Lac Gérin-Lajoie dans l’Abitibi-Témiscamingue
Long de 3,3 km et couvrant 1,6 km carrés, ce lac de l’Abitibi-Témiscamingue est situé à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Ville-Marie. Il fait partie d’une chaîne de cinq lacs (Basserode, Roger, Beaudry, Gérin-Lajoie et Gaboury). Ces lacs se déversent dans le lac des Quinze où passe la rivière des Outaouais. Le nom rappelle la mémoire d’Antoine-Gérin-Lajoie. (Né à Yamachiche en 1824 et décédé à Ottawa en 1882). Il fut un célèbre journaliste, avocat, écrivain et fonctionnaire.
Issu d’une famille de cultivateurs prospères, Gérin-Lajoie fit l’apologie de ce métier dans son roman à thèse intitulé Jean Rivard, le défricheur (1862). Auparavant, en 1842, il avait composé la complainte « Un Canadien errant » sur l’air de « Par derrière chez ma tante ». Journaliste à Montréal, à « La Minerve » (1845-1847). Admis au barreau en 1848, il délaisse la pratique du droit au profit d’une carrière de traducteur et de bibliothèque pour le gouvernement du Canada-Uni puis de celui du Canada. Sur le plan littéraire, Gérin-Lajoie appartient à l’École de Québec. C’est mouvement qui réunissait notamment Octave Crémazie, Joseph-Charles Taché. Tout comme l’abbé Henri-Raymond Casgrain et François-Xavier Garneau.
En 1861, les membres du mouvement avaient fondé « Les Soirées canadiennes », revue dans laquelle paraîtra la première partie de « Jean Rivard ». Le nom Lac Gérin-Lajoie figure dans le Dictionnaire des rivières et lacs de la province de Québec (1914). Il venait alors remplacer Kaiskogomau (ou encore Kaishcogomau ou Kaishcogamau) qui signifie « celui qui est le dernier lac ». On connaît aussi le lac Gérin-Lajoie sous le nom de Deepwater. Cette désignation a paru sur une carte de relevés géologiques du comté de Témiscamingue datée de 1918. Il existait encore un certain usage local de ce dernier nom 70 ans plus tard.