Les eaux du Québec

Réservoir Gouin

Réservoir Gouin

Réservoir Gouin et ses environs

Avec ses multiples anses et pointes, le pourtour du réservoir Gouin, nommé en l’honneur de l’ancien premier ministre du Québec Lomer Gouin, s’allonge sur plus de 5600 kilomètres. Des pourvoiries y offrent leurs services aux amateurs de chasse et de pêche. Les Amérindiens qui demeuraient au bord du lac ennoyé ont déménagé, sur la rive nord du réservoir, leur village appelé Opitciwan en langue atikamekw. À une quarantaine de kilomètres su sud du réservoir, les villages de Parent et de Clova, faisant aujourd’hui partie de la ville de La Tuque, sont desservis par le train de VIA Rail qui se rende jusqu’à Senneterre en Abitibi (sur la route 113).

Canton Delâge

Les dernières modifications méridionales du réservoir Gouin constituées par le lac des Cinq Milles, ouvre la rivière de la Galerie et le lac Delâge, sont comprises dans ce canton dont le relief le plus élevé, à l’ouest, se situe à 640 mètres. C’est le nom de l’honorable Cyrille Fraser Delâge (1869-1957) qui identifie cette division géographique inhabitée. Connu surtout comme surintendant de l’Instruction publique (1916-1939), C. F. Delâge avait d’abord été choisi comme notaire de la Commission du havre de Québec et de plusieurs banques de cette ville avant d’être élu député libéral de la circonscription de Québec-Comté (1901 à 1912) à l’Assemblée législative et d’en être nommé vice-président (1909-1912), puis président, de 1912 à 1916. Sa participation à diverses associations et son engagement social ont été exceptionnels. Il fut, entre autres, membre du Comité catholique et protestant de l’Instruction publique, président du Bureau des écoles catholiques de Québec (1947-1957), président et directeur de la Société du parler français au Canada (1922-1924) et président de la Société de géographie de Québec de 1925 à 1940. Docteur en droit et en lettres de l’Université Laval (1908 et 1919), il obtint un doctorat honoris causa en pédagogie de l’Université de Montréal (1930) et un doctorat honoris causa en droit de l’Université d’Ottawa, en 1946.. Le nom de ce canton a paru dans « Nomenclature des noms géographiques de la province de Québec » en 1916, du vivant de la personne honorée.

Canton de Faguy

Le canton de Faguy se trouve près du réservoir Gouin à 130 km à l’ouest du lac Saint-Jean. Parmi ses principales étendues d’eau, les lacs à la Pluie, Faguy et Levasseur, qui communiquent entre eux, rejoignent au sud et à l’extérieur du canton l’une des plus longues ramifications du réservoir. Le lac à la Pluie s’étend près du plus haute sommet qui atteint 655 mètres, alors que les deux autres, entourés de petits marécages, s’inscrivent dans la partie la plus basse du terrain, à environ 410 mètres. François-Xavier Faguy (1853-1911) a été ordonné prêtre par monseigneur Alexandre Taschereau en 1879. Il a occupé les fonctions de professeur au Petit Séminaire de Québec (1879-1883), de vicaire à Charlesbourg (1883), à Saint-Jean-Baptiste (1883-1885) et à Saint-Roch (1885-1887), avant de devenir curé de Notre-Dame-de-Québec en 1888., probablement jusqu’à sa mort. En 1906, il était nommé prélat domestique. Le canton est indiqué comme une nouvelle dénomination, en 1916, dans le premier rapport de la Commission de géographie du Québec.

