Lacs de l’Outaouais

Quelques lacs sur le territoire de la région administrative de l’Outaouais

Lacs de l’Outaouais : Parmi les toponymes officiels désignant des accidents géographiques, c’est le type d’entité « lac » qui compte le plus grand nombre de représentants avec environ 60 000 unités. Comme il y a au Québec 600 000 lacs, au minimum, force est de constater que moins de 10 % des plans d’eau ont reçu des noms officiels,

Lac de L’Isle-Adam

Ce lac du canton de Provence fait partie de la ZEC de Rapides-des-Joachims, dans Pontiac (TNO Lac-Nigault). Il se déverse vers l’ouest par les rivières Poussière Nord, Poussière et Dumoine pour atteindre la rivière des Outaouais. Long de 2,6 kilomètres et large de 300 mètres, le lac L’Isle-Adam contient une île, qui lui a d’abord valu le nom de Lac Island, de la forme anglaise Island Lake, en 1932.

Compte tenu de la multiplication des toponymes Lac Island et Lac de l’Île sur le territoire québécois, on lui a attribué celui de l’Isle-Adam en 1941. Aucune information n’est disponible pour expliquer Isle-Adam. Il pourrait s’agir d’une allusion à la commune de L’Isle-Adam, en Île-de-France, ou peut-être à l’écrivain Auguste Villiers de l’Isle-Adam (1838-1889). Il était courant autrefois de s’inspirer de la toponymie française. Par ailleurs, certains usagers du territoire utilisent la forme Lac de l’Isle Adam ou identifient le lac par le nom de Lac Panache.

Lac la Blanche

Ce lac, d’une superficie de 7 km2, se situe à une vingtaine de kilomètres au nord de Thurso. Il est alimenté par les deux bras du cours supérieur de la rivière Blanche qui, après cet élargissement lacustre, poursuit sa course vers le sud jusqu’à la baie Singer, son point de confluence sur la rivière des Outaouais. En 1863, Stanislas Drapeau le mentionne sous le nom de Lac de la Rivière-Blanche et, vers 1925, d’autres sources indiquent Lac Blanche.

La forme actuelle du toponyme est d’usage plus récent. Des deux entités, la rivière a sans doute été la première nommée dès le début du XIXe siècle, lors de l’arpentage des cantons et des premiers peuplements. On peut noter que plusieurs hydronymes régionaux utilisent des noms de couleurs, Rivière Rouge et Ruisseau Noir notamment. Variante : Lac de la Ferme.

Lac du Blizzard

Au sud du réservoir Dozois et à l’ouest du réservoir Cabonga, cette petite nappe d’eau est située dans une région marécageuse de la réserve faunique La Vérendrye. Elle se déverse dans la lac Kawagakisowash, qui communique avec le lac Camatose par un long passage. L’usage de ce terme, assez limité, a dû passer dans la toponymie par influence savante. Il s’agit d’un mot américain apparu dans la langue française à la fin du XIXe siècle, désignant un vent violent et glacial accompagné de neige poudreuse. L’hydronyme Lac du Blizzard paraît sur divers documents cartographiques depuis 1973.

Lac du Bois Franc

Dans la réserve faunique La Vérendrye et la canton de Champagne, ce plan d’eau se déverse, à l’ouest, dans le lac Roland, qui alimente la rivière Serpent. L’expression bois franc appartient au français régional et désigne un bois dur, à grain serré, provenant des arbres à feuilles caduques dont les principaux spécimens sont le chêne, l’érable, l’orme, le merisier, le frêne, le hêtre et le noyer. Le bois franc s’oppose au bois mou, ou tendre, aux feuilles persistantes, comme l’épinette, le sapin et les conifères en général. Au Québec, le franc se trouve principalement dans la vallée du Saint-Laurent. La forêt qui couvre le territoire de la réserve faunique La Vérendrye se compose toutefois de feuillus et surtout de conifères.

Lac Bout à Bout

La ville de Gatineau se trouve à 25 km au sud-est de cette étendue d’eau de la municipalité de Val-des-Monts. Sis à quelques kilomètres à l’est de la rivière Gatineau et à l’ouest du village de Saint-Pierre-de-Wakefield, ce lac se déverse dans le lac Newcombe par le ruisseau Pierina. La configuration du lac explique assez bien le choix de ce toponyme descriptif : deux des rives s’avancent profondément et son centre, créant presque deux entités distinctes, l’une à l’ouest, l’autre à l’est, reliées par un étroit passage. Jusqu’en 1981, ce lac a porté officiellement le nom de Latrémouille, nom qui rappelait la mémoire de Narcisse Latrémouille, l’un des premiers concessionnaires d’un lot dans le canton de Wakefield. On remplaça par la suite cette appellation par celle de Lac Bout à Bout, toponyme consacré par l’usage.

