Abitibi-Témiscamingue

Rivières de l’Abitibi-Témiscamingue

Rivières de l’Abitibi-Témiscamingue

Quelques unes des rivières de la région de l’Abitibi-Témiscamingue

Rivière Loïs

La rivière Loïs prend sa source dans le lac du même nom situé sur la ligne de démarcation des cantons de Privat et d’Aiguebelle, passe dans le lac Duchat, son voisin à l’ouest, traverse un marécage et va se jeter dans le lac Macamic, à moins d’une trentaine de kilomètres au nord. Elle appartient au réseau hydrographique de la rivière Abitibi, tributaire de la Baie James. Sa pente faible – soit environ 30 mètres de dénivellation entre les lacs Loïs et Macamic – explique en partie son tracé très sinueux. Loïs est le prénom de la fille de John Rudolphus Booth, magnat de l’industrie forestière de la région de Hull (Gatineau) qui exploitait des territoires situés autour du lac Kipawa. Le nom de la rivière Loïs qui est devenu officiel en 1968, a toutefois servi, vers 1934, à désigner l’actuel hameau de Laferté implanté juste au nord du lac Loïs, précisément sous la forme Lac-Loîs. Avant la date d’officialisation, le cours d’eau avait porté.les noms de Molesworth et de Lartigue. Le prénom de la fille de cet industriel se retrouve également dans le lieu-dit de Lac-Loïs situé entre les lacs Loïs et Duchat et dans le hameau de Rivière-Loïs qui se rencontre sur la rive gauche de la rivière.

Rivière Chococouane

De sa source, dans le canton d’Esperey, à son point d’arrivée, le réservoir Dozois, ce cours d’eau parcourt une centaine de kilomètres, du nord-est au su-ouest, et il arrose la partie nord-est de la réserve faunique La Vérendrye. Le nom, connu au XIXe siècle, a paru sur plusieurs documents. Par exemple, la carte d’Eugène Taché (1870) mentionne R. Shesheinquanne et Albert Peter Law, dans son rapport de 1896, écrit Sho-sho-quan R.. Les deux éditions du Dictionnaire des rivières et lacs de la province de Québec (1914-1925) notent la « rivi;re Shoshokwan » et signalent que ce mot algonquin signifie « rivière où la glace craque. C’est aussi l’avis de Joseph-Étienne Guinard, en 1960 : Chochokwan, écrit-il vient des racines chocho, glissant, lisse et miwam, glace, verglas. La Commission de géographie, à sa réunion du 13 mars 1924, recommandait de changer la graphie Shohokwan en Chochocouane.

Rivière Dagenais

Cette rivière, d’une longueur de 25 km environ, prend sa source dans le marais Lefève, dans le canton de Poularies, coule en direction sud-nord, s’incurve est-ouest et se jette dans la baie Palmarolle, échancrure du lac Abitibi. La rivière Dagenais fait partie du territoire de la municipalité de Palmarolle, localisée à 50 km au nord-ouest de Rouyn-Noranda, en Abitibi. Cette entité hydrographique doit son nom à Joseph-Émile Dagenais, né en 1903, prospecteur minier dans la région de l’Abitibi durant les années 1920. L’appellation a été attribuée, à cette époque, par un ingénieur du nom de Habbergurgh. De leur côté, les Algonquins identifient ce cours d’eau par l’appellation d’Okanesiwi Sibi, c’est-à-dire rivière de l’achigan.

Rivière Kanasuta

La rivière Kanasuta relie les lacs Dasserat et Duparquet en Abitibi, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Rouyn-Noranda. Du sud vers le nord, elle coule tranquillement entre des collines, sautant quelques chutes et rapides pour atteindre la baie Kanasuta, après 25 km de trajet. Avant la colonisation de la région, la rivière constituait un jalon important de la voie d’eau passant par le lac Abitibi vers la baie James ; des sentiers de portage subsistent encore en certains endroits. Diverses expressions amérindiennes sont à l’origine du nom de ce cours d’eau. Le géologue Obalski signalait la rivière Kanasuta dans un rapport de 1907, mais écrivait Kamasuta sur sa carte. Les Algonquins l’appellent maintenant Kanisoteg Sibi, c’est-à-dire rivière aux trois rapides ; autrefois, selon Obalski, ils disaient Kamasuta Kamasuta Kamatwesing, qui se traduit par l’endroit où l’on entend un son, un bruit. Selon James White, dans la langue ojibway, Kanasuta signifie l’endroit où les diables dansent. En 1911, White désignait la colline qui surplombe le lac Dasserat au sud par Swinging Hills, toponyme résultant d’une traduction adaptée et demeuré officiel jusqu’en 1971. La colline s’appelle maintenant Mont Kanasuta ; sur son versant sud, haut de 500 m, un centre de ski a été aménagé, dans la municipalité d’Arntfield.