Canton de Fortier

Le canton de Fortier, signalé comme nouvelle dénomination en 1916, est situé au sud du réservoir Gouin, dans un milieu marécageux, très arrosé et mal défini. Néanmoins, on distingue de petits cours d’eau qui se frayent un chemin à une altitude approximative de 420 m, au nord, puis se dirigent dans le lacs Oskélanéo, qui se déverse à son tour dans le réservoir ; plus au sud, la rivière Fortier, qui prend sa source dans le lac Rivard est un lointain et faible tributaire du bassin hydrographique de la Gatineau. Le plus hat sommet de cette unité territoriale, qui ne compte que quelques constructions isolées en son milieu, atteint 625 m. Son nom a été attribué en l’honneur d’Alcée Fortier (1856-1914) historien né en Louisiane, professeur à l’Université de Tulane à la Nouvelle-Orléans. Délégué au Premier Congrès de la langue française tenu à Québec en 1912, il y prononça une conférence sur la Louisiane française. Il était président de la Société historique de la Louisiane et de l’Athénée louisianais.

Canton de Fréchette

Ce canton dont l’altitude varie entre 426 et 624 m, est situé entre le réservoir Gouin au nord et le village de Parent, implanté au sud le long du chemin de fer du Canadian National reliant la Mauricie et l’Abitibi. Par ses étendues d’eau situées au nord, il s relie immédiatement au réservoir Gouin et à la rivière Saint-Mauricie, alors que les lacs de l’Ours Blanc, Lorette et Noreau, au sud, le rattachent à la rivière Bazin, tributaire de la Gatineau qui a ses sources dans les parages. C’est le nom du poète Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) qui a été choisi pour désigner ce canton. Après son admission au barreau, en 1864, Fréchette décide soudainement de se rendre à Chicago où vivait son frère Achille et où il publiera en 1869 La Voix d’un exilé, violente charge contre le Parti conservateur. De retour dans son milieu lévisien en 1871, il est élu député libéral à la Chambre des communes (1874-1878), après avoir essayé un premier refus de la population en 1872. L’autre fonction publique qu’il accepta en 1889 fut celle de greffier du Conseil législatif. Mais il s’est illustré davantage comme poète et conteur que comme politicien. Toute son œuvre, notamment « Fleurs Boréales » et « La Légende d’un peuple » (1887) lui ont valu éloges, décorations et reconnaissance. Il fut le premier lauréat canadien de l’Académie française.

Canton de Hamel

Au sud du réservoir Gouin, ce canton, qui est arrosé par la rivière Ruban et, par le Saint-Maurice, fiat partie de la MRC du Haut-Saint-Maurice. Couvert de forêts et inhabité, ce territoire se trouve près de la voie ferrée qui relie Québec à l’Abitibi, au nord-ouest du hameau de Sanmaur. Le nom Hamel évoque un peintre né à Sainte-Foy, Théophile Hamel (1817-1870). Élève d’Antoine Plamondon principalement à Rome mais aussi à Venise, Paris et Anvers, entre 1843 et 1846. Installé par la suite à Québec, il se spécialisera dans le portrait, genre auquel il a consacré plus de 2 000 tableaux. Le premier rapport de la Commission de géographie mentionne ce canton en 1916, précisant qu’il s’agit d’une nouvelle dénomination.

Baie Kikendatch

La baie Kikendatch correspond à l’extrémité de la ramification la plus orientale du réservoir Gouin, source principale du Saint-Maurice. Fermée au sud-est par le barrage Gouin, elle compte une quinzaine d’îles et dessine un contour riverain capricieux, à l’instar des autres parties du réservoir. L’identification de cette baie par le spécifique Kikendatch – écrit Kirkendatch dans l’introduction de la Description des cantons arpentés… (1889) – est le transfert du nom du poste de traite qui avait été établi à 20 km au nord-ouest du barrage Gouin. Ce poste, identifié en 1832 sur la carte d’Arrowsmith intitulée British North America, a été désigné en 1840 comme centre des missions du Haut-Saint-Maurice par le curé de Yamachiche, Sévère-Nicolas Dumoulin (1793-1853), premier missionnaire, en 1837, à visiter la population des Attikameks depuis le voyage du père Jacques Buteux en 1651. Jean-Baptiste Perrault parle de Kikèndâche pour l’année 1806 dans son journal et l’un de ses croquis indique un lac Kikèndatche. Selon le père Georges Lemoine, ce toponyme Georges Lemoine, ce toponyme est d’origine algonquine et signifie là où est la chaudière et désigne un endroit du rivage où le rocher est creusé en forme de chaudière. Variante : Baie Martel.

