Le climat et l’environnement : Le climat est un autre facteur pouvant perturber l’environnement. Il ne faut pas confondre les fluctuations périodiques de courte durée (de quelques années à quelques siècles) avec les variations qui s’étendent sur plusieurs millénaires. Les années de mauvaise récolte étaient souvent dramatiques pour les populations européennes d’avant l’ère industriel et bien qu’elles réussissaient généralement à passer à travers une année désastreuse, la succession des disettes avait des effets dramatiques pour les paysans qui devaient souvent s’endetter pour subvenir à leurs besoins.
Les historiens du climat qualifient la période qui va du 15e au 19e siècle de « petit âge glaciaire ». Les séries météorologiques (température. précipitation) reconstituées à partir de sources diverses indiquent en refroidissement général du climat dans l’hémisphère nord. Les données relatives à la Nouvelle-France, que l’on peut glaner dans certains textes d’époque, indiqueraient un réchauffement du climat dans la première moitié du 18e siècle. Il y aurait eu ensuite un refroidissement très important des températures, qui aurait atteint son pont point culminant au début du dix-neuvième siècle.
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En fait, des froids intenses ont sévi en accident pendant on sévit en Occident pendant la période 1812-1817. La province de Québec a alors connu des dégel tardifs au printemps et des gelées précoces à l’automne (dès le 7 août, en 1815), qui ont ruiné les récoltes. Le gouvernement a dû adopté des mesures pour venir en aide aux habitants de plusieurs paroisses, en particulier sur la Côte-du-Sud. Cependant, il semble bien que ces années de misère aient été décisives pour les cultivateurs de la région, qui avaient produit jusque-là surtout du blé blanc.
Une équipe de chercheurs de l’université d’Orono a recueilli des données climatologiques sur l’état du Maine de 1780 à 1880. Ces informations révèlent que la saison de végétation était, à la fin du 18e siècle, de trois semaines plus courte qu’en 1945. Comme la Côte-du-Sud subit l’influencer des mêmes masses d’air que l’État américain qu’il borne au nord, on peut croire que ces données valent aussi pour notre région comme le démontrent certains témoignages produits à la commission d’enquête de 1816 sur les problèmes de l’agriculture au Bas-Canada.
Le climat et l’environnement
Un témoin mentionnait que le blé d’Inde venait rarement à maturité en bas de Sainte-Anne. Il croyait également que la dégénérescence de l’avoine n’était due au fait qu’elle était semée trop tard. C’est la raison pour laquelle on avait introduit une nouvelle variété à croissance plus rapide qui avait donné d’excellents résultats sur les sols riches de Saint-Thomas, Rivière-Ouelle et Kamouraska. Un autre témoin, un résidant de Saint-Thomas, un voté invoquait lui aussi la brièveté de la saison des végétation. Cependant il déplorait l’inadaptation au sols de la région de nouvelles variétés de blés à croissance rapide introduites au début de la décennie.
La nature, qui est le plus souvent l’alliée de l’homme, peut devenir une ennemie redoutable. Jusqu’à maintenant, ce dernier a réussi à se défendre avec assez de succès. En réalité, seules les accidents comme la foudre, la grêle, les bourrasques de vent le prennent au dépourvu. Mais l’homme ne fait pas que se défendre. Généralement, c’est lui qui est l’agent perturbateur.
Voir aussi :
Source du texte : Histoire de la Côte-du-Sud. Sous la direction de Alain Laberge. Martine Côte, Diane Saint-Pierre, Jacques Saint-Pierre, Yves Hebert. 1993. Extrait.