Les eaux du Québec

Rivière Malbaie

Rivière Malbaie

Rivière Malbaie

La célèbre rivière Malbaie coule vers le sud-est sur une distance de 161 kilomètres, dans Charlevoix, sur une dénivellation de 820 mètres.

La Malbaie qui doit son nom à Samuel de Champlain, quitte les hauts sommets de l’arrière-pays, traverse les municipalités de Saint-Aimé-des-Lacs et de Clermont, pour se jeter dans le fleuve Saint-Laurent au niveau de La Malbaie. Le village de Rivière-Malbaie est situé d’ailleurs entre la ville de La Malbaie, Clermont et Cap-d’Aigle, de part et d’autre de la rivière.

La rivière s’impose comme voie de communication et de transport depuis la nuit des temps. Les Amérindiens, notamment les Montagnais du Saguenay, l’empruntent pour se rendre au Saint-Laurent. Ce sont d’ailleurs les Montagnais les premiers à pêcher le saumon avant l’arrivée des Européens.

Au XVIIIe siècle, la pêche au saumon devient un enjeu économique important et l’embouchure de la Malbaie est convoitée pour toutes sortes de pêcheries. Les pêcheurs de saumons sont attirés par cette rivière fort poissonneuse. Le seigneur John Nairne et ses amis y voient une activité fort appréciée des visiteurs, alors on attribue l’origine de la villégiature et du tourisme dans Charlevoix à cette activité sur la rivière.

Au XIXe siècle, alors la villégiature et le tourisme prennent une grande importance pour l’économie de Charlevoix. Le secteur de Snigolle fut à l’époque un haut lieu de villégiature, puis cessa d’être touristique au début du XXe siècle alors que l’activité industrielle autour de la chute Nairne se développa et les eaux de la rivière, soumises à l’activité industrielle, devinrent moins attrayantes pour les activités sportives et de loisir.

Jusqu’en 1987, la rivière fut utilisée pour le flottage du bois. Reconnue pour la beauté de ses panoramas, la rivière Malbaie fut redécouverte par les mordus de la pêche en tant que rivière à saumon dans les années 1990. La pêche au saumon atlantique est ouverte en aval du barrage de l’usine d’Abitibi Bowater située à Clermont. Une vingtaine de fosses à saumon ont été aménagées entre Clermont et la ville de La Malbaie, dont cinq offrent un fort potentiel de réussite et sont contingentées avec un nombre limite de perches. Près du cours d’eau,  des sentiers, tables et stationnements ont été aménagés.

Les saumoniers peuvent pratiquer la pêche à gué ou en canot. Sur une distance de 10 kilomètres, l’accès aux fosses se fait à partir des villes de Clermont et La Malbaie.

Au long du parcours, la rivière sillonne deux parcs nationaux, celui des Grands-Jardins et des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, renommés tous les deux pour l‘exceptionnelle beauté de ses paysages.

Le parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, est accessible depuis le village de Saint-Aimé-des-Lacs. Il constitue l’une des aires centrales de la Réserve mondiale de la biosphère de Charlevoix, statut octroyé par l’UNESCO.

Le parc est représenté par une vallée profonde en hautes montagnes qui présente des parois escarpées de plus de 700 mètres de hauteur. On y retrouve de nombreuses cascades et chutes dont la plus haute fait 160 mètres ainsi que de nombreux mammifères typiques de la forêt boréale dont la martre ainsi que le caribou des bois qui fréquente les sommets isolés du parc. Le parc enclave la réserve écologique des Grands-Ormes.

Une croisière commentée par un garde parc, sur la rivière Malbaie, dans le parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie. L’embarquement se fait du barrage, au coeur du parc, à 90 minutes de La Malbaie. Durée de la croisière est de une heure 30 minutes et la réservation est préférable.

