Les épidémies d’insectes et ses effets sur l’environnement au Canada au XIXe siècle
Les épidémies d’insectes peuvent avoir des effets dévastateurs sur l’environnement. Les archives paroissiales fournissent des renseignements sur les invasions périodiques de sauterelles et de chenilles. Il y aurait là du matériel pour une étude des calamités qui ont ponctué l’histoire de nos campagnes. On connaît mal l’influence de ces ravages, particulièrement leurs conséquences à long terme. Ainsi, un historien attribue aux problèmes causés par la mouche de Hesse l’abandon de la culture du blé dans la première moitié du dix-neuvième siècle dans la Côte-du-Sud du Québec.
Outre cette invasion de la mouche à blé, la principale épidémie ayant affecté les récoltes des agriculteurs de la région a été celle de la « mouche des patates » à la fin du 19e siècle. Cet épisode de l’histoire rurale nord-américaine est bien documenté. La chrysomèle des pommes de terre est originaire du Colorado, où elle se nourrissait principalement d’une plainte connue sous le nombre de « patate à bec ». Elle a commencé à envahir les chambres des pommes de terre de l’État de Nebraska vers 1855 et s’est déplacée vers l’Atlantique en parcourant en moyenne 150 kilomètres par année. Entrée au Canada en 1870, elle est signalée à Sainte-Anne-de-la-Pocatière sept ans plus tard.
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L’homme qui avait observé les premières larves acceptait ce fléau avec résignation : « Dieu que les a envoyés (es), disait-il, saura bien les en chasser, car nous ferons dire des messes. Cependant les prières et les processions furent insuffisantes. C’est pourquoi l’archevêque de Québec invita les curés à distribuer les circulaires contenant les recommandations du ministre de l’Agriculture pour combattre ce fléau. Malgré tout, les dommages semblent avoir été limités.
Beaucoup d’autres épidémies d’insectes ont ravagé les récoltes ou les forêts de la Сôte-du-Sud. La dernière est celle de la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Grâce aux insecticides, on est arrivé à contrôler assez bien la propagation de ces indésirables. Aujourd’hui, ce sont les insecticides eux-mêmes qui constituent une menace pour la population.
Source du texte : Histoire de la Côte-du-Sud. Sous la direction de Alain Laberge. Martine Côte, Diane Saint-Pierre, Jacques Saint-Pierre, Yves Hebert. 1993. Extrait.