Économie en vrac

Bill de la margarine

Bill de la margarine

La margarine reste interdite

Le bill de la margarine enterré pour cette année

Ottawa. – Les consommateurs ont perdu, cette année encore, la bataille de la margarine. Il pourra bien y avoir une ou deux autres escarmouches aux Communes d’ici la fin de la session, mais l’engagement décisif a été livré et perdu mercredi (5 mai 1948), au Sénat après une guerre de position qui a duré plus de deux mois.

En rejetant par 35 voix contre 21, le projet de loi du sénateur Euler, la chambre haute a en effet disposé, du même coup, du bill identique soumis à la chambre basse par le député libéral de Vancouver-Nord, M. James Sinclair. Car même si ce Bill était approuvé par les Communes ce qui est fort improbable, il ne pourrait être mis en discussion au Sénat. Il tomberait par conséquent aux oubliettes en passant d’une chambre à l’autre.

Si le public n’a pas de margarine à mettre sur la table, il en a entendu parler à satiété depuis trois ans que l’honorable W.D. Euler, ancien ministre de commerce et sénateur de Kitchener, Ontario, soulève à chaque session un débat sur cette question et trouve, chaque fois, moyen de renouveler le sujet.

La première fois, le rationnement durait encore et le parrain de cette proposition de loi voulait faire servir la margarine à suppléer à l’insuffisance du beurre et à détourner ce produit du marché noir. La seconde session, c’était pour obvier à la rareté du beurre. Cette année, c’était à cause du prix, devenu trop élevé par suite d’une pénurie saisonnière plus grande encore.

(C’est arrivé le 5 mai 1948)

Histoire de la margarine

La margarine est une substance inventée en France en 1869, pour remplacer le beurre qui était rare et dispendieux. Le terme margarine vient du grec margaron signifiant « perle » ; c’est l’inventeur du produit, le chimiste Mège-Mouriès, qui aurait choisi ce mot en s’inspirant de la couleur de la substance.

La margarine fut d’abord faite avec du suif raffiné, puis on se servit de plus en plus d’huiles végétales après qu’on eut découvert un procédé qui retardait l’oxydation de ces huiles. Elle ne connut pas de succès instantané, mais au fil des ans elle remplaça graduellement de plus en plus souvent le beurre, tant dans les maisons, les institutions, les restaurants que dans l’industrie alimentaire, faisant chuter de façon importante les ventes de ce dernier. Son bas prix et le fait que la publicité la présente comme meilleure pour la santé que le beurre expliquent cette popularité.

Composée en grande partie de gras végétal utilisé seul ou combiné (les plus employés sont l’huile de soya, de maïs, de coton, d’arachide, de tournesol, de carthame, de palme, de coprah et de colza), la margarine peut aussi renfermer du gras animal (suif, saindoux, huile de poisson). Des margarines destinées spécialement aux industries ont une composition et une consistance en fonction des besoins spécifiques de ces industries.

La margarine se conserve au réfrigérateur. Elle peut être laissée environ 2 semaines à la température ambiante, ensuie elle risque de rancir ; ne pas l’exposer à la chaleur cependant. Elle supporte la congélation.

Collinne parlementaire

Colline parlementaire de Québec. Photographie de GrandQuebec.com.

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