Le rafting, un sport plutôt extrême, est organisé par l’entreprise écotouristique Descente Malbaie. La descente se déroule sur un parcours facile – rapides de classe I, II et III, permettant toute l’observation et la relaxation voulues. Au total, Descente Malbaie offre trois produits en rafting de plaisance: «nature aventure» en demi-journée; «pêche en rivière»: au pied des rapides, dîner aux abords de la rivière ou sur une île, découverte des meilleurs fosses pour la pêche à la mouche de la truite moucheté; et «escapade avanture»: deux demi-journées pour faire 18 kilomètres de rafting avec une nuit de camping.

Au nord-est de la rivière Malbaie, une route mène au Mont Grand-Fonds, centre de ski à caractère familial dont les caractéristiques complètent à merveille celles de son voisin Le Massif. Notamment reconnu par sa qualité d’enneigement naturel, le Mont Grand Fonds est également un site de choix pour la pratique de diverses autres activités hivernales.

Toponyme de Malbaie

Samuel de Champlain a nommé ce cours d’eau Rivière Platte (parfois orthographié Plate) ou Malle-Baye. Après la concession des seigneuries de Mount Murray et de Murray Bay, au milieu du XVIII siècle, certains résidents anglophones ont longtemps utilisé l’appellation de Murray River, mais avec le temps celle de Rivière Malbaie finit par s’imposer. C »est lors d’une mission sur les bords de cette rivière, au début des années 1930, que Monseigneur Félix-Antoine Savard a rencontré Joseph Boies, un draveur qui a fortement inspiré la création du célèbre personnage de Menaud, dans Menaud, maître-draveur, ouvrage publié sous ce titre en 1937.

Notons finalement qu’il existe une autre rivière Malbaie au Québec, située en Gaspésie.

L’Acropole des Draveurs

Le paroi l’Acropole des Draveurs est une expression poétique, créée par Félix-Antoine Savard, qui désigne depuis 1989 une paroi qui domine de plus de 800 mètres la vallée de la rivière Malbaie. Située sur le cran ouest de la montagne des Érables, elle fait face à un sommet, de l’autre côté de la rivière, le mont Félix-Antoine-Savord, dans le parc régional des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie. Propice à l’escalade, cette paroi évoquait pour l’écrivain les cités de la Grèce antique où on retrouvait sur une hauteur, citadelle et édifices importants : « puissante forteresse que je surnommai l’Acropole, parce que j’y élevai un Parthénon de rêve sur la frise héroïque duquel défilaient les grands draveurs… ». Le poème Salut à Charlevoix trace une fresque des être et des paysages de cette région; il fait partie du Bouscueil, recueil poétique paru en 1972, qui reprend les thèmes et le style propres à Savard, où la contempation se mêle à l’action.

En rendant ainsi hommage aux draveurs, c’est une tranche importante de l’histoire qu’on rappelle. Les draveurs étaient les ouvriers qui s’occupaient de diriger le flottage du bois dans la descente d’une rivière, au moment des crues liées à la fonte des neiges ou à la suite de l’ouverture des vannes des barrages spécialement construits pour accumuler des réserves d’eau visant à faciliter la drave en période d’étiage. Ce métier dangereux exaltait la fierté des hommes pour qui cette périlleuse activité marquait la fin d’un long hiver passé à bûcher en forêt. Répandu depuis environ un siècle au Québec, le mot draveur nous vient certes de l’anglais to drive. Il convient toutefois de signaler que Champlain employait déjà le mot driver en 1611, lequel était alors un emprunt à l’anglais to drive, signifiant être poussé par le vent, le courant, un agent naturel, comme le note Alain Rey dans son Dictionnaire historique de la langue française.

Origine du nom du parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie

On peut lire, sur le site Web du parc national des Hautes-Gorges de-la-Rivière-Malbaie : « Le parc national des Hautes-Gorges-de-la-rivière-Malbaie tire son nom de la présence de vallées profondément
découpées dans de hautes montagnes. Elles sont parmi les plus hautes parois depuis l’Est des Rocheuses. L’importance des dénivelés, la beauté des paysages et le tracé particulier de la rivière Malbaie font de ce site un lieu enchanteur au cœur du pays de Menaud, là, où le temps s’arrête. Ce parc national a le privilège d’être l’une des aires centrales de la Réserve de la biosphère de Charlevoix.