Rapide Kanasuta

C’est en Abitibi, dans la municipalité de D’Alembert, que se trouve le rapide Kanasuta. Cette rupture de pente de la rivière Kanasuta est située à environ 30 km au nord-ouest de Rouyn-Noranda. Kanasuta est une appellation d’origine algonquine ; elle illustre bien l’une des caractéristiques d’un rapide, car elle désigne l’endroit où l’on entend un bruit. Ce toponyme, répertorié depuis le début du XXe siècle, sert également à désigner une rivière, un mont ainsi qu’une baie et une pointe de terre situés dans le lac Duparquet.

Rivière Kekek

Tributaire de la Mégiscane, cette rivière d’une cinquantaine de kilomètres de longueur est situ.e à l’ouest du réservoir Gouin. Elle coule vers le nord à travers un terrain très arrosé, gorgé de marécages et de lacs de toutes formes et dimensions. Ce nom algonquin, fort original avec ses trois lettres « k » et formant un palindrome, a été noté en 1906 par Eugène Rouillard sous la forme Kekeksipi, de kekek, épervier et sipi, rivière.

Rivière Kipawa

Ce cours d’eau du Témiscamingue prend distinctement son origine en quittant la baie de Kipawa du lac Dumoine, dans le canton de Diéreville. Il coule vers le nord-ouest. Du lac Sairs, il reprend sa route nord-ouest et traverse une série de plans d’eau, dont le lac Kipawa. À partir du barrage de Laniel, à l’extrémité ouest de ce dernier lac, la rivière poursuit son cours sur une certaine distance vers le nord-ouest, bifurque encore vers le sus-ouest, descend la Grande Chute et atteint finalement son point d’arrivée, le lac Témiscamingue. De sa source principale à son embouchure, la Kipawa a ainsi parcouru une distance de plus de 160 km, zigzaguant dans une région riche en forêts. On retrouve d’ailleurs, en 1885, plusieurs chantiers le long de la rivière. Les bûcherons y coupent les arbres et se servent des courants pour expédier les billes plus en aval, dans le lac Témiscamingue. D’origine algonquine, ce nom, de même que celui de Kebawek Sipi relevé récemment, signifie rivière fermée.

Rivière Mégiscane

Ce cours d’eau, l’un des plus importants du territoire abitibien, prend sa source à l’ouest du réservoir Gouin, dans un très grand lac à la forme découpée de nombreuses baies et parsemé d’îles, le lac Mégiscane, d’une superficie de 41 km2. Après avoir serpenté dans plus d’une douzaine de cantons, alimenté entre autres par les rivières Assup, Attic, Macho et Tavernier, il termine sa course, vers le nord-ouest, dans le lac Parent, à environ 10 km au nord-est de Senneterre. La distance parcourue aura été d’environ 230 km. Son nom, comme celui du lac, dérivé de l’algonquin metshishkan ou mesiskine et signifie hameçon. La disposition des terres à l’embouchure de la rivière et sa solide réputation comme endroit privilégié de pêche à l’esturgeon, principalement au moyen d’hameçons, expliquerait cette appellation. Les Algonquins la nomment Pochodjekwajicik Sipi, rivière étroite et longue. Les Attikameks ont cependant baptisé ce cours d’eau Kamanto Sipi, rivière manitou, Kaoskiskaw Sipi, rivière aux cyprès (pins gris) ou Nimew Sipi, rivière à l’esturgeon. Sur une carte de la province de Québec (1898), on mentionne la rivière Mékiskan. Par ailleurs, une carte géologique (1935) retient le nom de Rivière Monet.

légend

Légende abitibienne. Photographie par Grandquebec.com.

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