Canton de Lagacé

Arrosé par plusieurs cours d’eau, notamment par quelques affluents du cours supérieur de la Pascagama, ce canton est situé à une vingtaine de kilomètres au nord du réservoir Gouin et se rattache à la MRC du Haut-Saint-Maurice. Dénommé avant 1921, il évoque Pierre Lagacé (1830-1884), prêtre qui fut d’abord professeur et supérieur du collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière avant de devenir principal de l’École normale Laval, à Québec. On lui doit des Chants d’église en usage dans la province ecclésiastique de Québec (1860) et un Cours de lecture à haute voix (1875).

Canton Leblanc

Au-sud est du réservoir Gouin, se trouve le canton de Leblanc, à quelque 150 km à l’ouest de Roberval. Une multitude de nappes d’eau baignent son territoire, en particulier les lacs Leblanc et Motard. Ce toponyme, qui était déjà officiel en 1921, rappelle Pierre-Évariste Leblanc (1853-1918), né à Saint-Martin, aujourd’hui la ville de Laval. Admis au Barreau du Québec en 1876, il sera créé conseiller de la reine 1899. De 1884 à 1908, il fut député de Laval à l’Assemblée législative du Québec et lieutenant-gouverneur du Québec de 1915 à 1918. Vers la fin de sa carrière, il est créé commandeur de l’Ordre de Saint-Michel et de Saint-Georges, puis chevalier de l’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem.

Canton le May

Ce canton, désigné sous la forme Lemay peu avant 1920, se trouve au centre du réservoir Gouin à environ 200 km à l’ouest de Roberval et à quelques kilomètres au sud de la réserve indienne d’Obedjiwan. Son nom, dont la graphie fut modifiée en 1983, évoque l’écrivain Pamphile Le May (1837-1918), né à Lotbinière. Ayant interrompu ses études de droit, il se rend en Nouvelle-Angleterre pour y apprendre l’anglais, travaille quelque temps comme commis de magasin à Sherbrooke, s’inscrit au Grand Séminaire d’Ottawa et, après avoir repris ses études, est finalement admis au barreau en 1865. De 1867 à 1892, il sera bibliothécaire de l’Assemblée législative du Québec qui sera désignée Bibliothèque Pamphile-Le May en 1980. Retiré à Deschaillons, il poursuit sa carrière d’écrivain, encouragé notamment par les Joly de Lotbinière qui passent l’été à leur manoir de Pointe-Laton. Son œuvre comprend deux importantes traductions, celle du long poème de Longfellow, Évangéline (1870), et celle du Chien d’or (1884) de William Kirby. Parmi son œuvre abondante renfermant romans, contes, nouvelles et pièces de théâtre, on retient surtout la poésie : Les Gouttelettes (1904), Les Épis (1914) et Reflets d’antan (1916).

Canton de Lindsay

Sis à quelques kilomètres à l’est du réservoir Gouin, le canton de Lindsay, arrosé par la rivière Wapous, est baigné par plusieurs petits plans d’eau dont les principaux sont les lacs Wapous, du Trappeur, Fraser et Lindsay. Signalé comme nouvelle dénomination en 1916, le canton fut désigné en l’honneur de monseigneur Lionel-Saint-Georges Lindsay (1849-1921). Prêtre en 1875, il est nommé professeur au collège de Lévis (1875-1883). Après des études doctorales en philosophie et n théologie à Rome, il revient au collège de Lévis (1885-1893) où ils sera directeur des élèves et préfet des études. Passé à l’administration diocésaine, il occupera par la suite diverses fonctions dont celles de secrétaire-dactylo et de secrétaire-archiviste à l’archevêché de Québec. Il est l’auteur de Pèlerinages d’outre-mer (1890).

