Pointe Platon sur le territoire de Sainte-Croix
Pointe Platon. Orienté franc nord, cet accident géographique constitue la fine extrémité de l’importante avancée de terre qui, au sud, infléchit le cours du Saint-Laurent et l’oblige à un virage abrupt vers le sud-est, entre les municipalités de Lotbinière et de Sainte-Croix. Cette langue de terre était déjà connue sous le nom de Sainte Croix lorsque Champlain s’y arrêta en 1603. Elle portait cette appellation parce que les rares prédécesseurs de Champlain avait cru, à tort, que Jacques Cartier s’y était installé en 1535, plutôt qu’à Québec.
Le nom de Sainte-Croix n’est pas disparu par autant, car il entre dans la composition du toponyme Platon Sainte-Croix, depuis l’année de la concession de la seigneurie de Sainte-Croix (1637) jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, où commencent à paraître les noms Platon ou Le Platon, respectivement sur la Carte générale des paroisses et missions… (1750) ou sur celle du sieur d’Anville (1755).
En 1815, Joseph Bouchette apporte à cette désignation un important changement toponymique en écrivant Pointe du Platon et en faisant de Platon, jusqu’alors utilisé comme générique, un spécifique, et en apposant le générique Pointe, probablement parce que ce mont était plus compréhensible que Platon notamment pour les navigateurs.
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Il n’en reste pas moins que, depuis lors, ce toponyme se composé de deux termes génériques. La forme notée par Joseph Bouchette se mue ensuite en celle, plus courte, de Pointe Platon. On l’a attribuée au bureau de poste en 1851. Pourtant, avec la graphie anglaise Point.
La forme Pointe-au-Platon a paru en 1969 dans le Répertoire géographique du Québec. Puis sur les cartes topographiques subséquentes. On relève le mot « platon » en Normandie dans le sens de clairière, petit pré. Il semble que ce mot restait assez répandu à l’époque de la Nouvelle-France. L’ingénieur Jean Bourdon l’emploie sur sa carte dressée vers 1641. Elle s’intitulait Carte depuis Kebec Jusqu au Cap de Tourmente. On y identifiait le Petit Cap, près de Saint-Joachim, lorsqu’il écrit : « planton qui est auprès des prairies ».
Le père Potier a donné ensuite la définition. Il a entendu le mot à Niagara en 1744 : « endroit plat sur les écors ». Cette définition s’applique bien au platon de Sainte-Croix. Notamment du côté-est, où la falaise, continue et plus abrupte que sur le flanc ouest, appartenait, à l’origine, à la seigneurie de Sainte-Croix. L’ancienne propriété des Joly de Lotbinière, acquise par le gouvernement du Québec en 1973. Sise sur un terrain de la seigneurie de Sainte-Croix. Elle porte le nom officiel de Domaine Joly-de-Lotbinière depuis 1985.
Image : Réserve écologique de Pointe-Platon. Source de l’image : auteur Flarambert. commons.wikimedia.org/wiki/File:R%C3%A9serve_%C3%A9cologique_de_Pointe-Platon.jpg.