Économie en vrac

Loi des rendements décroissants

Loi des rendements décroissants

Loi des rendements décroissants et le système économique canadien

Cet essai nous permettra de connaître la nature et l’utilité des différents indicateurs économiques qui déterminent le rendement décroissant dans la production. Le texte traitera des notions économiques de base, du fonctionnement global et des mécanismes visant à réguler l’activité économique en rapport avec la loi des rendements décroissants.

N’oublions pas que dans la société, les rapports entre les membres sont régis par des règles, lois et systèmes. Plusieurs sciences se donnent pour objet l’étude des différents aspects des comportements: sociologie, politique, psychologie et autres. Mais, cette alanyse nous servira à saisir l’origine des problèmes économiques de base.

En effet, c’est l’économie qui est à la base des politiques économiques nationales, et dans la production, on constate le phénomène des rendements décroissants. Comment expliquer ce principe ?

D’abord, les ressources productives ne sont pas toujours mobiles d’un secteur à un autre. Un charpentier fort productif dans la construction peut s’avérer un piètre bûcheron.

C’est-à-dire, les ressources économiques ne s’adaptent pas parfaitement à des emplois différents. À mesure que nous orientons nos priorités vers la production de transport, les ressources déplacées sont de moins en moins adaptées à ce type de production.

Les premières ressources productives dégagées de la production de biens alimentaires peuvent être plus efficaces en réalité dans la production de routes, automobiles et autres moyens de transport, mais à mesure que ce processus de transfert de l’alimentation au transport s’intensifie, les sacrifices mesurés en termes de biens alimentaires perdus s’accroissent. Plus la société décide de produire des biens servant au transport, plus le coût des unités additionnelles, nommé en science économique coût marginal, est élevé.

C’est dans le but d’éviter le mieux possible ce phénomène des rendements décroissants que chaque société fait un effort de rationalité au moment de la production des biens afin d’obtenir la satisfaction de plus de besoins possible.

Le marché politique

La théorie du marché politique s’inscrit comme prolongement à la théorie des choix publics sur la base de la distribution qui s’opère entre le petit et le grand nombre. Elle insiste sur le fait que les politiciens détournent à des fins de satisfactions personnelles, tels le prestige, le pouvoir, etc. une partie des fonds publics. Ils ont intérêt à accroître leur emprise en accordant à divers groupes de pression des avantages dont le financement est dilué puisqu’il est assuré par l’ensemble des contribuables.

Pour les responsables politiques, dont ces petits groupes peuvent constituer des soutiens électoraux actifs, la réalisation de tels programmes catégoriels peut être payante.

Cette analyse repose sur une approche clientéliste du marché politique. Un économiste néo-libéral, H. Lepage, écrit par exemple:

Il n’y a pas de raison de penser que le comportement de l’individu-citoyen dans l’isoloir est fondamentalement différent de celui de l’individu-consommateur dans un supermarché.

Le recours systématique à des cabinets de conseil en relations publiques atteste de cette description du comportement des hommes politiques.

Ainsi, comme le souligne J. – M. Buchanan, la dilatation de l’État et l’augmentation des dépenses publiques ont des ressorts autonomes qui ne coïncident pas nécessairement avec l’intérêt collectif: « L’État croît-il en réponse directe aux demandes des agents privés pour des services publics plus nombreux et meilleurs?

Ou l’État vit-il indépendamment des citoyens, engendrant une situation qui n’est peut-être pas liée aux souhaits des citoyens et qui finalement peut leur être plus néfaste que bénéfique& Si l’on ne répond par à ces questions, on ne fera aucun progrès dans l’explication de la croissance de l’État. Dans un modèle de décision démocratique, une explication des taux de croissance élevés de l’impôt et des dépenses publiques doit se faire sur la base des demandes des citoyens ».

Rue Rachel

Rue Rachel, Plateau Mont-Royal. Photographie de GrandQuebec.com.

Trop d’intervention de l’État

Pour les néo-libéraux, toute intervention de l’État dans l’économie n’est pas à proscrite, mais elle doit être limitée aux domaines pour lesquels le marché est défaillant, soit, pour les biens collectifs indivisibles, externalités, rendements croissants. (Biens collectifs indivisibles : biens qui une fois produits sont consommés par tous sans qu’il ait de possibilité d’exclusion par le marché, par exemple, la défense nationale. Externalités : Effets de l’action économique d’un agent sur d’autres qui ne passent pas par l’intermédiaire du marché.

Exemple : la pollution. Rendements croissants (d’échelle) : Ces rendements se manifestent lorsque l’augmentation de la taille des unités de production conduit à une baisse du coût de revient unitaire. L’optimum est le monopole (monopole naturel) et il faut donc une intervention publique.) Si on sort de ces domaines, elles sont inefficaces et pèsent sur l’économie.

