Rivière Natashquan

Rivière Natashquan dans la Côte-Nord du Québec

La rivière Natashquan est un cours d’eau majeur de la Côte-Nord du Québec, reconnu à la fois pour sa taille, ses paysages sauvages et son rôle culturel auprès des peuples autochtones et des communautés locales.

La rivière prend sa source au Lac Blondel, près de la frontière Québec-Labrador. Elle s’écoule sur environ 378 à 410 km selon les sources. Elle coule alors vers le sud jusqu’à son embouchure dans le golfe du Saint-Laurent, près du village de Natashquan.

Son bassin versant est très vaste, couvrant plus de 16 000 km². Son débit moyen est d’environ 369 à 400 m³/s. Cela fait d’elle l’une des rivières les plus puissantes de toute la région de la Côte-Nord. La dernière section de la Natashquan, sur 18 km, forme un large estuaire sablonneux.

Toponymie et signification culturelle de la rivière Natasquan

Le nom de ce cours d’eau vient de l’innu-aimun « Nutahquaniu Hipu ». Il signifie « rivière où l’ours noir est chassé ». En fait, elle tient une place importante dans la culture innue pour la chasse, la pêche et la tradition orale. Cette rivière fait partie des paysages associés à des légendes et à la mémoire collective innue.

Biodiversité et usage récréatif :

La rivière Natashquan est réputée pour la pêche au saumon atlantique depuis le XVIIIe siècle. Elle comporte plusieurs fosses bien connues. La pêche sportive s’y pratique sur une cinquantaine de kilomètres gérés par la Pourvoirie Hipou, administrée par la communauté innue.

Le cours de la rivière traverse des vallées étroites sur un plateau du Bouclier canadien et présente des chutes impressionnantes et de vastes zones forestières, ce qui en fait un lieu apprécié des amateurs de plein air et de canotage.

Récemment, des expéditions en canot y sont organisées pour promouvoir la culture innue et faire découvrir la beauté naturelle de la rivière, comme l’a documenté la Société Mamuk en 2024.

Histoire et patrimoine de la Natashquan

Dès 1534, Jacques Cartier mentionne la région. Des postes de traite furent établis au XVIIIe siècle, en particulier pour le commerce de la fourrure avec les Innus. La Compagnie de la Baie d’Hudson y a tenu un poste important jusqu’au début du XXe siècle.

On connait le village de Natashquan, à l’embouchure, pour ses Galets (maisons de pêche traditionnelles) et son riche patrimoine acadien ainsi que ses liens autochtones.

Un projet de réserve de biodiversité de plus de 4 000 km² est en discussion. Ce projet vise à protéger le bassin de la rivière. Notamment pour préserver l’habitat du saumon atlantique et la biodiversité unique des lieux. Toute exploitation minière, forestière ou hydroélectrique y serait interdite au profit d’un tourisme durable et respectueux des traditions.

La rivière Natashquan allie ainsi la majesté d’un milieu naturel difficile d’accès, la richesse culturelle innue et acadienne, et une biodiversité remarquable, faisant d’elle l’une des grandes rivières sauvages du Québec.

Canton de Natashquan

Délimité à l’est et au sud par le cours inférieur et l’embouchure de la rivière Natashquan, qui a hérité du nom de la rivière, forme une étendue criblée d’innombrables petits étangs et lacs. Dans sa partie sud se trouve la réserve indienne de Natashquan. Le toponyme, qui évoque la casse à l’ours, est l’un des plus anciennement connus de la Côte-Nord.

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