Les eaux du Québec

Rivière Saint-Charles

Rivière Saint-Charles

Rivière Saint-Charles

La rivière Saint-Charles qui s’écoule du lac Saint-Charles est d’une longueur de 33 kilomètres et des centaines d’autres rivières québécoises sont beaucoup plus longues et importantes du point de vue économique ou environnemental. Pourtant, la rivière Saint-Charles a joué un rôle important dans l’histoire du Québec et c’est en bordure de ce cours d’eau que Jacques Cartier passa son premier hiver au Canada et Samuel de Champlain y a fait ériger les premiers bâtiments de Québec.

Le territoire drainé par la rivière Saint-Charles ou son bassin versant fait environ 530 kilomètres carrés. Il y habite plus de 350 000 personnes, concentrées dans la partie inférieure de la rivière (dans la ville de Québec, notamment). Les principaux tributaires du Lac ou de la Rivière Saint-Charles sont les rivières suivantes:

  • Rivière des Hurons
  • Rivière Jaune
  • Rivière Hibou
  • Rivière Nelson
  • Rivière du Berger
  • Rivière Lorette
  • Rivière des Commissaires
  • Rivière des Roches
  • Ruisseau du Valet
  • Ruisseau Savard

On compte dans le bassin 5 lacs d’importance soit le Lac Saint-Charles (d’une superficie de 3,6 kilomètres carrés, c’est une réserve d’eau potable pour plusieurs municipalités, dont Québec depuis 1834, année de l’inauguration du premier aqueduc de Québec), le Lac Beauport, le Lac Delage, le Lac Durand et le Lac des Roches.

Le réseau hydrographique de la rivière Saint-Charles est d’une longueur totale cumulée de 225 kilomètres de cours d’eau.

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Un héron pêche dans la rivière Saint-Charles. Photo © tous droits réservés Lorraine Drapeau.

Dans le bassin de la rivière se trouvent entièrement ou en partie les municipalités de Stoneham-Tewkesbury, Saint-Dunstan-du-Lac-Beauport, Sainte-Brigitte-de-Laval, Saint-Gabriel-de-Valcartier, Shannon et Lac-Delage, ainsi que le village de Wendake ou village des Hurons. De plus, la rivière Saint-Charles traverse la ville de Québec pour se jeter dans le Saint-Laurent. L’ensemble des arrondissements de la ville de Québec y sont présents.

On répertorie sur le territoire du bassin versant de la Saint-Charles: 20% de territoires urbanisés, 10% de terres agricoles, la forêt occupe environ 60% du territoire et les 10% restant sont couverts par des plans d’eau.

Le bassin comporte au total plus de 600 hectares de zones inondables, environ 400 hectares de marais et de tourbières et 900 ha de forêts sur tourbe.

Remarquons qu’à l’embouchure de la Saint-Charles les marées du fleuve peuvent atteindre jusqu’à 5,4 mètres d’amplitude et jadis c’était l’une des plus riches zones de marais intertidaux d’eau douce de l’estuaire du Saint-Laurent. Naturellement, aujourd’hui les marais ont entièrement disparu sous les infrastructures portuaires et autoroutières alors que l’embouchure de la rivière Saint-Charles, qui s’étalait sur plus de 800 m de largeur, est maintenant coincée au fond d’un canal portuaire de 110 m de largeur.

Notons finalement que d’après l’indice IQBP (l’indice de la qualité bactériologique et physicochimique la rivière Saint-Charles est classifiée comme une des cours d’eau les plus contaminés du Québec. L’indice IQBP représente la valeur cumulative de 10 descripteurs conventionnels de la qualité de l’eau: le phosphore total, les coliformes fécaux, la matière organique, la saturation en oxygène, l’ammoniac, les nitrites-nitrates, la chlorophylle, le pH, la turbidit. et les matières en suspension. L’indice reflète directement le descripteur qui présente la pire situation. Ainsi, la Saint-Charles est assez polluée d’après les données compilées par les autorités en fonction des valeurs de l’IQBP à la sortie du bassin versant.

Rivière Lorette

Ce cours d’eau sinueux porte le nom que le père jésuite Pierre-Joseph-Marie Chaumonot attribuait, en 1673, à la mission de Lorette établie pour les Hurons, près de Québec. La rivière Lorette prend sa source au pied des Laurentides, à l’ouest de Val-Bélair, et serpente à travers L’Ancienne-Lorette avant de rejoindre la rivière Saint-Charles aux Saules, quartier de la ville de Québec. Dès 1686, Robert de Villeneuve indique Rivière de Lorette sur une carte. Ce cours d’eau a aussi porté le nom de Ruisseau Lorette, parfois orthographié Laurette sur une carte. Ce cours d’eau a aussi porté le nom de Ruisseau Lorette, parfois orthographié Laurette ou L’aurette, et celui de Petite rivière Saint-Charles.

Origine du nom de la rivière Saint-Charles

D’une longueur d’environ 35 km, cette rivière, qui arrose la ville de Québec, prend sa source dans le lac Saint-Charles, au nord-ouest de la Capitale. Son cours très sinueux, s’attarde en méandres surtout dans la basse plaine avant d’atteindre le Saint-Laurent. Ce cours d’eau est connu sous l’appellatif Petite Rivière depuis au moins le tout début du XVIIe siècle. Il prit cependant le nom de Rivière Saint-Charles entre 1615 et 1625. Dans une lettre du 27 février 1621, Charles de Boves ou Desboues constate que la fondation du couvent des Récollets a été désignée sous le nom de Saint-Charles et se réjouit de voir cette fondation mise du même coup sous la protection du grand réformateur Saint-Charles Borromée. Le père Charles Lalemant écrit en 1626 : « la rivière sur laquelle eux (les Récollets) et nous sommes logés, s’appelle la rivière S. Charles, ainsi nommée quelque temps auparavant que nous vinssions.

Le couvent des Récollets, construit près de la Petite rivière, dont l’église est terminée et bénite le 25 mai 1621, a reçu le nom de Saint-Charles et on a attribué la même appellation au cours d’eau. L’historien Chrestien le Clercq précise en 1691 que « La Petite rivière était appelée Calbir Coubat par les Sauvaes, à raison des tours et retours qu’elle fait en serpentant, et des pointes de terres qu’elle forme : nos Pères lui donnèrent le nom de Saint-Charles, qu’elle conserve encore aujourd’hui en mémoire et à l’honneur de Monseigneur Charles de Bouès, ou de Boves, grand Vicaaire de Pontoise, Père et Fondateur de notre Mission. »

Des 1636, le récollet Sagard avait indiqué qu’une petite rivière que nous appelons de St. Charles et les Montagnais Cabirecoubat, à raison qu’elle tourne et fait plusieurs pointes. Selon « Le Foyer canadien », les Hurons appelaient ce cours d’eau Oriaouenrak, rivière à la truite. Le 14 septembre 1535, Jacques Cartier avait baptisé ce cours d’eau « rivière saincte Croix » parce qu’il arriva à « saincte Croix » – aujourd’hui Québec – le jour de l’Exaltation de la Saincte Croix. Ce cours d’eau est indiqué Rivière Saint-Charles sur les cartes de Champlain (1632) et de Bourdon (vers 1641), ce dernier inscrivant en plus Lac Saint-Charles pour la nappe d’eau à la source de la rivière.

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