Économie en vrac

Importation des oeufs américains

Importation des oeufs américains

Les producteurs québécois réclament d’Ottawa un contrôle sur l’importation des oeufs américains

Qu’Ottawa contrôle l’importation des oeufs des États-Unis ; qu’Ottawa prenne en main et finance le secteur de transformation des oeufs !

Telles sont les mesures préconisées par deux organismes québécois pour que le système de mise en marché des oeufs fonctionne bien et afin d’empêcher ainsi la destruction de millions d’oeufs comme ce fut le cas cette année. Également pour éviter que les producteurs enregistrent des pertes de revenus importants par suite de l’importation de grandes quantités d’oeufs des États-Unis vendus à un prix inférieur à celui des oeufs produits au Québec.

Les représentants de la Fédération des producteurs d’oeufs du Québec et ceux de la Régie des marchés agricoles ont témoigné, hier matin, devant le Comité spécial de la commercialisation des oeufs qui siège pour la cinquième semaine consécutive à Ottawa.

Confrontation

On a assisté à une véritable confrontation entre les députés — membres du comité — et les représentants du Québec. Ceux-ci n’ont pas oublié que le premier dumping des oeufs mis à jour est celui survenu au Québec. FEDCO (Office de mise en marché des oeufs, agence créée par la fédération pour approvisionner et distribuer les oeufs au Québec) avait particulièrement été blâmée qu’une telle chose se soit produite.

Le président de la Régie des marchés agricoles du Québec. M. Benoit Lavigne comme son collègue, M. Ovide Lebel, président de fédération, ont démontré aux commissaires que les producteurs du Québec perdraient jusqu’à $0.15 la douzaine d’oeufs à cause des importations des États-Unis.

Les importations de l’Ontario où les prix étaient inférieurs à ceux du Québec lundi contribuent également à déséquilibrer les prix au Québec et il est ainsi impossible à la province d’écouler sa propre production et d’éviter les pressions extérieures. Les importations américaines se chiffrent à 4,470,000 douzaines cette année.

M. Lavigne a précisé que la plupart des producteurs d’oeufs du Québec vendraient leur produit à un prix inférieur à leur coût de production qui s’établit à $0.62 la douzaine d’oeufs. Il a renchéri en disant que le gouvernement fédéral ne semble pas prêt à stabiliser les prix et à solutionner le problème que ne Vest CEMA (Office canadien de mise en marché des oeufs).

Il a, à l’instar de M. Lcbel, incité le gouvernement fédéral à réimposer des quotas sur les oeufs importés des États-Unis pour augmenter la production et assurer un revenu juste aux producteurs du Québec. Ceux-ci produisent actuellement 55 p. cent de la consommation. Ce qui est inférieur au contingentement imposé par CEMA, soit 78,647,000 douzaines ou 16.6 p. cent de la production canadienne.

« Dire que certaines provinces étaient justifiées d’augmenter leur production au-dessus de leur quota parce que le Québec n’avait pas rempli son contingentement ne justifie pas ce qui s’est passé car il y avait une solution à trouver à l’intérieur du marché normal. Il aurait du y avoir un transfert du marché des décoquillages vers la consommation et cela aurait pu être fait par CEMA”, a expliqué M. Lebel.

Guerre des oeufs

Selon M. Lebel, la production des oeufs au Québec a diminué parce que la guerre des oeufs qui a eu lieu en 1972 a ruiné un certain nombre de producteurs et deuxièmement, à cause du problème des grains de provende.

Alors que l’orge valait $0.40 le boisseau dans l’Ouest, il coûtait $1.25 au Québec. Ce qui a découragé nombre de producteurs. La stabilisation des prix de l’orge devrait permettre au Québec d’augmenter sa production, d’atteindre son quota.

Les oeufs des États-Unis seraient entrés au Québec après être passés en Ontario où l’Office de mise en marché des oeufs a répondu lundi à la baisse des prix imposée par FEDCO en réduisant les coûts de production de $0.04 la douzaine pour les oeufs de catégorie A-Gros. Selon les représentants du Québec cette coupure vient d’ouvrir une autre guerre des prix entre l’Ontario et le Québec.

Les membres du comité ont été fort étonnés lorsque les représentants tant de la Fédération que de la Régie ont déclaré qu’ils ignoraient les surplus accumulés par CEMA avant que LA PRESSE ne publie la destruction des oeufs. La plupart des surplus étaient entreposés par CEMA au Québec bien que les oeufs n’aient pas tous été produits dans la province.

Erreurs

Dans le mémoire qu’ils ont soumis au comité comme dans les explications fournies aux membres, les représentants des deux organismes ont démontré qu’il y avait des erreurs inhérentes au nouveau système de mise en marché des oeufs et que celui-ci fonctionnait dans un cadre très instable.

Ils ont souligné, tout en précisant que CEMA « essayait de se sortir de l’eau bouillante », qu’il ne s’agissait pas ici d’identifier les coupables, mais bien de proposer des solutions afin que cela (la destruction des oeufs) ne se reproduise plus, bref trouver des mécanismes qui permettent un meilleur équilibre entre les producteurs et les consommateurs.

Fondamentalement pour la Fédération des producteurs d’oeufs du Québec, le problème consiste à vouloir faire fonctionner deux systèmes de mise en marché au sein d’un même secteur. Les producteurs afin d’obtenir une plus grande stabilité, acceptent un système de mise en marché ordonné de leurs produits, alors que toutes les autres institutions, soit les supermarchés et les usines de décoquillage, fonctionnent dans le cadre de la libre entreprise et qu’elles cherchent pas à protéger l’agriculteur et le consommateur mais bien à faire le maximum de profits.

Recommandations

La Fédération fait quatre recommandations au comité spécial pour parvenir à équilibrer le système :

  • Il faudrait que le Canada applique le même genre d’entente avec les pays étrangers qu’avec les provinces.
  • Il faudra que le gouvernement du Canada finance et contrôle le secteur du décoquillage.
  • Il faudra que les intermédiaires qui transforment et distribuent les oeufs décoquillés ouvrent leurs livres afin de connaître leurs coûts de transformation.
  • Il faudra que le Conseil national de commercialisation des produits de la ferme s’équipe de spécialistes qui lui permettraient de rapporter au ministre de l’Agriculture du Canada toutes les informations pertinentes au bon fonctionnement des Offices nationaux de commercialisation des produits de la ferme.
Oeufs
Ttrois oeufs. Photo de GrandQuebec.com.

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