Onze des animaux les plus intelligents du monde
Les humains sont souvent considérés comme les animaux les plus intelligents de la planète, mais d’autres espèces ne sont pas très loin derrière. Les scientifiques évaluent l’intelligence animale en observant la conscience de soi, le contrôle de soi et la mémoire — des capacités qui influencent la manière dont un animal traite l’information et résout des problèmes. Cela dit, juger de l’intelligence d’un animal reste un domaine flou. Il est difficile de réunir un grand nombre d’animaux sauvages pour une expérience comportementale contrôlée, et les tests conçus par les chercheurs ne correspondent pas toujours à la manière dont les animaux perçoivent le monde. Malgré cela, les espèces présentées ici nous ont régulièrement impressionnés par leur intelligence.
Perroquets gris d’Afrique
Les gris d’Afrique sont les plus bavards de tous les perroquets, mais leurs talents vont bien au-delà de l’imitation. Ils peuvent réellement associer un sens aux sons humains qu’ils produisent. Un oiseau nommé Alex savait compter jusqu’à six en anglais, identifier correctement cinq formes et sept couleurs, et distinguer des objets selon leur matière, leur couleur, et plus encore. Cerise sur le gâteau : il corrigeait en anglais les autres perroquets du laboratoire lorsqu’ils se trompaient — et adorait donner des ordres aux humains. D’autres études ont montré que les perroquets gris d’Afrique possèdent d’excellentes capacités de raisonnement déductif et de travail en équipe.
️Pigeons
Les pigeons sont des oiseaux largement incompris, et ils ne sont considérés comme une nuisance que depuis environ un siècle. Le pigeon urbain ordinaire est en réalité un descendant redevenu sauvage de pigeons domestiqués dont les humains n’avaient plus besoin. Ces oiseaux ont fini par acquérir une réputation d’animaux sales. Pourtant, leurs capacités de navigation sont inégalées — vous avez sûrement entendu parler des pigeons voyageurs — et, comme les corvidés, ils peuvent reconnaître des visages. Des recherches récentes ont montré qu’ils apprennent d’une manière similaire à celle d’un modèle d’intelligence artificielle, et qu’après un certain entraînement, ils sont capables de reconnaître des motifs et de prendre des décisions.
Bonobos
Les bonobos sont proches des chimpanzés, tant sur le plan génétique que cognitif. Alors que les chimpanzés excellent dans la résolution de problèmes physiques et l’utilisation d’outils, les bonobos se distinguent par leur intelligence sociale et leur aptitude à résoudre des tâches nécessitant une théorie de l’esprit — une étape du développement humain qui permet de se mettre à la place d’autrui. Les bonobos sont également connus pour leurs sociétés pacifiques, où les conflits sont plus souvent résolus par des interactions sexuelles que par la violence.
Chevaux
Les chevaux sont d’excellents apprenants et peuvent communiquer avec les humains à l’aide de symboles. Dans une étude, des chevaux ont réussi à exprimer s’ils voulaient ou non une couverture en touchant un panneau comportant des icônes appropriées. Dans une autre expérience, ils ont pu déterminer si un soigneur humain savait ou non où une carotte était cachée — et si ce n’était pas le cas, ils tentaient de guider l’humain vers la cachette à l’aide de signaux visuels et tactiles, comme le toucher ou de légères poussées.
Un cheval célèbre, Clever Hans, ne savait probablement pas faire des calculs, lire ou épeler, contrairement à ce que prétendait son propriétaire. Mais il a, sans le vouloir, démontré l’intelligence des chevaux — il semblait posséder des connaissances avancées parce qu’il captait des signaux subtils, parfois inconscients, émis par son maître.
Raton laveur
Contrairement à de nombreuses espèces, les ratons laveurs ont prospéré à mesure que les humains ont empiété sur leur habitat. Ils sont à la fois très adaptables et extrêmement malins. Une expérience a montré que des ratons laveurs pouvaient utiliser le déplacement de l’eau pour attraper une guimauve flottant trop bas pour être saisie. D’autres recherches, remontant jusqu’en 1913, ont révélé que les ratons laveurs pouvaient identifier une source lumineuse spécifique même après avoir été distraits — ce que les rats et les chiens testés dans la même étude n’ont pas réussi à faire.
Dauphins
Les dauphins possèdent l’un des plus gros cerveaux en proportion de leur masse corporelle dans le règne animal, ce qui expliquerait en partie leur intelligence très développée. En captivité, ils apprennent des tours, sont entraînés à détecter des explosifs sous-marins, et ont même joué dans des séries télévisées. Ils peuvent aussi se reconnaître dans un miroir — un test fondamental de conscience de soi, indicateur d’intelligence. Dans la nature, on les a observés utilisant des outils, chassant en coopération, et communiquant à l’aide de divers cliquetis, sifflements et cris, autant de signes de leur cognition avancée.
