Rivière au Tonnerre dans la Côte-Nord
Marquée par la présence de nombreux rapides dans son cours supérieur, la rivière au Tonnerre coule en direction sud sur 85 km, à partir d’une zone montagneuse située à 6 km à l’ouest du lac Magpie. Après avoir arrosé la municipalité nord-côtière de Rivière-au-Tonnerre, qui se trouve à mi-chemin entre Sept-Îles et Havre-Saint-Pierre, ce cours d’eau se jette dans le Saint-Laurent, à 2,5 km à l’ouest de la pointe au Tonnerre. L’embouchure de cette rivière constitue un port naturel pour les petits embarcations, auquel on accède par un étroit chenal. À 5 km en amont de l’embouchure de la rivière, la chute au Tonnerre, haute d’environ 30 m, dont le bruit évoque ce phénomène atmosphérique, est liée au motif d’attribution du nom du cours d’eau.
Sur des cartes de Bellin (1744) et de Vaugondy (1755), les auteurs identifient la rivière au Tonnerre sous son appellation amérindienne, Ouchigouchipi. Le capitaine Carver, sur une carte de 1776, inscrit le nom Ouchigoush-ipi. On a également consigné la variante Uhukuhîû grâce à des recherches anthropologiques. Les Montagnais utilisent la dénomination Usuk Sipo pour désigner ce cours d’eau. Quelle que soit la forme graphique utilisée, la signification de ce nom d’origine montagnaise est « rivière aux becs-scie ». C’est une allusion au bec-scie à poitrine rousse (Mergus serrator). Il s’agit d’une espèce d’oiseaux fort répandue sur la Côte-Nord. Phénomène curieux, le spécifique Sheldrake se rattache au cours d’eau situé immédiatement à l’ouest de la rivière au Tonnerre. Il est l’équivalent anglais du mot bec-scie. Sur la carte de Bouchette fils (1853), on peut lire « Thunder R. ». Alors que sur celles de Taché (1870 et 1880), on voit indiqué « R. au Tonnerre ».
Source de l’image : Auteur Cephas. commons.wikimedia.org/wiki/File:Chute_Grand_Sault_Rivi%C3%A8re_au_Tonnerre.jpg.