Les eaux du Québec

Presqu’îles au Québec

Presqu’îles au Québec

Presqu’îles au Québec : Définition et quelques presqu’îles des plus connues

Le mot, descriptif en soi, n’exige pas de définition élaborée. À une autre échelle, une péninsule est une presqu’île de plus grandes dimensions. D’ailleurs la racine étymologique paeninsula vient de la contraction de paene (presqu) et d’insula (île).

Presqu’île Castle

Sur la côte est de la baie d’Hudson, à 125 km au nord du village cri de Whapmagoostui. Le Goulet, étroit chenal d’accès au lac Guillaume-Delisle, est longé au nord par les versants abrupts d’un massif cambrien dont les contours pédonculaires forment une presqu’île, de 8 km de longueur environ, en direction du lac. Ces rochers, décrits par Albert Peter Low en 1896, n’étaient alors apparemment pas nommés Des explorateurs les ont sans doute appelés Castle par la suite, en raison de leur pourtour escarpé et de leur position stratégique, éléments caractéristiques du site des châteaux fortifiés d’autrefois.

Presqu’île Des Groseilliers

Presqu’île de la rive occidentale du lac Mistassini, considérable nappe d’eau douce de la municipalité de Baie-James. De configuration circulaire mais irrégulière, l’étendue de terre marécageuse a une superficie de 3 km2. Jacques Ruisseau, ethnologue et biologiste, a proposé le nom de cette entité géographique, en 1955, afin d’honorer la mémoire de l’explorateur Médard Chouart Des Groseilliers (1618 – vers 1696). Arrivé en Nouvelle-France, probablement en 1641, on le retrouve en Huronie en 1646. Associé à son beau-frère Radisson, Des Groseilliers pratique le commerce des fourrures et se rend jusqu’à la baie d’Hudson. À proximité de cette presqu’île se trouve l’île Chouart et la baie

Presqu’île de Penouille

En plus de la presqu’île, la désignation Penouille s’applique à une baie, à un hameau, ainsi qu’à une pointe de la rive nord de la baie de Gaspé. D’après une carte des archives de la Marine intitulée Baie de Gaspé (1750), le versant nord du havre de Gaspé s’appelait « Banc du N.O. » En 1765, l’arpenteur John Collins, à la demande du nouveau gouvernement colonial, identifiera la presqu’île de Penouille située aux coordonnées actuelles, par le mot « Peninsuala », qui deviendra « Peninsula » sur les cartes de H. W. Bayfield à partir de 1832. L’appellation Peninsula, qui figurait encore sur la carte du canton de Baie-de-Gaspé-Sid en 1897, sera ensuite traduite par « Peninsule » et apparaîtra sur les cartes régionales jusqu’en 1940, alors que la dénomination Penouil semble appliquée pour la première fois à cet accident géographique, probablement par la Commission de géographie d’alors. L’identification très tardive de cet accident géographique par Penouil (Penouille depuis 1974), qui serait un mot basque ancien signifiant « péninsule », est d’autant plus surprenante, que le nom Penouille, attesté depuis 1732 dans la correspondance émanant du fonds de la Marine (Archives nationales de France), ne lui a jamais été attribué. De même, au milieu du XVIIIe siècle, il ne s’est pas davantage imposé à la barre de Sandy Beach – ainsi nommée sur les cartes de Bayfield à partir de 1832 = lors que c’est à l’ouest de cette barre que les gros navires pouvaient mouiller à l’abri, et non dans l’actuelle baie de Penouille qui n’est accessible qu’aux canots. Dès 1746, M. de Laubinierre, sur sa carte intitulée Idée de la Baye de Gaspé, identifiait très clairement la barre de Sandy Beach par le mot Penouille et levait toute ambiguïté en spécifiant ceci : « Il y a en cet endroit une batture de sable et gravier qui vient du sud et ne laisse pour chenal qu’un tiers de lieue. Il se forme au-dessus de cette baye un bassin qu’on nomme Penouille, aillant 3/4 de lieue en tout sens. » « Fond de Penouille » figure aussi à l’emplacement du havre sur une carte de Lange (1773).

