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Mouche noire

Mouche noire

Mouche noire au Québec

Insecte de l’ordre des Diptères, de la famille des Simuliides, la mouche noire aime beaucoup le bétail et les humains. Hélas, ce sentiment n’est généralement pas réciproque, allez savoir pourquoi…

La mouche noire est relativement petite. Sa longueur va de 1 à 5 mm.

Lors des stades juvéniles, les mouches noires habitent autour des rivières et des ruisseaux. La larve de la mouche noire vit dans l’eau courante où elle collecte des particules de nourriture en filtrant l’eau avec ses peignes céphaliques (antennes modifiées).

On les trouve même dans les régions arctiques de la province, et elles sont particulièrement abondantes dans les régions boisées du Nord du Québec.

On compte environ soixante-dix espèces de simuliides identifiées au Québec, mais les entomologistes ne cessent de découvrir de nouvelles espèces, ce qui est plutôt réjouissant pour les amis des mouches.

Notons que malgré leur nom, les mouches noires ne sont pas toujours aussi sombres. Certaines espèces sont de couleurs grise, brun-rouge, jaune ou orangée.

Seules les femelles piquent avec leurs pièces buccales. Toutefois, la «piqûre» de la mouche noire est en fait une morsure qui est nécessaire à la reproduction. En effet, la plupart des espèces de mouches noires ne peuvent amener leurs œufs à maturité sans absorber du sang qui leur sert de source de protéines.

Cependant, les mouches noires ne sont pas des vampires et elles mordent essentiellement le jour. Au printemps et au début de l’été, saisons bénies des dieux, les hordes de mouches noires apparaissent dans les plus belles régions de la province. La présence de ces insectes affecte l’industrie touristique, le travail en forêt et dans les champs. Les mouches noires peuvent rendre certaines régions impropres à l’occupation humaine lorsqu’elles y pullulent. Même les ours et les orignaux préfèrent aller voir ailleurs.

Si une mouche noire entre par mégarde dans une voiture ou une habitation, elle cherche plutôt à en sortir qu’à soutirer du sang à ses occupants, sauf si elle est de mauvaise humeur. Par contre, à l’air libre, elle s’introduit souvent sous les vêtements et aime ramper dans les chevelures, piquant surtout à la tête, au cou et aux chevilles. Contrairement aux moustiques, aux guêpes et aux hélicoptères de l’armée, les mouches noires attaquent en silence, sans bourdonnement distinct.

Dans les espaces boisés du Québec, lorsque les mouches noires sont très abondantes, les activités de plein air sans protection deviennent impossibles. Mais les mouches noires se reposent durant la nuit, comme les touristes.

Selon la sensibilité de la personne, la morsure entraîne une irritation plus ou moins importante. Généralement, on distingue l’apparition d’une rougeur, d’une sensation de chaleur et d’un gonflement autour du site de la morsure. Et ça fait mal.

Le plus souvent, l’effet de la morsure disparaîtra dans les heures ou les jours suivants. Toutefois, si la réaction locale est très étendue ou accompagnée de fièvre ou d’infection locale, il faut consulter un médecin.

Dans de rares cas, des gens peuvent avoir des réactions plus violentes. Observez avec attention le lieu de la morsure, c’est passionnant.

La réaction devient anormale et inquiétante lorsqu’elle se manifeste ailleurs qu’autour du site de la morsure. La situation est grave si l’on constate une enflure au visage, de l’urticaire (rougeur) généralisé, un changement de voix, une difficulté à avaler ou à respirer, une crise d’asthme, des vomissements persistants, une perte de conscience ou un état de choc, surtout si l’on éprouvait une certaine sympathie pour la victime.

Cette réaction allergique peut survenir deux minutes à peine après la morsure, Dans ce cas, la vie de la personne est en danger. Si un ou plusieurs des symptômes cités sont présents, il faut agir rapidement. Il est donc préférable de se munir de médicaments et d’une bible avant d’entreprendre des excursions de longue durée, et de consulter son médecin et son notaire avant de partir.

Les mouches noires choisissent leur victime en fonction de la couleur des vêtements, de l’utilisation de produits parfumés et selon divers autres facteurs. Ainsi, les gens nerveux ou qui bougent beaucoup ont une température corporelle plus élevée et ils dégagent plus de gaz carbonique et transpirent davantage que les autres, ce qui stimule les insectes hématophages.

Notons finalement que plusieurs personnes, que nous ne nommerons pas, croient que les mouches noires arrachent un bout de chair en quittant la victime. En fait, c’est une nette exagération. Les pièces buccales des mouches noires sont incapables de mâcher ou d’extraire des morceaux de peau. Elles coupent et percent l’épiderme. Il se peut que la légende de la chair arrachée soit née à cause de la tache de sang laissée par la mouche noire sur l’emplacement de son repas. La morsure provoque une petite hémorragie sur le site de la blessure, qui résulte de la lacération de la peau de l’hôte. Pas de quoi «prendre la mouche».

mouche noire

Mouche noire. Image libre de droits.

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