Lac Kénogami dans le Saguenay-Lac-Saint-Jean et ses barrages
Lac Kénogami : De temps immémoriaux, cette vaste étendue d’eau, longeant la bordure nord du massif des Laurentides, a constitué un jalon majeur parmi les voies d’eau conduisant les Amérindiens et plus tard les premiers Européens, de Tadoussac au lac Saint-Jean. Ce plan d’eau parait sous la forme Lac de Kinugamai dans sa « Relation de 1672 ». Par la suite, plusieurs documents et cartes du XVIIIe siècle en font mention. Pourtant, parfois sous des formes un peu différentes. Les experts de la langue montagnaise s’entendent pour affirmer que la signification de ce toponyme est « lac long ». Ou encore « eau en longueur ». Ce mot provient alors des racines « kino » (long) et « gami » (lac ou liquide).
Au fil des ans, on a utilisé plusieurs formes orthographiques. En effet, on disait autrefois Kinogami. Mais la forme Kénogami a fini par prédominer.
Ce lac mesure 28 km de longueur et sa largeur varie entre 1 et 6 km. Il dépasse parfois 100 m de profondeur. Sa configuration a été fortement modifiée en 1905 et surtout en 1923. Cela arrive à la suite d’un rehaussement du niveau des eaux, causé par la construction de barrages aux deux extrémités et du côté nord.
À l’époque, l’exploitation forestière, alors en plein essor, a amené le gouvernement à vouloir créer un réservoir pour alimenter les installations d’énergie hydraulique situées en aval, sur les rivières aux Sables et Chicoutimi. Le chemin existant sur les berges du lac a été submergé, ce qui a coupé définitivement la route traditionnelle entre le Bas-Saguenay et le lac Saint-Jean et a détourné l’intérêt vers Jonquière. Une colonie agricole, Saint-Cyriac, a vu ses champs inondés, non sans que sa population ait tenté de résister à l’envahissement : elle a été malgré tout forcée d’abandonner la partie et de se relocaliser ailleurs.
Source de l’illustration : SEPAQ.