Chutes Saint-Georges

Les chutes Saint-Georges se situent à 4 km en amont de l’embouchure de la rivière Comporté, à Rivière-Malbaie, dans la MRC de Charlevoix-Est, soit à proximité des villes de Clermont et de La Malbaie. D’imposantes parois rocheuses de plus de 22 mètres s’élèvent de chaque côté des chutes, rendant le site fort spectaculaire. L’appellation Saint-Georges a d’abord été attribuée au rand dans lequel se trouvait ces ruptures de pente.

Un document cartographique datant de 1835 et représentant la seigneurie de Mount Murray comprend d’ailleurs l’inscription Concession St. George. Compte tenu du fait que cette carte a été tracée sous le Régime anglais et, malgré une orthographe différente, deux hypothèses convergentes pourraient expliquer l’attribution du toponyme : d’une part, il est possible qu’on ait voulu honorer la mémoire du roi George III, souverain de Grande-Bretagne et d’Irlande de 1760 à 1820, ou encore celle de son fils, George IV, héritier du trône et roi de 1820 à 1830 ; d’autre part, on a peut-être voulu souligner le courage de saint Georges, qui subit le martyre à Lydda en Palestine, au IV siècle, et qui, de patron de la chevalerie et des armes, fut consacré patron de l’Angleterre.

Rivière Comporté

Prenant sa source dans le lac Comporté, au pied du mont Grand Fonds, la rivière Comporté coule du nord au sud sur une distance de 15 kilomètres et se déverse dans la rivière Malbaie, à la hauteur de la municipalité de Rivière Malbaie, dans la région de Charlevoix. À moins de 2 kilomètres de son embouchure, les chutes Fraser viennent perturber son cours. Le nom de ce cours d’eau, qui paraît sur les cartes topographiques depuis le début du XXe siècle, rappelle Philippe Gaultier de Comporté (1641-1687), deuxième propriétaire de la seigneurie de La Malbaie en 1672. La concession prend alors le nom de son propriétaire. Subdivisée en 1762, elle sera connue par la suite sous les noms de Mount Murray et de Murray Bay. Ce cours d’eau est aussi connu localement sous le nom de Rivière du Grand Fonds.

Canton Fortin

Deux rivières et leurs petits tributaires irriguent ce canton situé à 20 km au nord-ouest de Percé : la rivière Malbaie qui débouche à Barachois-Ouest et la Grande Rivière Est, affluent de la Grande Rivière dont l’embouchure se trouve au sud, au lieu habité portant ce dernier nom. Presque toute la surface du terrain qui s’élève jusqu’à 563 m est entaillée par plusieurs petites vallées encaissées. On a désigné ce canton en l’honneur de Pierre-Étienne Fortin (1823-1888), médecin qui, avant de s’engager dans la vie politique comme député de la circonscription de Gaspé à Québec et Ottawa (1867-1887), s’était dévoué à la Grosse Îles lors de l’épidémie de typhus (1847-1848) et s’était occupé, comme magistrat, de l’application des lois sur les pêcheries pour le Bas-Saint-Laurent et les côtes du golfe du Saint-Laurent (1852-1867). Zoologiste amateur averti, il a rédigé plus de 80 descriptions d’animaux marins et d’oiseaux inventoriés dans ces régions, a fondé la section marine de la bibliothèque de l’Assemblée législative et a fait don à l’Université Laval de son musée zoologique. Fondateur de la Société de géographie de Québec, constituée juridiquement le 9 avril 1879, il en a été le premier président.

Rivière Malbaie

La chute du Ruisseau Blanc. Source de l’image : SEPAQ.

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