Mauvaises nouvelles pour ceux qui ont peur des araignées : il y en a 50 mille espèces et le compte continue
Les scientifiques estiment qu’il pourrait rester 50 000 espèces d’araignées à découvrir.
Depuis des centaines d’années, les scientifiques donnent des noms aux espèces, et le botaniste suédois Carl von Linné a révolutionné la science dans les années 1750 avec son système binomial — la base de la taxonomie moderne. Même s’il semble improbable qu’une espèce ait pu échapper à notre vigilance après des siècles de recherches, il s’avère que Mère Nature est très douée pour le jeu de cache-cache.
Aujourd’hui, les scientifiques connaissent 1,7 million d’espèces, de la simple éponge de mer au gigantesque éléphant de savane d’Afrique, mais les estimations suggèrent qu’il pourrait rester plusieurs millions d’espèces à découvrir, voire plus. En fait, nous ne connaîtrions qu’environ 20 % de toutes les espèces existantes. Beaucoup de ces animaux encore inconnus vivent dans des endroits très difficiles d’accès, comme les forêts tropicales denses ou les profondeurs de l’océan. Et beaucoup d’entre eux sont incroyablement petits.
Prenons, par exemple, l’araignée. En avril 2022, des scientifiques ont annoncé avoir découvert leur 50 000e espèce d’araignée, Guriurius minuano, un membre de la famille des Salticidae, les araignées sauteuses. Trouvée dans les buissons et les arbres de certaines régions du Brésil, de l’Uruguay et de l’Argentine, cette araignée fait partie de plus de 6 000 espèces d’araignées sauteuses déjà découvertes — et ce ne sera pas la dernière.
Selon le World Spider Catalog, tenu par le Muséum d’histoire naturelle de Berne en Suisse, Guriurius minuano ne représente que la moitié du chemin. En fait, on s’attend à ce qu’ on découvre 50 000 autres espèces d’araignées au cours des 100 prochaines années. Grâce à l’évolution, aux mutations génétiques et aux nombreux mystères de la nature, le travail commencé par Linné il y a tant d’années ne sera peut-être jamais vraiment terminé.
Pourquoi autant d’espèces restent-elles encore à découvrir dans des habitats difficiles d’accès
En effet, de nombreuses espèces restent encore à découvrir dans des habitats difficiles d’accès. Voici quelques-unes des raisons :
Inaccessibilité des milieux naturels : Certains environnements, comme les forêts tropicales denses ou les profondeurs océaniques, sont très difficiles à explorer pour l’être humain. Cela limite les possibilités d’observation et de collecte d’échantillons, ce qui retarde la découverte de nouvelles espèces.
Petite taille et discrétion des espèces : La plupart des espèces encore inconnues sont de très petite taille, parfois microscopiques, ou vivent cachées (sous terre, dans la canopée, etc.), ce qui les rend difficiles à repérer et à étudier.
Manque de moyens technologiques ou humains : Même si les technologies modernes facilitent les recherches, il reste des zones où l’exploration reste aussi limitée. Cela par le manque d’équipements adaptés ou de spécialistes disponibles pour inventorier la biodiversité locale.
Adaptations spécifiques et comportements cryptiques : Certaines espèces sont actives uniquement la nuit. Elles vivent sous terre ou ont des comportements qui les rendent particulièrement difficiles à observer. Tout cela complique donc leur identification.
Diversité et complexité de la vie : La biodiversité est immense et la majorité des espèces ne sont pas des grands mammifères visibles, mais des organismes minuscules ou discrets, ce qui rend leur recensement extrêmement complexe.
En résumé, l’inaccessibilité physique, la petite taille des organismes, le manque de ressources et la complexité des écosystèmes expliquent pourquoi tant d’espèces restent encore à découvrir dans les habitats difficiles d’accès.