Libéralisme économique pratiqué au Canada
L’exercice du libéralisme économique pratiqué au Canada s’appuie sur une conception du problème économique et de sa solution que nous pouvons retracer dans l’histoire. En effet, la théorie économique qui préconise les libertés individuelles dans l’organisation économique se fonde sur l’économie politique classique née au XVIIIe siècle. C’est la croyance en un ordre naturel qui caractérise avant tout cette pensée.
François Quesnay (1694-1774), économiste et médecin français et les physiocrates croyaient que la vie économique fonctionnait comme une machine ou plutôt un organisme vivant. Les physiocrates fondèrent l’économie politique. Ils réclamaient la soumission aux lois naturelles qui régissent les phénomènes économiques. Adam Smith (1723-1790) poursuit cette idée et préconise le “laisser-faire économique”. Le libéralisme économique s’appuie donc sur l’idée d’équilibre naturel dans le fonctionnement de l’économie. Il énonce une série de principes: la liberté de l’entreprise, la propriété privée des moyens de production, la liberté de travail, la non-intervention de l’État dans le fonctionnement de l’économie.
L’intervention de l’État et le libéralisme économique
Au fait, aujourd’hui l’État intervient dans la distribution des revenus par la taxation et les revenus de transfert. Les syndicats sont considérés comme partenaires sociaux importants. De nombreuses lois essaient de favoriser les plus démunis. Telles que le contrôle des loyers, le salaire minimum, réglementation sur les conditions de travail, etc. De plus, de nos jours l’État concurrence l’entreprise privée. Il s’y substitue en fait dans certains domaines. On emprunte du socialisme la prestation par l’État de certains services jugés essentiels pour le développement social et culturel.
Au Canada et au Québec, le gouvernement prend en charge les secteurs jugés stratégiques pour le développement économique. Par exemple, la nationalisation de l’industrie d’électricité au Québec, en 1962, s’inspire de cette idée. L’entreprise étatique Hydro-Québec s’est avérée un moteur du développement de l’économie québécoise. Il en est de même pour l’industrie sidérurgique.
Nous retrouvons donc l’État comme producteur des services essentiels. Tels la santé, l’éducation, le transport urbain. Même producteur dans secteurs rentables, comme l’électricité ou le pétrole.
De plus, l’État intervient dans l’allocation des ressources en établissant des lois cadres comme c’est le cas pour l’agriculture au Québec. Il en résulte que le principe de la propriété privée des moyens de production n’est pas remis en question, mais l’État influence l’économie à maints égards par ses politiques et son contrôle dans plusieurs sphères.