Canton de Marmette

C’est au centre du réservoir Gouin, dans le secteur du lac Marmette, que se trouve ce canton ; son nom commémore le romancier québécois Joseph Marmette (1844-1895), originaire de Saint-Thomas-de-Montmagny. Après des études au Séminaire de Québec et au Regiopolis College de Kingston, en Ontario, il fut, en 1880, agent d’immigration au service du gouvernement canadien, ce qui lui donna l’occasion de séjourner en France et en Suisse jusqu’en 1884. Nommé directeur adjoint des Archives du Canada, il profitera de d’autres séjours à Londres et à Paris pour rassembler des documents sur l’histoire canadienne et en assurer la transcription. Gendre de l’historien François-Xavier Garneau, dont il avait épousé la fille en 1860, Marmette a de plus laissé une œuvre romanesque assez importante, largement inspirée des événements et des personnages de l’histoire canadienne. Membre fondateur de la Société royale du Canada, en 1882, il a publié également quelques textes dans les Mémoires de cette académie. La récente dénomination de ce canton est mentionnée en 1916 dans Nomenclature des noms géographiques de Québec.

Canton McSweeney

Très largement inondé par les eaux du réservoir Gouin, à quelque 210 km au nord-ouest de La Tuque, ce territoire cantonal se rattache à la MRC du Haut-Saint-Maurice. Comme ses voisins dénommés Magnon, Toussaint et Lacasse, McSweeney rappelle aussi un ancien professeur de l’École normale Laval de Québec. Daniel McSweeney, qui, en 1857, avait épousé Brigit O’Byrne dans la paroisse de St.Patrick de Québec, fit carrière dans l’enseignement puis devint professeur à l’École normale Laval de 1864 à 1887. Le nom du canton paraît, en 1921, dans Noms géographiques du Québec.

Canton Montpetit

Dans une zone inhabitée et parsemée d’un grand nombre de lacs, ce canton se situe au sud du réservoir Gouin. Il est traversé par la voie ferrée du Canadien National qui conduit vers La Tuque. Cette appellation, choisie en 1915, rappelle André-Napoléon Montpetit (1840-1898), avocat, journaliste et homme de lettres. Il est le père d’Édouard Montpetit (1881-1965), sociologue et économiste. Après des études au collège de Saint-Hyacinthe, il est admis au bureau en 1862. Il abandonne très vite la pratique du droit et s’oriente vers le journalisme ; il collabore notamment à L’Opinion publique, à La Presse et au Journal de l’Instruction publique dont il fut le secrétaire. Auteur de contes inspirés de l’histoire et des traditions canadiennes ainsi que d’un ouvrage intitulé Louis Riel à la Rivière-du-Loup (1885), Montpetit a rédigé une Histoire des Hurons de Lorette, publiée dans L’Opinion publique. Les Hurons le surnommèrent Ahatsistari, « celui qui n’a pas peur ».

Canton de Perrier

À 120 km au sud-ouest de Chibougamau et à 15 km au nord du réservoir Gouin s’étend le canton mauricien de Perrier, traversé en entier par la rivière Toussaint et baigné notamment par les lacs Larouche, Perrier et du Visiteur. Publié dès 1916 dans « Nomenclature des noms géographiques de la province d Québec » de la Commission de géographie, le nom de ce canton honorait l’abbé Philippe Perrier, « ancien visiteur des Écoles catholiques de Montréal ». Né à Saint-Valentin, Louis-Philippe Perrier (1870-1947) allait devenir prêtre sulpicien puis, après avoir obtenu un doctorat à Rome, devait enseigner quelques années au Grand Séminaire de Montréal. On le trouve par la suite curé de la paroisse de Saint-Enfant-Jésus, puis aumônier diocésain des sociétés Saint-Vincent-de-paul, président du Comité des fondateurs de l’Église canadienne et, enfin, à partir de 1940, vicaire général du diocèse de Montréal.

