Bestiaire du Québec

L’ancêtre des chats du Canada

L’ancêtre des chats du Canada

L’ancêtre de tous les chats du Canada « court encore » !

Avant la venue des Européens il n’y avait, au Canada, ni chats domestiques ni rats. Le premier chat est arrivé au pays en 1615 par les soins du Récollet, le Père LeCaron. Et on présume qu’il n’y avait pas du tout de rats à Québec avant que n’y soit installé un premier quai, en 1711. Car ces rongeurs ne rentrent dans les bateaux ou n’en sortent généralement que par les câbles d’amarrage. Ainsi, peut-on dire que le chat domestique et le rat sont des animaux importés de France.

Selon la Revue d’histoire de l’Amérique française de 1964 (tome 18), c’est le Père LeCaron qui aurait introduit le premier chat en Nouvelle-France, l’aurait offert à un capitaine. Mais l’animal, hélas, s’est aussitôt échappé et court encore, selon la Revue.

Le chat était autrefois un auxiliaire de l’homme tout à fait indispensable Dans l’Antiquité, dit-on, les Égyptiens remarquaient que les récoltes, dans la vallée du Nil, étaient particulièrement généreuses lorsque des chats s’étalent trouvés dans les champs. Mais ils sont impuissants à établir le lien entre les générosités de la nature et l’intervention du chat. C’est pourquoi, ils ont porté l’animal au rang de dieu et mettaient à mort toute personne qui maltraitait ou tuait un chat, fût-ce accidentellement.

Lors des expéditions de Cartier au Canada, il y avait un certain nombre de chats à bord de ses vaisseaux pour la préservation des vivres. En fait, il était interdit aux membres des équipages de Cartier d’incommoder les chats.

Cependant, le chat a perdu son statut d’auxiliaire indispensable pour devenir simplement un auxiliaire précieux.

« Il n’y a plus de chats sur les navires, aujourd’hui. Les câbles d’amarrage sont construits de telle sorte d’empêcher la vermine d’y monter. Le ministère canadien de la Santé inspecte minutieusement les navires et émet des certificats de dératisation, certifiant l’absence de vermine à bord et les inspecteurs en hygiène vétérinaire au ministère canadien de l’Agriculture, affectés notamment aux Ports nationaux et à l’aéroport de Québec sont stricts.

Dans les zones de production agricole, les chats ne sont plus essentiels comme autrefois en raison de l’utilisation de produits répulsifs qui éloignent les rongeurs tels le campagnol des champs, communément appelé mulot et d’autres encore. Ces petits animaux dévastateurs mangent tantôt l’écorce des arbres, tantôt les feuilles, les racines ou les fruits des cultures. C’est ce que disent les agronomes-zoologistes au Service de recherche du ministère québécois de l’Agriculture.

En outre, même en ville, les chats ne sont plus indispensables comme autrefois puisque les immeubles sont de plus en plus construits à l’épreuve de la vermine et les terrains aménagés en sorte que les rongeurs ne puissent y trouver abri.

Mais, aucun cultivateur ne saurait se passer de chats sur sa ferme ou dans l’étable. Aucune ville ne pourrait bannir tous les chats de son territoire car la diminution de la population des chats entraînerait sans doute une augmentation de celle des rats. Le nombre de chats errants est fort considérable dans les villes. En fait, il y a, comme à Québec, trois fois plus de chats que de chiens. Les chats vagabondent, fréquentent les poubelles, sont souvent porteurs de maladies transmissibles à l’homme. Leur prolifération est extrêmement difficile à contrôler. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est impossible de délivrer des « licences » pour les chats comme on le fait pour les chiens. Tout au plus les villes et municipalités pourraient-elles — et plusieurs l’envisagent — émettre des permis de garde de chats.

Les chats errants constituent un fléau urbain. Mais peut-on les éliminer ou atténuer le problème? La ville de New York, par exemple, a réduit, il n’y a pas très longtemps, le nombre des chats errants et a constaté que le nombre des rats avait augmenté.

Car comme on peut le lire dans « Le livre d’or des chats » (Éditions Minerva. S.A., Genève, 1970, page 59): « Il (le chat) est l’agent le plus sûr, le gardien le plus fidèle de notre bien ; sans lui, rats, mulots, souris et tous les bataillons de rongeurs qui font l’assaut des maisons de ville et de campagne, nous auraient vite dépouillés.

Y’a pas un chat !

Nous employons régulièrement, dans notre langage quotidien, des expressions relatives à nos amis les chats. Par exemple: être comme chien et chat; quand le chat n’est pas là les souris dansent; à bon chat bon rat ; chat échaudé craint l’eau froide ; la nuit tous les chats sont gris ; il n’y a pas de quoi fouetter un chat ; donner sa langue au chat ; avoir d’autres chats à fouetter, ne pas réveiller le chat qui dort; être rusé comme un chat ; avoir une mine de chaton ; avoir un chat dans la gorge ; être comme les chats qui retombent toujours sur leurs pieds, etc. Et, bien entendu, il n’y a pas un chat.

Quand « il n’y a pas un chat » quelque part, c’est qu’il n’y a vraiment, mais vraiment personne. Cette expression aurait une origine maritime. Autrefois, raconte-t-on, un bateau était considéré comme abandonné lorsqu’il n’y avait à bord ni personne, ni un seul chat. S’il n’y avait personne mais si, par contre, il y restait un ou des chats, alors nul ne pouvait s’approprier le bateau.

Tous les chats ne sont pas en guerre contre les chiens. Il y a des chiens et chats qui sont très copains. Ainsi, il a déjà été vu un chat hurler d'ennui parce que le chien avec lequel il partage sa vie quotidienne était parti faire une marche avec son maître. Photo de Megan Jorgensen.
Tous les chats ne sont pas en guerre contre les chiens. Il y a des chiens et chats qui sont très copains. Ainsi, il a déjà été vu un chat hurler d’ennui parce que le chien avec lequel il partage sa vie quotidienne était parti faire une marche avec son maître. Photo de Megan Jorgensen.

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