Lac Pichou dans l’Abitibi-Témiscamingue
Trois lacs au Québec portent le nom de lac Pichou : deux d’entre eux sont situés assez près l’un de l’autre, à quelque 30 km au sud du lac Saint-Jean, tandis que le troisième dont il s’agit ici est situé à une centaine de kilomètres au nord-est de Chicoutimi, dans le territoire non organisé de Mont-Valin. Cette petite nappe d’eau de 500 m de longueur prend sa place parmi une foule de lacs, à près de 520 m d’altitude, et elle se trouve voisine de la limite de la pourvoirie du Lac-Dégelis. Ce toponyme récent qui apparaît sur un plan d’une compagnie forestière en 1960 plonge toutefois ses racines assez loin dans le passé.
Selon le père Charlevoix (1744) « on rencontre sur toute cette route (vallée de l’Ohio) une espèce de Chats sauvages, appelé Pijoux, et qui ressemblent beaucoup aux nôtres, mais qui sont plus grands ».
Lac Pichou
Cinq ans plus tard, Pehr Kalm, décrivant cette espèce d’animal au Canada, identifiait le pissou ou pichoux, comme étant le loup-cervier, ou lynx du Canada. Sylva Clapin, dans son « Dictionnaire canadien-français » (1894), note avec raison que pichou vient du mot cri pisew et désigne le loup-cervier ou lynx.
Plus récemment, L.-P. Vaillancourt (1992) confirme les sens précédents du terme cri qu’il orthographie «pishou ». Donc déjà durant la première moitié du XVIIIe siècle, le mot « pichou », d’allure française, résultait de la transcription phonétique du mot cri. Par la suite, le mot pichou identifiera des mocassins garnis du poil de loup-cervier, ou même un gros chausson d’étoffe. Voire des souliers de cuir sans semelle ou des pantoufles. Cela perd alors toute référence avec le sens originel. De même que lorsqu’on l’emploie comme terme d’affection. Par exemple, en parlant à un enfant ou encore lorsqu’il désigne une personne laide.