Corbeaux
Dans certaines traditions autochtones d’Amérique du Nord, on considère les corbeaux comme des farceurs. Une réputation sans doute liée à leur intelligence. Les corbeaux et leurs cousins de la famille des corvidés (comme les corneilles et les geais) ont un rapport taille du cerveau / taille du corps comparable à celui des grands singes. En fait, cela suggère un haut niveau de cognition. On connait les corbeaux pour leurs comportements sociaux complexes. Ils peuvent garder rancune à des personnes qui les ont trompés (preuve de leur mémoire) et organiser de véritables « funérailles » pour leurs congénères morts, au cours desquelles ils recueillent des informations sociales. Ils reconnaissent aussi les visages humains. Les corvidés comprennent la relation de cause à effet. Ils planifient l’avenir, et fabriquent des outils. Tels des bâtons pour extraire de la nourriture de petits espaces.
Chimpanzés
Les observations de Jane Goodall, qui a vu des chimpanzés utiliser des brins d’herbe pour extraire des termites savoureux de leur termitière, ont révolutionné notre perception de l’intelligence animale. Depuis cette découverte en 1960, les chimpanzés ont démontré que leurs capacités cognitives sont très proches des nôtres. En plus de l’herbe, ils fabriquent des outils à partir de feuilles, de brindilles et de branches pour accomplir différentes tâches. Ils lancent aussi des pierres contre des arbres. Peut-être pour communiquer à distance avec d’autres chimpanzés. Aussi, ils cassent des noix sur des pierres plates servant d’enclumes. Récemment, des scientifiques ont observé des chimpanzés sauvages appliquer des insectes écrasés sur leurs blessures. Il s’agirait d’une forme possible d’automédication. Ils interagissent également à l’aide de vocalisations complexes et de gestes. Certains ont même appris à « parler » avec leurs soigneurs grâce à des langages pictographiques ou gestuels rudimentaires.
Cochons
On n’a pas étudié aussi largement l’intelligence des cochons que celle des primates, des rongeurs ou des oiseaux. Pourtant certaines analyses suggèrent qu’ils obtiennent des résultats comparables à ceux des dauphins dans certains tests psychologiques. Une étude de 2009 a révélé que sept cochons sur huit pouvaient interpréter les reflets dans un miroir pour localiser de la nourriture cachée derrière un mur. Les cochons peuvent distinguer des objets selon différentes caractéristiques. Ils peuvent se souvenir de leurs choix sur le long terme. Cela démontre donc une mémoire durable. Ils sont aussi capables de hiérarchiser leurs souvenirs. Par exemple en se rappelant comment accéder à une nourriture désirée parmi plusieurs options. De manière anecdotique, certains cochons semblent faire preuve d’empathie envers les humains. Comme Christopher Hogwood, un cochon de 340 kg devenu calme et docile lorsque sa propriétaire, la naturaliste Sy Montgomery, traversait un deuil.
Pieuvres
Ce que les pieuvres n’ont pas en squelette, elles le compensent largement en intelligence. Ces céphalopodes à huit bras possèdent non seulement le plus grand rapport cerveau/taille corporelle parmi les invertébrés. Mais aussi plusieurs cerveaux. Un organe neurologique central. De plus, un « mini-cerveau » dans chacun de leurs bras. Les pieuvres peuvent percevoir et réagir à l’information très rapidement. Par exemple, en changeant soudainement de couleur et de motif pour se camoufler. Cela témoigne de capacités cognitives avancées. Elles sont célèbres pour leur capacité à se faufiler dans des espaces étroits. Aussi dévisser des bocaux. Manipuler des objets pour résoudre des énigmes. Voler des crabes dans les pièges des pêcheurs. Même s’échapper de leurs aquariums. Une étude de 2010 sur huit pieuvres géantes du Pacifique a montré qu’elles pouvaient même reconnaître des individus humains.
Éléphants
Les éléphants se révèlent réputés pour leur excellente mémoire à long terme, un indicateur clé de l’intelligence animale. Ils savent aussi résoudre des problèmes concrets. Dans une célèbre étude de 2010, Kandula, un éléphant d’Asie, a compris comment atteindre de la nourriture placée en hauteur. Il poussait un gros cube en plastique sous la branche. Puis en utilisait comme marchepied. Une autre expérience bien connue a démontré que les éléphants comprennent la nécessité de coopérer. Ainsi ils peuvent adapter leur comportement pour atteindre un objectif commun. Des décennies d’observation de groupes sociaux d’éléphants ont révélé des liens étroits entre générations. Au sein desquels les matriarches transmettent leur savoir écologique aux plus jeunes.