Les basses terres de la Côte-du-Sud

La structure géologique de la Côte-du-Sud : Les basses terres de la Côte-du-Sud

La plaine du Saint-Laurent représente le second trait dominant du paysage régional de la Côte-du-Sud. C’est une bande de terre d’une trentaine de kilomètres de largeur à l’ouest qui rétrécit à quelques kilomètres près de Rivière-du-loup. Le terrain est plat, mais une succession d’affleurements rocheux de formes et de dimensions variées en mer par endroits.

Une longue plaine parsemée de collines

En réalité, les basses terres de la Côte-du-sud appartiennent à la même division géologique que les Appalaches. Aux abords de Québec, le substrat rocheux apparaît comme une plate-forme délimitée par une falaise de 30 à 50 mètres de hauteur qui s’étend depuis Beaumont jusqu’à Saint-Michel-de-Bellechasse. Le relief de la côte s’abaisse ensuite vers l’est, où de vastes dépressions, remblayées et entrecoupées de collines, s’alignent parallèlement au fleuve. Quant à la plate-forme, elle se prolonge en retrait de la plaine au pied des montagnes.

Le géographe Jean-Claude Dion voit dans cette plaine littorale un paysage façonné par les cours d’eau. Le processus d’érosion fluviatile, entamé il y a près de 300 millions d’années, aurait mis en relief les crêtes rocheuses plus résistantes et creusé les dépressions dans les roches tendres. Raoul Blanchard croyait, quant à lui, que le sillon d’érosion s’était affaissé de lui-même à une époque récente (moins de 5 millions d’années). Les géologues Kumarapeli et Saull ont proposé une autre explication. Selon eux les basses terres du Saint Laurent correspondent à une vallée limitée par des failles. l’un des escarpements les plus nets est visible précisément sur la Côte-du-Sud, soit entre Saint-Valier et Sainte-Hélène. Ce fossé d’effondrement, très semblable au rift africain, serait apparu il y a 50 à 100 millions d’années.

Une zone de tremblements de terre

Par ailleurs, l’activité sismique le long de la faille de Logan, du côté nord de l’estuaire, a amené certains géologues à établir un lien entre les deux phénomènes.

L’explication est aujourd’hui rejetée au profit de la théorie dite de « l’astroblème de Charlevoix », qui veut que les tremblements de terre au Québec soient reliés au déplacement des plaques continentales. Les secousses résultent du relâchement des contraintes accumulées et elles sont plus importantes dans la région de Charlevoix parce qu’il la chute d’une météorite géante y à affaibli l’écorce terrestre. L’impact météoritique joue elle le rôle d’une soupape qui draine l’énergie accumulée dans les profondeurs de la terre.

Depuis 1663, la Côte-du-Sud a connu une cinquante de séismes plus ou moins violents. Celui des 1870 dont l’épicentre s’est situait dans la région de Charlevoix, a été très vivement ressentie dans les paroisses du littoral de Kamouraska. Plusieurs églises, dont celles de Rivière-Ouelle, de Saint-Pascal et de Sainte-Louise on a alors subi des dommages importants. La régions a également été fortement ébranlée lors du secours de 1925 et 1988.

Les crêtes rocheuses

Les crêtes rocheuses, parallèles les unes aux autres et disposées en échelons, demeurent l’élément le plus caractéristique du paysage des basses terres de la Côte-du-Sud. Les plus hautes, dépassant 180 mètres d’altitude, sont des véritables montagnes. C’est ainsi, du moins, que les habitants les ont baptisées. En effet, il s’agit de la Montagne Ronde, Montagne du Collège, Montagne à Thiboutot. Même si les géographes les désignent comme les collines. Ces formations de roches dures (quartzites) à l’aspect arrondi, que l’on retrouve dans le comté de Kamouraska, on été mises en saillie par l’érosion, d’où leur nom de monadnocks. Ailleurs dans la région, les crèches sont allongées et de plus faible altitude.

Les pointes et les anses des basses terres de la Côte-du-Sud

En bordure du fleuve Saint-Laurent, les affleurements rocheux forment de nombreuses pointes (Saint-Michel, Saint-Vallier) qui définissent une succession d’anses ouvertes, soit vers l’est, soit vers l’ouest. L’échine rocheuse de Rivière-Ouelle, qui s’étend sur une vingtaine de kilomètres, en regroupe à elle seule quatre. En fait, de l’embouchure de la rivière jusqu’à l’anse de Saint-Denis. Ce découpage aurait pu favoriser la navigation en créant des abris naturels. Pourtant la présence, tout au long du littoral, d’une vaste terrasse marine fait en sorte que la plupart de ces baies s’assèchent à marée basse. Par contre, on a utilisé certaines de ses anses comme plages.

Les crêtes rocheuses abritent quelques-uns des premières noyaux villageois de la Côte-du-Sud. On observe ce phénomène notamment à Saint-Denis, à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, à Cap-Saint-Ignace et à Saint-François. Offrant une protection contre les vents froids du nord-est qui hypothèquent sérieusement que le climat du littoral, elles rompent la monotonie de la plaine qui s’avère la partie la plus pittoresque de la région.

Un sous-sol peu exploité

Avant 1951, les explorations géologiques ne permettent pas de localiser d’importantes concentrations de ressources minérales sur la Côte-du-Sud. En 1875, la Gazette de campagnes rapporte la découverte d’une mine de cuivre à Saint-Jean-Port-Joli, mais le filon ne sera jamais exploité commercialement.

On tentera aussi, sans succès d’utiliser le quartz des montagnes de Kamouraska pour la fabrication de verre. En 1949, un gisement de nickel et de cuivre est découvert à Saint-Fabien-de-Panet par un résident de l’endroit, Théodore Bélanger. Deux ans plus tard, la Eastern Métal Corporation entreprend des travaux d’exploration souterraine qui aboutissent à la mise en valeur et au forage d’un puits et de galeries. La mine fait la prospérité du petit village pendant quelques années. Mais on doit abandonner l’exploitation en 1956. En fait, on ne pouvait traiter le minéral économiquement.

(Source : Histoire de la Côte-du-Sud. Sous la direction de Alain Laberge. Martine Côte, Diane Saint-Pierre, Jacques Saint-Pierre, Yves Hebert. 1993. Extrait.)

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