillon
- Jardin des pollinisateurs de l’Insectarium de Montréal
