Les eaux du Québec

Rivière Grande

Rivière Grande

Rivière Grande

La rivière Grande, connue aussi comme rivière Chisasibi, dont le nom veut dire «grande rivière» en langue crie, est le second cours d’eau au Québec (après le fleuve Saint-Laurent) pour sa longueur. Elle coule sur plus de 900 kilomètres avant de se jeter dans la Baie James.

Le bassin de la rivière Grande couvrait 97 400 kilomètres carrés avant la réalisation des projets d’Hydro-Québec, commencés en 1974. De nos jours, le bassin de la Grande est d’environ 175 000 kilomètres carrés, suite aux interventions humaines sur le cours des rivières Eastmain et Caniapiscau (parfois, on écrit son nom Kanaaupscow) qui se jettent désormais dans la Grande, de même que les rivières Sakami, Opinaka, Pontois, Laforge et la Corvette.

Pendant plus de 150 ans, la Grande était désignée comme la rivière du Fort George. Cette appellation lui venait d’un poste de traite des fourrures établi à son embouchure en 1803 par la Compagnie de la Baie d’Hudson (ce poste fut fermé en 1824 et réouvert en 1837 sur l’île George, et c’est alors qu’il est baptisé Fort George).

Le village cri de Chisasibi est situé aujourd’hui près de l’embouchure de la Grande.

On envisage de rediriger la rivière Rupert vers la Grande dans le cadre de futurs projets de développement hydro-électrique. Cependant, après la mise en opérations des travaux de la Grande, environ 10% des terrains traditionnels de chasse et de piégeage des Cris de Chisasibi ont été inondés, et on a constaté des changements considérables dans la composition de la faune et de la flore locales. Ausssi ces nouveaux projets controversés devront-ils encore être approuvés par toutes les parties concernées (y compris la faune et la flore).

Historique de la Grande Rivière

D’orientation générale est-ouest et longue de 892 kilomètres, la Grande Rivière dont le bassin hydrographique couvre tout près de 100 000 kilomètres carrés, prend ses sources entre les réservoirs Manicouagan et Caniapiscau, à environ 140 kilomètres au sud-sud-ouest de ce dernier, et débouche dans le nord de la baie James à Chisasibi., soit à une centaine de kilomètres au sud de la pointe Louis-XIV.

Provenant d’abord du sud, les eaux du lac Naococane passent ensuite dans le lac Nichicun et Roundeyed avant d’arriver à la Grande Rivière proprement dite qui draine d’autres nappes d’eau à l’est, telle celle de Montviel.

En se dirigeant vers l’ouest, la rivière s’étale très largement à trois reprises pour laisser place aux réservoirs LG Quatre, LG Trois et LG Deux, capte du côté nord les rivières Laforge et Kanaaupscow et, du côte sud, notamment la rivière Sakami.

Depuis que la Grande Rivière a été aménagée en un vaste complexe hydroélectrique au cours des années 1970 et 1980, la configuration des réservoirs rend plus ou moins méconnaissable son parcours initial. Thomas Mitchell, responsable du poste de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson appelé Eastmain House et capitaine du sloop « Eastmain », entreprit un voyage d’exploration vers le nord en juillet 1744. Il passa près de la Grande Rivière – qu’il décrit dans son journal comme « une très belle rivière où nos Indiens du Nord prennent toutes leurs fourrures en hiver » – et en indique l’entrée sur une carte.

Le nom français de ce cours d’eau, utilisé au début du XXe siècle sur les cartes, apparaît dans le Répertoire géographique du Québec publié en 1969. Il résulte de la traduction partielle de Big River Post, désignation d’un poste de traite qui s’est substituée en 1807 à celle de Great River Post établi en 1803 par la Compagnie de la Baie d’Hudson.

La Grande Rivière a donc porté le nom de Big River du début du XIXe siècle jusqu’au suivant et celui de Fort George, à cause d’un autre poste de la Compagnie de la Baie d’Hudson établi en 1837 près de l’embouchure, nom qu’on retrouve sur les cartes, jusqu’aux années 1970. En langue crie, le nom de cette rivière est Tschishasipi et en inuktitut, Mailassikkut Kuunga ou rivière du groupe de Mailasi. Le segment à l’embouchure de ce cours d’eau et connu sous le nom cri d’Aauchikwaachikanaaniusich, « nous pêchons avec un hameçon et une ligne ».