Presqu’île Rousseau

Dans son article « La cartographie de la région du lac Mistassini : Essai bibliographique » (1949), le botaniste et ethnologue Jacques Rousseau remerciait entre autres Georges Côté pour sa collaboration. Une presqu’île, par la suite, a été nommée au lac Mistassini, sur la route 167 en l’honneur de cet arpenteur.

Grande-Presqu’île

Le parc national de Plaisance, aménagé sur la rive nord de l’Outaouais (route 148), occupe une large partie d’une longue presqu’île qui prend la forme de deux pinces de part et d’autre de la baie Parisien. En empruntant le chemin de la Grande-Presqu’île, les visiteurs peuvent se rendre au sentier du même nom (long de neuf kilomètres) et près de la zone dite des Étangs, très fréquentée par la sauvagine.

Presqu’île Michel-Laure

Comprise dans les limites de la municipalité de Baie-James, la presqu’île Michel-Laure est localisée sur la rive sud du lac Albanel, nappe d’eau contiguë au lac Mistassini. Cette étendue de terre est baignée à l’ouest par le détroit Opapouchka et à l’est par la baie Vaillant. Le toponyme honore la mémoire de Pierre-Michel Laure (1688-1738), jésuite missionnaire au Saguenay, cartographe et auteur d’une grammaire et d’un dictionnaire montagnais. La Commission de géographie a adopté, en 1963, ce toponyme soumis par l’ethnobotaniste Jacques Rousseau, en 1945.

Presqu’île Louis-Jolliet

Petite presqu’île de 1 kilomètres de longueur située sur la rive occidentale du lac Mistassini et relevant du territoire de la baie James. Son appellation, proposée en 1945 par Jacques Rousseau, évoque le souvenir de Louis Jolliet (1645-1700), explorateur et cartographie, découvreur du Mississippi. En 1679, il était chargé d’aller reconnaître les régions qui s’étendent du Saguenay à la baie d’Hudson. En compagnie du père Silvy et de quelques Canadiens, Joliette effectua sa mission en passant par le Saguenay, le lac Saint-Jean, la rivière Péribonka, le lac Mistassini et la rivière Rupert. Pour revenir, il semble avoir pris la route de la rivière Mistassini jusqu’au lac Saint-Jean.

Péninsule du Dauphin

Dans la partie sud-est du territoire de la municipalité de Baie-James, les eaux des lacs Mistassini et Albanel sont séparées par la péninsule du Fort Dorval, à l’ouest, et par la péninsule du Fort Dorval, à l’ouest, et par la péninsule du Dauphin, à l’est. Un étroit chenal perturbé par des rapides permet le passage entre les deux avancées de terre. Grande masse de terre surélevée de 40 km de longueur, au littoral fortement échancré, la péninsule du Dauphin est parsemée de petites nappes d’eau et de cours d’eau. La Carte du Domaine en Canada dédiée à monseigneur le Dauphin, dressée par le jésuite Pierre-Michel Laure en 1731, indique Lac Dauphin pour identifier le lobe sud du lac Albanel. À la suite de l’étude sur les noms géographiques du lac Mistassini effectuée par Jacques Rousseau, la Commission de géographie a accepté le toponyme Péninsule du Dauphin pour cette langue de terre, en 1945. Le père Laure avait dédié cette nappe d’eau à monseigneur le Dauphin, l’héritier présomptif de Louis XV (1710-1774), soit Louis, dauphin de France, né à Versailles en 1729 et décédé à Fontainebleau en 1765. Ce dauphin qui ne régna pas, étant décédé avant le roi, a été le père des rois Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

Il plongea une dernière fois son regard dans les gravures, incompréhensibles pour lui, ne pouvant se défendre d’une certaine fascination pour cet objet. (Ugo Bellagamba L’Apopis républicain). Une presqu'île. Photographie de Megan Jorgensen.
Il plongea une dernière fois son regard dans les gravures, incompréhensibles pour lui, ne pouvant se défendre d’une certaine fascination pour cet objet. (Ugo Bellagamba L’Apopis républicain). Une presqu’île. Photographie de Megan Jorgensen.

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