Lac Britannique

Séparé de son voisin nord-est, le lac en Cœur, par une assez étroite bande de terre, ce plan d’eau du canton de Mulgrave situé à 15 km au nord-est de la ville de Buckingham, mêle ses eaux à celles du lac au Poisson Blanc, situé au sud-ouest. Cette proximité lui a d’ailleurs valu d’être identifié aux noms de son voisin soit : Lac Poisson Blanc, Whitefish Lake, Lac Vert et Green Lake. Avec le lac de Blanche ils alimentent la rivière Blanche, tributaire de la rivière Outaouais. L’origine de ce toponyme est liée à la nationalité d’un ministre dont le nom a servi a désigner le canton. Il s’agit vraisemblablement le lord Mulgrave qui, de 1804 à 1806, fut secrétaire aux Affaires extérieures dans le cabinet de William Pitt.

Lac Camatose

L’appellation Camatose, mot algonquin signifiant là où on entend un son, désigne une étendue d’eau d’une superficie de 12 km2, sise dans une région marécageuse de la réserve faunique La Vérendrye. À une vingtaine de kilomètres à l’ouest du réservoir Cabonga, ce lac se déverse au nord, par la rivière Camatose, dans la baie La Vérendrye, laquelle fait partie du réservoir Dozois. Ce toponyme apparaît sur la carte régionale Témiscamingue et Abitibi (1932). Le lac Camatose est également connu, en algonquin, sous le nom Owdosi Shagaigan, ce qui signifie lac des petits poissons ou lac des ménés (vairons). Variante : Lac Chub.

Lac Capimitchigama

Ce lac long, plus de 16 km, assez étroit, moins de 1 km, et d’une superficie de 11 km2, est situé à peu de distance à l’est du lac des Augustines et au sud du lac des Outaouais, son voisin nord-est, et constitue avec ce dernier la source principale de la rivière des Outaouais. Approuvé en 1936 par la Commission de géographie, cet hydronyme proviendrait de l’algonquin et signifierait lac en travers. Le lac Capimitchigama est effectivement orienté dans un axe nord-est – sud-ouest alors que la rivière, dans ce secteur, coule du sud-est vers le nord-ouest.

Auparavant, on l’aurait d’ailleurs baptisé Grand lac Travers ou Lac Travers. Une carte de 1940 le désigne plutôt comme Lac Bontemps, nom du capitaine du vaisseau amiral Saint-Joseph qui, en mai 1639, amena de Dieppe jusqu’en Nouvelle-France, les trois religieuses augustines responsables de l’ouverture de l’Hôtel-Dieu de Québec, fondé en 1637 par la duchesse d’Aiguillon. Des relevés récents auprès de la communauté algonquine ont permis de recueillir les variantes graphiques Kapemitchigama et Kapemichigama pour le désigner.

Lac Cayamant

À l’ouest du village de Gracefield, dans le canton de Dorion, ce plan d’eau alimente le ruisseau Cayamant, qui se jette dans la rivière Picanoc, affluent de la Gatineau. Cayamant est, selon le père Guinard, l’adaptation française du nom cri ou algonquin Kakgama, lac porc-épic. L’arpenteur J.-L. O’Hanley baptise, en 1860, ce lac Kandikagamaw. On le désigne également par Kantuegama, Kadikagaman, Cauyemont ou Caugemont. Ce n’est qu’au début des années 1940 que la forme actuelle et établie. La vocation du lac Cayamant est, aujourd’hui, axée sur la pratique des sports ou des loisirs de plein air et la villégiature.

Lacs de l’Outaouais : Lac Riga

Cette petite étendue d’eau, de forme irrégulière, est situé dans un milieu assez marécageux du territoire non organisé de Lac Lenôtre. On le trouvera à 90 km au nord-ouest de Mont-Laurier. Le lac se déverse vers le sud dans la rivière Wapus. Signalé sur des documents cartographiques depuis 1952. Ce toponyme évoque la capitale de la Lettonie, Riga, fondée en 1201 par l’évêque de Livonie, Albert de Buxhôvden, à l’embouchure de la Dvina. Second port de mer de la côte balte après Saint-Pétersbourg, Riga est un grand centre industriel et une ville d’importance culturelle majeure. Le Canada a reçu près de 15 000 immigrants d’origine lettone après la Deuxième Guerre mondiale. Dont environ un millier s’est établi au Québec, fait que souligne ce toponyme.