Lac Aleyrac

Sis à moins de 10 kilomètres au nord du lac Capellière et à environ 30 kilomètres au nord du lac Laribosière et de la Grande Rivière, cette étendue d’eau du Nord-du-Québec, d’une superficie de 17 kilomètres carrés, située sur le territoire de la Baie-James, porte le nom d’un officier des troupes régulières françaises, Jean-Baptiste d’Aleyrac (1737-1796). À noter que la variante Alayrac a également pu être relevée par le passé. Membre de la noblesse provinciale, il s’enrôle comme volontaire dans le régiment de Languedoc en 1754 et se retrouve en Nouvelle-France l’année suivante. Il participe notamment aux victoires du las Saint-Sacrement (1755), du fort William Henry (1757) et du fort Carillon (1758). La nuit précédant la bataille des Plaines d’Abraham (12-13 septembre 1759), il signale à son supérieur, le chevalier de Marillac, le mouvement vers Québec des troupes britanniques, installées à Pointe-Lévy, et lui conseille d’avertir le marquis de Montcalm. Marillac n’en aurait cependant rien fait. Après la bataille de Sainte-Foy et la capitulation de Montréal en 1760, d’Aleyrac retourne en France et poursuit sa carrière militaire jusqu’en 1793. Lieutenant-colonel, il prend alors sa retraite par des raisons de santé. Il a laissé de son séjour en sol québécois des mémoires, publiés en 1935. Il porte dans son récit un jugement généralement favorable sur le pays et ses habitants.

Village de Keyano

Keyano est sis sur le bord d’un petit lac au sud de la Grande Rivière, à proximité de la centrale hydroélectrique LG-Quatre. Ce village isolé a été bâti pour remplacer le camp temporaire de maisons mobiles, érigé pour la construction du barrage LG-Quatre. Ces infrastructures servent essentiellement au logement des employés responsables du fonctionnement et de l’entretien de la centrale. Le toponyme a été officialisé en 1978, à la suite d’un concours tenu par l’Association des employeurs de la Baie-James qui s’adressait aux résidents et en consultation avec le Grand Conseil des Cris. Le mot Keyano signifie « chez nous » en cri.

Lac Giraudais

Le lac La Giraudais, situé au centre du territoire québécois dans une région de hautes collines, où les eaux se divisent entre le bassin de la baie James et celui de la baie d’Ungava, se décharge vers le nord-ouest dans le bassin de la Grande-Rivière. Il mesure 5 km de long sur 1,8 km de large et sa partie sud, de forme ovale, est séparée du reste par une grande presqu’île. Ce nom, adopté en 1959, évoque le dernier envoi de troupes françaises en Nouvelle-France, en 1760. Six navires étaient alors sous le commandement du capitaine François Chenard de La Giraudais, qui naviguait lui-même à bord du Machault. L’entrée du fleuve étant patrouillée par des navires anglais, La Giraudais dut se diriger vers la baie des Chaleurs, procédant à quelques prises chez les Anglais. Une bataille inégale s’ensuivit à l’embouchure de la rivière Ristigouche et la petite flotte française fut anéantie. Les secours attendus par Lévis après la victoire de Sainte-Foy n’atteindront jamais Québec et La Giraudais reçut l’ordre du gouverneur Vaudreuil de se soumettre aux dispositions de l’acte de capitulation de Montréal. Par la suite, en 1763 et en 1766. La Giraudais s’occupa, sous Bougainville, de deux expéditions françaises aux île Malouines où la France cherchait à établir une nouvelle colonie avec des soldats et des colons rapatriés de Nouvelle-France et d’Acadie.

Lac La Savonnière

Ce grand plan d’eau de près de 25 km de long se trouve dans le bassin de la Grande Rivière, dans le territoire de la région de la baie James. Il est traversé par la rivière La Salle, qui se dirige ensuite vers le lac du même nom, plus à l’ouest. Ses extrémités est et ouest sont parsemées d’îles aux dimensions variées ainsi que de baies étalées qui augmentent considérablement sa superficie. Le nom a été approuvé en 1945 par la Commission de géographie. Il rappelle un membre de l’expédition de Pierre Le Moyne d’Iberville à la baie d’Hudson en 1697. Le sieur de La Savonnière est venu de Plaisance (Terre-Neuve) pour participer à cette campagne ; il commandait 100 hommes qu’il a conduits sur son navire « L’Éveille ». Ce lac est aussi connu sous le nom cri Chinuukami, « lac long ».

Rivière Grande

Un barrage de près de 4 km de long retient le réservoir de La Grande 3 (photographie publiée avec la permission d’Hydro-Québec).

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