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Biodôme

Biodôme

Le Biodôme, un concept unique au monde

Trois ans après avoir été promis par le premier ministre du Québec, le Biodôme de Montréal a été inauguré par Robert Bourassa, devant le gratin montréalais.

Le Biodôme, c’est 4000 animaux, 218 espèces, 350 espèces de plantes, mais, surtout, un dépaysement à peu de frais et une éducation écologique et scientifique.

Selon ses promoteurs, le concept du Biodôme est unique au monde. Il reconstitue quatre écosystèmes : la chaude et humide forêt tropicale; la forêt laurentienne et ses changements de paysages au fil des saisons; le Saint-Laurent marin et sa diversité méconnue; ainsi que le monde polaire.

Le Biodôme représente un défi scientifique et technologique. On y fabrique de la neige aussi bien que de l’eau de mer.

Il a fallu vaporiser des gouttelettes sur le feuillage de la forêt tropicale par des tubes camouflés dans un arbre.

Il fallait même prévoir une possible panne d’électricité – une température précise doit être maintenue dans chaque écosystème.

L’électricité et la chaleur proviennent du Stade olympique, mais une génératrice d’urgence prend la relève si besoin est.

Le Biodôme aura coûté quelque 58,2 millions $ et est situé dans l’ancien vélodrome olympique, qui a dû être démantelé pour faire place aux nouveaux aménagements.

(7 août 1992).

Un serre pas comme les autres

La reconstitution côte à côte de deux systèmes aussi différents que la forêt boréale et la forêt tropicale s’est révélée pleine de surprises sur le plan entomologique.

Plantes et insectes vivent en étroite relation dans la nature. Il aurait donc été illusoire de penser qu’on pourrait importer des plantes tropicales ou cultiver des plantes indigènes sans que des locataires imprévus ne réussissent à se glisser à l’intérieur de l’ex vélodrome olympique.

«Bien que les plantes tropicales aient été mises en quarantaine pendant un an en Floride avant leur transplantation, nous nous sommes rapidement aperçu que de nombreux ravageurs avaient fait le voyage à Montréal, expliquent des entomologistes responsables du contrôle des insectes au Biodôme. Des groupes d’insectes comme les cochenilles, les cochenilles farineuses et les tétranyques rouges sont courants dans les arrivages de plantes tropicales, peu importe les précautions prises. Mais dès qu’on a entrepris le dépistage des infestations, quelques semaines avant l’ouverture du Biodôme, j’ai remarqué que plusieurs espèces d’insectes étaient accompagnées de leurs ennemis naturels. La solution s’imposait d’elle-même : il fallait tenter d’obtenir l’équilibre entre les diverses populations d’insectes le plus favorable à la santé des plantes et des animaux. »

La tâche la plus importante des experts est donc d’approvisionner le Biodôme en prédateurs efficaces. Cela ne pose pas de problème quand les ennemis naturels sont déjà utilisés pour la culture en serre, comme le parasitoïde Aphidius matricariae et la mouche prédatrice Aphidoletes aphidomyza, deux ennemis naturels du puceron tropical, Toxoptera aurantii. Ils sont alors disponibles sur le marché.

Les experts ont parfois de la difficulté à trouver les prédateurs dont ils ont besoin dans le commerce. Ils doivent alors m’adresser à des chercheurs ou aller les chercher eux-mêmes dans la nature.» D’autres prédateurs indigènes se sont infiltrés et se sont établis dans la forêt laurentienne, comme le thrips prédateur Haplothrips subtilissimus qui se nourrit de tétranyques, des mites phytophages présentes sur les bouleaux.

Mais les insectes ne sont pas tous nuisibles. L’équipe du Biodôme en élève certaines espèces destinées à nourrir les oiseaux, reptiles et amphibiens qui vivent dans les écosystèmes du Biodôme. Les experts voudraient aussi présenter des insectes vivants au public : « Les insectes font partie intégrante des écosystèmes. En serre ou dans la nature, c’est une réalité encore méconnue du grand public. »

Aras rouges

Deux aras rouges. Photo de GrandQuebec.com.

Biodôme, vue générale

Vue générale du Biodôme de Montréal. Photographie : GrandQuebec.com.

catfish biodome

Catfish. Photo : © GrandQuebec.com.

foret laurentienne

Forêt laurentienne. Photographie de GrandQuebe.com.

tamarin

Un tamarin. Photographie : GrandQuebec.com.

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