Lac Wawati

Situé dans la ZEC Petawaga, à 75 km au nord de la municipalité de Mont-Laurier. À 37 km au nord du réservoir Baskatong. Ce lac reçoit ses eaux des lacs Losee et du Glouton. Il se déverse dans le lac Mauran par le ruisseau Wawati. De là, jusqu’au lac Petawaga. Le père Joseph-Étienne Guinard qu’il traduit par aurore boréale ou il fait des éclairs. La Commission de géographie de Québec à accepté la forme Wawati en 1952. Elle l’a modifiée en Ouaouati en 1963, pour revenir à la graphie originelle en 1989. La compagnie Canadian international Paper avait désigné cette nappe d’eau Wahwati et Watwati sur deux cartes de 1946.

Lac Ulster

Compris dans la partie sud-ouest de la réserve faunique La Vérendrye. Ce minuscule point d’eau se rattache au territoire non organisé de Réservoir-Dozois, en Abitibi-Témiscamingue. Attribué en 1973, on emprunte le toponyme Ulster à la nomenclature géographique irlandaise. Désignant la région historique du nord-est de l’Irlande. l’Ulster couvre la totalité de l’Irlande du Nord. Elle se forme des comtés d’Antrim, Armagh, Down, Fermanagh, Londonderry et Tyrone.

S’y rattachent également les comtés de Cavan, Donegal et Monaghan, qui font partie de la République d’Irlande. Convertie très tôt au catholicisme. Les Anglais et les Écossais protestants ont plus tard colonisé cette ancienne province irlandaise. Cela a eu comme conséquence la partition du territoire. Les tensions sociales, politiques et religieuses y sont toujours très vives. L’immigration anglaise et écossaise a fait de cette région autrefois catholique un territoire mixte sur le plan religieux. Il en est résulté une situation complexe.

Lacs de l’Outaouais : Lac Échouani

Ce toponyme de l’Outaouais s’applique à un grand lac de la MRC de La Vallée-de-la-Gatineau. Il s’étend aussi à un dépôt forestier et à un territoire non organisé. Sis près des sources de la rivière Gatineau, à 130 km au nord de Mont-Laurier. Le lac Échouain couvre 22 km2. Il s’étale sur 17 km de long, entouré de collines. Il renferme un grand nombre d’îles et quelques baies étroites. Surtout du côté ouest, notamment les baies Vera et Margeret.

Ses eaux se déchargent au nord-est dans le lac Avis, un grand marécage. Elles rejoignent, à travers le ruisseau Mulroney et la rivière Chouart, la rivière Gatineau. C’est à environ 9 km en aval du lac. Au confluent des rivières Chouart et Gatineau, on trouve le Dépôt-Échouant. C’est un ancien camp forestier de la compagnie Canadian International Paper. On l’a abandonné depuis 1962. L’appellation est connue depuis le XIXe siècle. Plusieurs variantes ont été relevées sur des cartes et plans. Notamment Eshwaham (1873), Eskwahami (1924), Eshwahami (1926), Échouani (1933). De même que Eshawan et Askwahani de date inconnue.

On ne parvient toutefois pas à préciser l’origine et la signification de ce toponyme. Le père Guinard a écrit que le mot Echoam désigne un affluent de la Gatineau. Ce vocable serait un dérivé de echohamok. Il vient vraisemblablement de la langue algonquine. Ce mot signifie « ils se préparent à partir par eau. On connaît aussi le nom de Chouart pour désigner ce lac.

Lac Gandhi

À 5 km au sud du lac Capimitchigama et au sud-ouest du lac des Outaouais. Tous deux à la source de la rivière des Outaouais. Ce petit plan d’eau se situe à l’extrémité nord d’un ensemble de cinq nappes lacustres. Avec les lacs Cliff et Prue au nord-est, Hoodoo au centre et Delhi au sud. Il se relient entre elles par d’étroits passages.

Ensemble, ces lacs rejettent leur trop-plein au sud-est, dans le ruisseau Milekin. Ce ruisseau est un affluent de la rivière du Coucou. Attribué par la Compagnie internationale de papier en 1936 sous la forme Ghandi Lake. Sanctionné par la Commission de géographie la même année. Le nom de ce lac était celui de Mohandas Karamchand Gandhi (1869-1948), philosophe et homme politique indien. Surnommé le Mahâtma ou la Grande Âme. Ayant étudié le droit en Angleterre, il séjourne en Afrique du Sud de 1893 à 1914. Puis devient progressivement l’apôtre national et spirituel de l’Inde.

Âme du mouvement indépendantiste de ce pays au moyen de campagnes de non-violence et de non-coopération avec les autorités britanniques. Les autorités emprisonnent Gandhi à plusieurs reprises. Il entreprend donc des grèves de la faim pour faire triompher ses idées. Le Mahâtma mourra à Delhi, assassiné par un brahmane fanatique, le 20 janvier 1948. L’Inde deviendra indépendante le 15 août 1947. L’orthographe du toponyme rectifiée en 1991 par la Commission de toponymie.

Voir aussi :

Lacs de l'Outaouais
Lacs de l’Outaouais. Photographie de GrandQuebec.com.

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