Les analyses de l’école des publics choices (théorie des choix publics) vont montrer que l’État a tendance à se développer de façon excessive et irrationnelle en fonction des intérêts de la bureaucratie et des politiciens qui le dirigent et non en fonction de l’intérêt collectif. Ces analyses reposent sur l’idée qu’il existe une asymétrie entre les grands et les petits groupes, les petits groupes étant mieux à même de faire valoir leurs intérêts en s’impliquant dans une action collective dont ils ont de grandes chances de voir les effets. Les administrateurs et plus encore les hommes politiques cherchent à accentuer leurs influences en accordant des avantages aux groupes de pression les mieux organisés, au détriment du grand nombre des contribuables.

Ce développement de l’État se marque tout particulièrement dans le secteur de la redistribution (État providence), celle-ci se développe de façon excessive pour répondre à la demande de différents groupes de pression. Ce développement de l’assistance entraîne une incitation à la paresse et au travail au noir. En outre, cette hypertrophie de l’État se traduit par une hausse des prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales) qui se répercute négativement sur l’ensemble de l’économie et empêche son développement.

Intervention des gouvernements

Guidés par des préoccupations sociales et économiques, les gouvernements interviennent sur le marché pour afin de corriger une situation d’abus, pour protéger un groupe, pour percevoir un taxe et pour plusieurs autres raisons. On peut, par exemple, citer le salaire minimum sur le marché du travail, établi par le gouvernement, ou le cas du plafonnement des loyers afin que l’habitat soit accessible à tous. Un gouvernement peut imponer des quotas dans l’industrie agricole ou des taxes. Il peut établir le prix minimal ou maximal sur certains biens ou services.

Parfois, ces tentatives du gouvernement mènent à des situations de pénurie de produits sur le marché. La pénurie provoque une surenchère de la part de consommateurs insatisfaits et prêts à payer plus cher pour se procurer un produit. Si le gouvernement s’acharne à maintenir le prix maximal, un marché noir peut apparaître pour satisfaire les consommateurs disposés à payer plus que le prix officiel.

Si par contre le gouvernement veut imposer un prix minimal sur un marché pour protéger les vendeurs d’un service ou d’un bien (la loi du salaire minime en est un exemple) et l’état impose ce prix minimal afin de s’assurer que les producteurs continuent de travailler, cette politique peut se traduire par un surpolus de production qui conduira l’État à réduire l’offre tard ou tôt.

Naturellement, l’état a d’autres moyens d’influencer le marché, tels que des subventions, des quotas établis, etc. Mais tous ces moyens doivent être appliqués avec réflexion et bon sens.

Libéralisme économique

L’exercice du libéralisme économique pratiqué au Canada s’appuie sur une conception du problème économique et de sa solution que nous pouvons retracer dans l’histoire. En effet, la théorie économique qui préconise les libertés individuelles dans l’organisation économique se fonde sur l’économie politique classique née au XVIIIe siècle. C’est la croyance en un ordre naturel qui caractérise avant tout cette pensée.

François Quesnay (1694-1774), économiste et médecin français et les physiocrates croyaient que la vie économique fonctionnait comme une machine ou plutôt un organisme vivant. Les physiocrates fondèrent l’économie politique. Ils réclamaient la soumission aux lois naturelles qui régissent les phénomènes économiques. Adam Smith (1723-1790) poursuit cette idée et préconise le “laisser-faire économique”. Le libéralisme économique s’appuie donc sur l’idée d’équilibre naturel dans le fonctionnement de l’économie. Il énonce une série de principes: la liberté de l’entreprise, la propriété privée des moyens de production, la liberté de travail, la non-intervention de l’État dans le fonctionnement de l’économie.

Au fait, aujourd’hui l’État intervient dans la distribution des revenus par la taxation et les revenus de transfert. Les syndicats sont considérés comme partenaires sociaux importants et de nombreuses lois essaient de favoriser les plus démunis, telles que le contrôle des loyers, le salaire minimum, réglementation sur les conditions de travail, etc. De plus, de nos jours l’État concurrence l’entreprise privée et s’y substitue dans certains domaines. On emprunte du socialisme la prestation par l’État de certains services jugés essentiels pour le développement social et culturel.

Au Canada et au Québec, le gouvernement prend en charge les secteurs jugés stratégiques pour le développement économique. Par exemple, la nationalisation de l’industrie d’électricité au Québec, en 1962 s’inspire de cette idée et l’entreprise étatique Hydro-Québec s’est avérée un moteur du développement de l’économie québécoise. Il en est de même pour l’industrie sidérurgique.

Nous retrouvons donc l’État comme producteur des services essentiels, tels la santé, l’éducation, le transport urbain, et même producteur dans secteurs rentables, comme l’électricité ou le pétrole.

De plus, l’État intervient dans l’allocation des ressources en établissant des lois cadres comme c’est le cas pour l’agriculture au Québec. Il en résulte que le principe de la propriété privée des moyens de production n’est pas remis en question, mais l’État influence l’économie à maints égards par ses politiques et son contrôle dans plusieurs sphères.

Art parc Jean-Drapeau

Art dans le parc Jean-Drapeau. Photo de GrandQuebec.com.

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