La chasse aux cerfs

Un sport royal : La chasse aux cerfs

Québec. — Les chasses royales ont peut-être plus d’apparat que celles des Indiens de la Nouvelle-France, mais elles n’en ont certes pas toute la saveur. Il nous a été donné dernièrement d’assister à une partie de chasse aux cerfs. Nous avons été à même de juger de l’habileté des sauvages.

Les Hurons qui nous accompagnaient, au nombre de vingt-cinq, commencèrent d’abord par construire deux ou trois cabanes de pièces de bois. Ils les calfeutrèrent ensuite avec de la mousse, puis les couvrirent d’écorces d’arbres. Ces manœuvres nous intriguèrent beaucoup.

Au moyen de troncs d’arbres, ils élevèrent de grandes palissades épousant la forme d’un angle obtus. Chaque côté de l’angle mesurait au moins quinze cents pas. Au point de rencontre des deux palissades, ils laissèrent seulement une ouverture de cinq pieds. Dix jours furent nécessaires pour construire l’appareil.

*

Lorsque tout fut prêt, ils partirent une demi-heure avant le lever du soleil et se rendirent à une lieue environ plus haut que l’enclos. Après s’être éloignés les uns les autres d’environ quatre-vingt pas, ils commencèrent la battue. Affolés par les cris des Indiens et par le bruit des bâtons qu’ils frappaient ensemble les cerfs fuyaient à toute allure devant les chasseurs. Nous avions peine à suivre nos amis dans leur course. A notre arrivée à la palissade, un magnifique spectacle s’offrait à nos yeux: des dizaines de cerfs cherchaient à fuir. Les Indiens, maintenant, imitaient les hurlements du loup. Les bêtes se voyaient alors dans l’obligation de franchir la petite ouverture entre les deux parties de la palissade. Ce fut une pluie de flèches qui s’abattit sur les pauvres bêtes.

Cette chasse n’est pas seulement un sport pour les Indiens, elle est aussi nécessaire. La chair du cerf est délicieuse et sa graisse sert de substitut au beurre. Notre chasse, qui dura trente-huit jours, causa la mort d’au moins cent vingt cerfs.

(Cité du journal Le Boréal Express, journal d’histoire du Canada. 1524-1760. Les éditions Le Boréal Express Ltée, C.P. 430, Sillery, Québec. Présentation originale de l’histoire du Canada, période française de 1524 à 1760. Cet album du «journal» Le Boréal Express, présenté sous la forme d’un périodique qui aurait été publié à la date où les événements ont eu lieu.

L’animal traqué dans la neige peut difficilement échapper au chasseur. Il ne reste plus alors à ce dernier qu’à tuer la bête d’un coup de lance. Certains Français ont voulu pratiquer ce genre de chasse, mais ils ont avoué quelle est épuisante surtout lorsque les distances à parcourir sont grandes. Dessin de Gaugan, illustration de l'époque, image libre de droit.
L’animal traqué dans la neige peut difficilement échapper au chasseur. Il ne reste plus alors à ce dernier qu’à tuer la bête d’un coup de lance. Certains Français ont voulu pratiquer ce genre de chasse, mais ils ont avoué quelle est épuisante surtout lorsque les distances à parcourir sont grandes. Dessin de Gaugan, illustration de l’époque, image libre de droit.
Aucun chasseur ne peut rester insensible à la représentation que nous donnons ci-haut. Comme nous pouvons le voir, les Indiens de la Nouvelle-France n'ont rien à envier à nos chasses à courre. Dessin de Champlain, image libre de droit.
Aucun chasseur ne peut rester insensible à la représentation que nous donnons ci-haut. Comme nous pouvons le voir, les Indiens de la Nouvelle-France n’ont rien à envier à nos chasses à courre. Dessin de Champlain, image libre de droit.

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