Économie en vrac

Les grandes compagnies sont contre une voiture populaire

Les grandes compagnies sont contre une voiture populaire

Les grandes compagnies ne veulent pas de l’auto économique

Elles craignent que le marché de l’automobile en général ne se ressente de la mise sur le marché d’une voiture populaire. – Un syndicat chargé de veiller sur les intérêts des grands fabricants

Les ingénieurs résoudront-ils le problème de l’auto bon marche?

La question des voiturettes utilitaires bon marché intéresse vivement le public, qui se demande si jamais ce commode moyen de transport sera mis à sa portée grâce à la formation de quelque compagnie capable de fabriquer quelque chose de pratique, de résistant et d’économique tout à la fois. Il semble qu’au Canada et aux États-Unis les constructeurs se soient absolument désintéressés de cette question qu’on a essayé de résoudre en France et ailleurs en Europe. Ils étaient sans doute satisfaits de prendre des profits plus considérables sur des voitures dispendieuses pour lesquelles ils avaient un excellent marché. Mais depuis que le problème des automobiles usagées est venu compliquer le commerce et augmenter considérablement le prix de vente des voilures, parce qu’il faut prévoir un prix fort élevé pour celles que les vendeurs sont forcés de prendre en retour, la question n’est plus la même et les constructeurs, certains du moins, désireraient s’orienter vers la fabrication d’une voiturette qu’ils vendraient sans prendre d’autre voiture en échange et qui trouverait un marché considérable aux Etats-Unis comme au Canada.

Ce qu’il y a d’étonnant, c’est que les ingénieurs des grandes compagnies, tous des experts, n’aient pas encore solutionné ce problème de la voiturette. Ceci est attribuable sans doute aux grosses compagnies qui ne tiennent nullement à ce que le public délaisse leurs modèles dispendieux pour de toutes petites voitures qui feraient aussi bien son affaire.

Il y aura toujours un marché pour les voitures dispendieuses, mais la mise sur le marché de voitures économiques serait de nature à nuire fortement aux grandes compagnies dont la production s’en ressentirait.

On a même répété qu’un syndicat formé par les grandes compagnies d’automobiles aurait acheté les patentes de la voiturette américaine dont nous avons parlé récemment et que ce serait son intention de ne la mettre sur le marché qu’à un prix assez élevé pour ne pas nuire aux voitures déjà en fabrication aux États-Unis et au Canada. C’est une mesure de protection pour les compagnies, mais le public est loin d’en profiter puisqu’on le prive pour ainsi dire de ce à quoi il a droit, une voiture économique.

Ce ne serait pas la première fois que les grosses compagnies font main basse su/1 des inventions dans le seul but de se protéger. Cela ne veut pas dire que des gens entreprenants ne s’attelleront pas au problème très ardu, il faut l’avouer, de construire une voiturette capable de rencontrer les besoins de toute une classe de gens tant au Canada qu’aux États-Unis.

Certains ont songé à la machine à vapeur dont la simplicité d’opération est remarquable. En combinant ses avantages avec ceux de la voiture ordinaire à essence, il devrait être possible de trouver un moyen terme. À l’homme assez ingénieux pour trouver la solution de ce problème est réservé un grand succès.

(Cette nouvelle date du 30 novembre 1929. Texte publié dans le journal Le Devoir).

voiturette
Une voiture ancienne. Photo de GrandQuebec.com.

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