La sangsue et ses particularités
La sangsue jouait jadis (avant l’usage de la ventouse scarifiée et la pratique rigoureuse de l’antisepsie) un grand rôle en médecine. En 1830, on n’en employa, dans les hôpitaux de Paris (pas moins de 825,000). Il s’agit ordinairement d’un ver d’eau annelé. Celui-ci nage par ondulation de son corps. Sur un support, elle se déplace en fixant successivement sur le dit support chacune de ses deux ventouses. L’une est péribuccale et l’autre (non perforée), se situe à l’extrémité postérieure de son corps.
La sangsue appartient au groupe des « hirudinés » – de son nom « hirudo ». Aussi au sous-ordre des « gnathobdellidés ». Sa bouche est, en effet, pourvue de trois crêtes chitineuses. Elle possède trois mâchoires cornées. Celles-ci fonctionnent comme des scies (dont elles ont, d’ailleurs, l’aspect sur leur bord extérieur). Dès que la sangsue se fixe sur une proie, la bouche fait une blessure. Ainsi le travail des petites scies la rend triangulaire. Par cette blessure l’animal aspire donc le sang.
*
Telle est la base de l’emploi de la sangsue en médecine : elle peut absorber trois à sept fois son poids, suivant sa grosseur. Quand la sangsue se sent gavée (au bout de trois quarts d’heure à deux heures), elle lâche prise et tombe de lui-même.
La sangsue a, par ailleurs, cinq paires d’yeux sur les premiers de ses vingt-six segments. (Dont chacun se forme de cinq anneaux extérieurs). Vivant dans les mares et les ruisseaux, elle se nourrit du sang des animaux qui passent à sa portée (insectes, grenouilles, poissons). Son élevage s’appelle « hirundiculture ». Il était, jadis, pratiqué avec une certaine intensité dans la Gironde, en Hongrie, Turquie, Russie, Algérie, etc. La sangsue (hirudo broctina) pond des œufs qu’une sécrétion transforme manière de cocon, – où les jeunes sangsues vivent jusqu’à ce que leur taille atteigne deux centimètres.
Il y a des sangsues marines, vivant sur certains poissons, comme la raie, et des sangsues terrestres (Ceylan, Cochinchine) qui s’accrochent aux buissons et se jettent sur les proies qu’elles trouvent à leur portée.