Canton de Poisson

À 30 km au nord du hameau de Clova, en Abitibi, se trouve le canton de Poisson, baigné dans son secteur est par les baies Adolphe-Poisson et Mattawa, extensions du réservoir Gouin. La rivière Mégiscane traverse du sud au nord la partie ouest de ce territoire. Cette appellation paraît dans la nomenclature des noms géographiques en 1921. Joseph-Adolphe Poisson (1849-1922), né à Gentilly (lieu compris aujourd’hui dans la ville de Bécancour), est admis au barreau en 1873. Monseigneur Camille Roy (1940) écrit que Poisson était « fonctionnaire à Arthabaska, où depuis 1874 il exerça l’emploi de receveur à l’enregistrement… » Poisson publie des poèmes et des contes dans différents journaux et fait paraître quatre recueils de poésie : « Chants canadiens à l’occasion du 24 juin 1880, Heures perdues (1894) ; Sous les pins (1902) et Chants du soir (1917). Des cantons voisins portent aussi des noms d’écrivains : Hanotaux, Crémazie, Sulte en particulier.

Canton Provancher

Le territoire de ce canton de l’Abitibi s’étend à une trentaine de kilomètres au sud-ouest du réservoir Gouin et à environ 15 km au nord-ouest d’Oskélanéo. Il est arrosé par la rivière Flapjack qui le traverse du sud au nord. L’abbé Léon Provancher (1820-1892), né à Bécancour dans un village alors nommé Cournoyer, a su collectionner et nommer nos plantes et constituer un herbier de grande importance. Vicaire et curé de 1844 à 1869, il a fondé en 1868 la revue « Le Naturaliste canadien » dont la publication se poursuit toujours sous les auspices de l’Université Laval. L’abbé Provancher a publié de nombreux travaux sur l’agriculture, l’ornithologie et la botanique et, tout particulièrement, une « Flore canadienne » (1862) en deux volumes ornés de plus de 400 gravures sur bois. En raison de son mauvais état de santé, ce naturaliste a vécu retiré à Cap-Rouge à partir de 1872.

Canton Crémazie

Dans le réservoir Gouin, ce canton inhabité dont la surface en eau équivaut à celle de la terre ferme est constitué d’îles et de presqu’îles. L’altitude y est d’environ 420 m. Le nom qui l’identifie est celui d’Octave Crémazie (1827-1879), né à Québec, libraire, poète, l’un de fondateurs de l’Institut canadien, à Québec, en 1847. À la suite d’une histoire de billets qu’il avait contrefaits pour payer des créanciers, le poète a dû s’exiler en France en 1862, où il vécut les seize dernières années de sa vie sous le nom de Julies Fontaine. Il est mort au Havre, âgé de 52 ans, isolé et pauvre. Poète inégal, il s’est révélé, en revanche, un excellent prosateur dans le Journal du siège de Paris, récit de la Commune de Paris (1870). Ses Oeuvres complètes ont été publiées à Montréal en 1883. Le nom paraît en 1921 dans « Noms géographiques de la province de Québec ». Non proclamé.

Canton Dubois

Situé entre le réservoir Gouin et la réserve faunique Ashuapmushuan, à la hauteur de Dolbeau, le canton de Dubois est irrigué par des affluents de ce réservoir et par quelques lacs dont les plus importants, au nord, sont appelés Dubois et Terminal. Bien qu’inhabité et couvert de forêts, il contient deux segments de routes secondaires, l’un venant de l’ouest qui longe le réservoir Gouin, l’autre du sud-est et rattaché au réseau qui conduit à la route principale menant de La Tuque au lac Saint-Jean. Cette division géographique porte le nom de l’abbé Nazaire Dubois (1869-1955), reçu docteur en théologie, à Rome, en 1897. De retour à Montréal, il a exercé son ministère à plusieurs endroits, notamment comme assistant-principal, en 1898, et principal de l’École normale Jacques-Cartier, de 1901 à 1913. Le nom de ce canton a paru dans Nomenclature des noms géographiques de la province de Québec, en 1916, du vivant de la personne honorée.

