Taux de natalité et allocations familiales en Nouvelle-France
Allocations familiales : Le taux moyen de natalité pour la dernière décennie serait de 63 naissances par 1,000 habitants. Aux dires des experts, il s’agirait là d’un phénomène assez extraordinaire, bien que facilement explicable.
Plusieurs opinent que le système d’allocations familiales appliqué par le Roi est le premier responsable On sait en effet que Sa Majesté fait verser aux familles de dix enfants une pension annuelle de 300 livres; 100 livres de surcroît sont accordées si la famille atteint la douzaine d’enfants. Exceptionnellement on a vu Talon remettre “1200 livres pour celui du meilleur habitant de ce pays qui a quinze enfants et 800 pour l’autre qui en a dix”.
De plus, le chef d’une “grosse famille” reçoit des honneurs particuliers dans les églises ou dans les missions.
Très souvent Sa Majesté elle-même, ou le Ministre Colbert, ont rendu un hommage officiel aux familles fécondes. En même temps, la nuptialité précoce est non seulement encouragée, mais pour ainsi dire forcée. Aux parents négligents qui n’auraient pas réussi à marier leurs fils à vingt ans, leurs filles à seize ans, ordre est donné de comparaître devant le greffier de leur juridiction à tous les six mois, pour y rendre compte de leur conduite.
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Quant aux célibataires endurcis, Colbert propose qu’ils soient exclus des honneurs. “N’y ayant rien qui fasse plus d’impression ordinairement dans les esprits que la privation de ces sortes de choses. Celles qu’emportent après elles la honte et de la confusion”. “Il serait à propos, écrit-il, de leur augmenter les charges, de les priver de tous honneurs, et en outre y ajouter quelques marques d’infamie”.
Selon le Ministre, qui a par ailleurs refusé la politique de peuplement proposée par l’intendant, le Roi considère que: “l’une des causes qui a empêché jusqu’ici l’augmentation du Canada provient. Vous en conviendrez avec moi que les mariages ne se voient pas assez fréquents. En fait, on a vérifié qu’il y a beaucoup d’hommes qui ne se marient qu’à trente ans. Aussi de filles qui ne se marient aussi qu’à vingt et vingt cinq ans.”
En conséquence, Talon se voit conseiller “de marier les garçons à dix-huit ou dix-neuf ans et les filles à quatorze ou quinze.” D’ailleurs celui-ci est d’accord pour “engager dans le mariage les filles d’âge nubile”. Car il constate qu’elles “engagent à même temps leurs parents à demeurer fixement dans le pays dans lequel elles prétendent faire leur établissement perpétuel”.
On fit tant et si bien que Talon reconnaît, dans son recensement de l’an dernier, que les extraits de baptistaires indiquent “sept cens enfants nez dans l’année”. Selon lui, “à présent il se pourra faire cent mariages par an, de garçons et de filles originaires du pays”

Pour en apprendre plus :
Source du texte : Le Boréal Express, Journal d’histoire du Canada.