Économie en vrac

Échec aux faux chèques

Échec aux faux chèques

Prolifération des faux chèques au Québec

En 1982, au Québec, 60 pour cent des fraudes ont été commises à l’aide de faux chèques. L’année suivante (1983), sur le seul territoire de la Communauté urbaine de Montréal, les fraudeurs ont réussi à détourner plus de $10 millions, en employant des faux chèques, de fausses cartes de crédit ou d’autre moyens dolosifs. Ailleurs en province, il y en a eu pour $30 millions.

Depuis 1974, la fraude a connu une croissance constante, estimée à 182,7 pour cent, comparativement à l’indice général de l’évolution de la criminalité qui était, pour la même période, de 139,9 pour cent.

Afin de contrer ce fléau grandissant, qui affecte aussi bien le petit commerçant, l’industriel que le simple citoyen, le Comité provincial de prévention de la criminalité économique a lancé, hier, une vaste campagne de prévention du crime intitulée « Échec aux faux chèques ».

Son président, M. Yvon Labelle, qui est aussi l’officier commandant de la section des fraudes à la police de la CUM, soutient qu’avec un peu de bonne volonté et quelques mesures préventives, de nombreuses fraudes pourraient être évitées.

Selon l’Association des banquiers, l’emploi du faux chèque est très rémunérateur pour ceux qui en font une spécialité et coûte des millions de dollars chaque année à la communauté d’affaires canadienne.

En plus des différents services de police, plusieurs organismes tels que Sécurité Desjardins, le Conseil québécois du commerce de détail, l’Office de la protection du consommateur et plusieurs banques à charte, ont emboîté le pas afin de sensibiliser la population sur le danger que représente l’utilisation des chèques et les moyens d’éviter de se faire frauder.

Quelques conseils pratiques

Pour ce faire, deux dépliants contenant des conseils pratiques pour enrayer la fraude par faux chèques sont disponibles. L’un est destiné aux consommateurs et peut être obtenu aux institutions financières; l’autre est destiné aux commerçants et est disponible auprès des différents corps policiers du Québec.

Aux consommateurs, la police recommande de verrouiller les boites aux lettres, cibles des voleurs de chèques. On recommande aussi de ranger son carnet de caisse et ses formulaires de chèques dans un endroit sûr; d’informer sans tarder l’institution financière du vol ou de la perte de son carnet ou de ses chèques; de ne jamais accepter un chèque d’un inconnu; de ne jamais signer un chèque incomplet; de ne pas inscrire son nom dans son carnet de caisse et d’assurer la confidentialité de son numéro de compte; de prendre note du détail des chèques émis; de ne jamais laisser d’espace libre sur le chèque; d’endosser les chèques devant le préposé de la caisse et de consentir à s’identifier; et, finalement, de favoriser le dépôt direct de ses chèques à son compte.

Aux commerçants, la police recommande d’établir un règlement strict concernant l’acceptation des chèques et de limiter le nombre d’employés autorisés à accepter les chèques. La police rappelle qu’il est aussi dangereux d’accepter d’un inconnu un chèque de société qu’un chèque personnel.

Il en est de même des chèques postdatés, des chèques visés et des chèques d’un montant supérieur à celui d’un achat donné.

Il est également préférable de demander deux pièces d’identité, le permis de conduire seul ne suffisant pas. On recommande aussi de bien examiner le chèque et les pièces d’identité présentés et de prendre son temps lors des transactions.

(Publication de La Presse. 1984, 8 mars).

Vitrine du Vieux-Montréal. Photo de Megan Jorgensen.

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