Canton de Girouard

Situé entre Senneterre et le réservoir Gouin, ce canton appartient au réseau hydrographique de la rivière Nottaway auquel il est relié par le lac Valets à l’ouest, la rivière Capousacataca au centre, affluent de l’importante rivière Mégiscane qui l’irrigue d’ouest en est.  C’est en l’honneur de Désiré Girouard (1836-1911) que cette unité territoriale inhabitée a été nommée. Avocat admis au Barreau du Québec en 1860, il a été député de la circonscription de Jacques-Cartier à la Chambre des communes (1878-1895), juge à la Cour suprême du Canada (1895-1911) et haut fonctionnaire dans l’Administration fédérale en 1910. Homme de lettres, il a rédigé des ouvrages concernant surtout le droit, la généologie, l’histoire et la géographie. Le nom de ce canton est signalé comme nouvelle dénomination en 1916, dans le premier rapport de la Commission de géographie.

Canton Hanotaux

Situé à l’ouest du réservoir Gouin, ce canton du nord de la Mauricie est couvert de forêts et partiellement baigné par la baie Plamondon. Il a été désigné pour souligner la participation de l’académicien Gabriel Hanotaux (1853-1944) au Premier Congrès de la langue française qui s’est tenu à Québec en 1912. Président à cet occasion de la délégation Champlain, composée de plusieurs personnalités françaises, homme politiques et gens de lettres, Gabriel Hanotaux avait alors déjà connu une prestigieuse carrière. Archiviste paléographe, il avait été professeur à l’École des hautes études avant de devenir attaché aux Affaires étrangères et d’accomplir à ce titre plusieurs missions diplomatiques, notamment à Constantinople. Député d’Aisne (1886), il sera ministre des Affaires étrangères de 1894 à 1898 et se consacrera par la suite à ses travaux d’historien. Spécialiste de Richelieu et de l’histoire égyptienne, Hanotaux a dirigé entre 1920 et 1929, la publication d’une monumentale « Histoire de la nation française » dont le premier tome renferme l’importante « Géographie humaine de la France », rédigée par Jean Brunhes. De 1930 à 1934, il publiera, en collaboration, une « Histoire des colonies françaises et de l’expansion de la France dans le monde, ouvrage où le Canada et le Québec occupent une bonne place. Le premier rapport de la Commission de Géographie de Québec (1916), « Nomenclature des noms géographiques de la province de Québec » signale la dénomination récente de ce canton.

Canton de Lacroix

Ce canton de la région administrative de la Mauricie s’étend à 35 km au nord-ouest du réservoir Gouin. Le toponyme rappelle depuis 1920 la mémoire d’un enseignant et administrateur scolaire, A.-D. Lacroix. Instituteur à Montréal à partir de 1856, il devient, en 1860, professeur à l’académie Sainte-Marie, connue plus tard sous le nom de l’académie Montcalm. Après avoir rempli diverses fonctions administratives, il sera nommé en 1904 directeur général de la Commission des écoles catholiques de Montréal, poste qu’il occupe jusqu’à son décès survenu en 1908. Le rapport intitulé « Noms géographiques de la province de Québec » signalé en 1921, la dénomination récente de ce canton.

Réservoir Gouin
On lui avait toujours affirmé qu’une bonne mémoire était un atout dans la vie, mais lui en avait trop. (Marivaux Le jeu de l’amour et du hasard.) Photographie de Megan Jorgensen.

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